Dakar, le 05.12.2003, au Festival "Africa Fête" : Mamadou Konté, organisateur du festival (à gauche sur la photo) et Djibril Diallo du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ©Maxppp - Aliou Mbaye / PANAPRESS
Dakar, le 05.12.2003, au Festival "Africa Fête" : Mamadou Konté, organisateur du festival (à gauche sur la photo) et Djibril Diallo du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ©Maxppp - Aliou Mbaye / PANAPRESS
Dakar, le 05.12.2003, au Festival "Africa Fête" : Mamadou Konté, organisateur du festival (à gauche sur la photo) et Djibril Diallo du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) ©Maxppp - Aliou Mbaye / PANAPRESS
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Résumé

Né vers 1945 ou 1947 en pays soninké, Mamadou Konté arrive en France vingt ans plus tard. Ouvrier en région parisienne, il partage son temps entre l’usine automobile et le foyer Sonacotra. Jeune, noir, illettré, immigré et musulman, personne ne parierait un sou sur le sort du Soninké.

En savoir plus

Si d'aucuns imaginaient que Mamadou Konté finirait ses jours au plus bas de l’échelle, c’était sans compter avec l’esprit libertaire de Mai 68 qui parvient à changer radicalement le destin du Sahélien. Des militants d’extrême gauche se lient d’amitié avec des jeunes ouvriers africains. Le courant passe, Mamadou Konté apprend à lire à partir des tracts politiques. 

En 1969, il organise avec une poignée de camarades les grèves de loyer dans les foyers de travailleurs immigrés. Les ouvriers gagnent la partie contre les gérants de foyers insalubres. Une première !

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Arrivé au pouvoir, le président Giscard d’Estaing lance une politique d’aide au retour pour les immigrés s’engageant à quitter l’Hexagone. Mamadou Konté et ses proches (composés d’authentiques immigrés et d’avérés militants révolutionnaires) sortent de la clandestinité pour créer une association d’aide au retour créateur des travailleurs africains. Des liens entre le monde immigré et des artistes engagés sont établis en 1976. Et le chanteur français François Béranger compose dans la foulée le célèbre tube Mamadou m’a dit, un plaidoyer caustique et fraternel toujours d’actualité. Le Festival Africa Fête prend son essor en 1978. Mamadou Konté a réussi son pari, fini l’usine. Découvreur de talents, directeur de festival, il a produit et promu une foule d’artistes africains aujourd’hui mondialement reconnus à l’instar de Youssou Ndour, Salif Keita, Angélique Kidjo. Il a reconnu très tôt le pouvoir subversif du rap et lancé Black Positif Soul, le premier groupe de rap francophone. Le corps de Mamadou Konté repose à Dakar depuis 2007 mais son âme sillonne le monde.

Manu Dibango évoque Mamadou Konté sur France Inter en 1991.

58 sec

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Il a ses mains. Mais tu vois les mains de Mamadou… Mais c’est pas des mains, c’est deux fois mes mains ! Des espèces de mains… Tu sais les squelettes de mains de Dali là. Tu as l’impression que Mamadou il les a prise comme ça. Et puis comme il a des mains qui sont fines, maigres et qui sont tellement énormes alors ça fait qu’il a des articulations comme ça toutes rondes. Et quand il te sert la main… tu te sens bien. […] Je sers la main de quelqu’un, et c’est un homme. François Bensignor 

Intervenants

Un documentaire d'Abdourahman Waberi, réalisé par Angélique Tibau. Archives INA, Delphine Desbiens. Prise de son, José Bernez. Mixage, Pierric Charles. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France.

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Bibliographie 

Ouvrage de référence :

  • Gilles de Staal, Mamadou m’a dit, éditions Syllepses (2008). Collection Des paroles en actes

Articles :

Pour aller plus loin

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Références

L'équipe

Christine Bernard
Coordination
Sylvia Favre
Collaboration
Abdourahman Waberi
Production déléguée
Angélique Tibau
Réalisation