Léon Blum (1872-1950) lors d'une émission de radio (07.03.1937)
Léon Blum (1872-1950) lors d'une émission de radio (07.03.1937)
Léon Blum (1872-1950) lors d'une émission de radio (07.03.1937) ©Getty - Photo by Keystone/Hulton Archive/Getty Images
Léon Blum (1872-1950) lors d'une émission de radio (07.03.1937) ©Getty - Photo by Keystone/Hulton Archive/Getty Images
Léon Blum (1872-1950) lors d'une émission de radio (07.03.1937) ©Getty - Photo by Keystone/Hulton Archive/Getty Images
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Résumé

Alors que l’on célèbre le 150e anniversaire de sa naissance, Léon Blum incarne toujours une politique du mieux-être au quotidien.

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Lorsqu’on pense à Léon Blum, on voit invariablement défiler les images de camping et de vacances ensoleillées apparaître. Les congés payés, c’est lui, la réduction du temps de travail, c’est lui. En tant que président du Conseil et chef du gouvernement du Front Populaire de 1936 à 1938, il a mené des réformes qui structurent encore notre quotidien aujourd’hui et l’imaginaire d’une qualité de vie à la française toujours pas épuisé.

Léon Blum détonne dans le paysage politique français. Moins parce qu’il est juif que parce que dès 1907 il propose une libéralisation des mœurs dans un traité sur le mariage publié cette même année. Il n’y est pas question d’y attaquer l’institution mais au contraire d’en assurer sa solidité en donnant autant de liberté sentimentale et sexuelle aux femmes qu’aux hommes pour assurer la pérennité du couple.

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Enfant parisien et remuant, jeune homme féru de spectacles et de vie mondaine, Blum connait une première vie en tant que critique littéraire et théâtral. Entre les lettres et le droit, il ne choisira jamais. Entré au Conseil d’Etat, il suit avec indignation l’affaire Dreyfus et s’engage définitivement en politique à la faveur de la Première guerre mondiale. La liberté de pensée et le respect des antagonismes sont sa marque de fabrique. Orateur surprenant par sa voix fluette, il impressionne par sa capacité à convaincre sans déployer la force ou les décibels superflus. Il se retrouve en 1920 parmi les rares socialistes à ne pas choisir de suivre la voie soviétique pour "garder la vieille maison" socialiste à l’issue du Congrès de Tours.

Les attaques antisémites dont il fait régulièrement les frais redoublent lorsqu’il remporte les élections de 1936 avec le Parti socialiste. Au cours de la campagne, il est d’ailleurs victime d’une agression dans la rue de la part d’un cortège des Camelots du Roi croisé par hasard. Si les réformes du Front populaire sont accueillies avec enthousiasme par les travailleurs, son gouvernement s’éteint après deux années difficiles marquées par l’hostilité de ses opposants mais aussi par un contexte géopolitique tendu : les accords de Munich, la Guerre d’Espagne à laquelle il renonce à prendre part, ainsi que la mort de sa deuxième épouse, le laissent meurtri en 1938.

Léon Blum, chez lui, blessé suite à une agression (Paris, 13 février 1936)
Léon Blum, chez lui, blessé suite à une agression (Paris, 13 février 1936)
© Getty - Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images

Sous l’Occupation, le régime de Vichy tente d’en faire un bouc émissaire coupable du manque de combativité qui a valu à la France de perdre la guerre, un défenseur d’une société où seule la jouissance aurait droit de cité. Il se défend pourtant si bien lors de son procès à Riom en 1942 que celui-ci est ajourné et Blum est envoyé en détention sous surveillance allemande à la lisière du camp de Buchenwald. Il y reste jusqu’à la fin de la guerre lorsque libéré par les Alliés il peut regagner la France où il assurera quelques missions diplomatiques comme la négociation des Accords Blum-Byrnes tout en refusant l’offre de de Gaulle d’intégrer le gouvernement.

Pour en parler

  • Pierre Birnbaum, historien
  • Milo Lévy-Bruhl, politiste
  • Dominique Missika, historienne
  • Jean-Noël Jeanneney, auteur de la pièce de théâtre L’un de nous deux sur les derniers jours de Léon Blum et Georges Mandel à Buchenwald

Louise Weiss, chef des suffragettes, demande à Léon Blum, le droit de vote (1936)

2 min

Bibliographie sélective

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Générique

Un documentaire d'Anaïs Kien, réalisé par Marie Plaçais. Prise de son, Benjamin Thuau. Mixage, Manuel Couturier. Archives Ina, Delphine André. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Page web, Sylvia Favre.

Archives Ina

Discours en public de Léon Blum, Président du Conseil, à l'occasion du premier anniversaire du Front Populaire (RTF 06.06.1937) - Discours de Léon Blum, Président du Conseil, à la Société des Nations (30.06.1936) - Léon Blum, Président du Parti socialiste au Parlement - De quoi est né le Socialisme ? (RTF, 01.12.1929) - Léon Blum, Président du Parti socialiste au Parlement, à la manifestation du 12 février 1934 à Paris - Léon Blum, Président du Conseil, Le gouvernement de Front populaire est constitué (07.07.1936) - Léon Blum, Président du Conseil, La non-intervention en Espagne - Discours à Luna Park (06.09.1936) - Extrait de l'allocution du Maréchal Pétain après la signature de l'armistice "Je fais à la France le don de ma personne" (RTF, 17.06.1940) - Philippe Pétain, chef de l'État : Les mises en détention de Blum, Gamelin, Daladier, Mandel, Raynaud avant le procès de Riom (RTF, 16.10.1941) - Léon Blum, extrait du discours prononcé à New York (04.12.1947).

Films

Extraits de : Léon Blum ou La Fidélité, Claude Fayard (RTF, 15.06.1973). Auteur du texte parlé, Jean-Noël Jeanneney - J'accuse, Roman Polanski (2019).

Musique

Extraits de : Vas-y Léon, Montéhus (1936) - Boum !, Charles Trénet (1938) - Dernier vers, Loïc Lantoine et Marc Nammour dans Fiers et tremblants (La Canaille/L’Autre Distribution, 2021).

Discours de Léo Lagrange, lors de l’inauguration de la première auberge de jeunesse à Paris (1937)

2 min

Pour en savoir plus

À réécouter : "Un homme libre, incarnation du courage et de la fidélité" : Léon Blum, par Jean-Noël Jeanneney