Portrait de l'écrivain français Nathalie Sarraute, pris à Helsinki (Finlande), le 11 septembre 1984 ©Getty
Portrait de l'écrivain français Nathalie Sarraute, pris à Helsinki (Finlande), le 11 septembre 1984 ©Getty
Portrait de l'écrivain français Nathalie Sarraute, pris à Helsinki (Finlande), le 11 septembre 1984 ©Getty
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Résumé

Nathalie Sarraute à l’oreille terriblement fine, sportive et impertinente, solidement ancrée dans le réel.

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Née en 1900, près de Moscou, la petite Natacha Tcherniak jouait déjà avec les mots dans son lit à barreaux. Elle les prononçait tout haut, les regardait s’échapper comme des papillons et redoutait le moment où ils finiraient épinglés comme des insectes morts dans l’horrible boîte à significations.

Dès que viennent des mots du dehors, une paroi est dressée. Seuls les mots capables de recevoir convenablement les visiteurs restent de ce côté. Tous les autres s'en vont et sont, pour plus de sûreté, enfermés derrière la paroi. Mais la paroi est transparente et les exclus observent à travers elle. Par moment, ce qu'ils voient leur donne envie d'intervenir. Ils n'y tiennent plus. Ils appellent. Ouvrez ! Nathalie Sarraute

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Nathalie Sarraute
Nathalie Sarraute
© AFP - Marcello Mencarini/leemage

Très tôt chassée du paradis de l’enfance, Nathalie Sarraute entre progressivement dans ce qu’elle définira plus tard comme "l’ère du soupçon". D'abord déchirée entre son père et sa mère, la Russie et la France, puis dénoncée comme juive pendant la guerre, la jeune femme développe une incurable méfiance à l’égard des mots creux et des phrases assassines.  

A plus de 95 ans, l’oreille toujours aussi aiguisée, Nathalie Sarraute entendait encore la police du langage frapper à la porte et crier : Ouvrez ! Auteure de pièces comme Le mensonge ou de romans comme L’usage de la parole, l’écrivaine ne luttera jamais de front avec l’innommable. Grande championne d’aviron, elle préférait se glisser sous la dalle des mots convenus ou encore dans les failles des rôles sociaux pour faire remonter à la surface ce qu’elle appelait les "tropismes" du langage : comme la catastrophe d'un simple "C’est bien ça". 

Archive INA : 06/02/1960 sur la RTF Nathalie Sarraute parle de son enfance

4 min

Avec : Jean-Pierre Martin, auteur de Les écrivains face à la doxa , Corti, 2011 ; Christine Montalbetti, écrivain, auteur L’évaporation de l’oncle, POL, 2011 ; Claude Régy, metteur en scène des pièces de Sarraute Isma, C’est beau et Elle est Là ; Arnaud Rykner, auteur de Nathalie Sarraute, Seuil, 1991.

Et :
La voix de Nathalie Sarraute et d'Isabelle Huppert
Les sculptures sonores de Bernhard Leitner

Un documentaire de Christine Lecerf. Réalisation : Jean-Claude Loiseau. Prises de son : Catherine Déréthé et Jean-Benoit Têtu. Mixage : Manuel Couturier. Archives INA : Hervé Evanno. Recherche internet et documentation : Annelise Signoret. Collaboration : Suzanne Saint-Cast. et Juliette Dronne.

En savoir plus : Fragments de vie
59 min

Extraits de films

Conversations avec Nathalie Sarraute, Claude Régy, Ina/La Sept, 1989, ARTE 2006.
Un siècle d’écrivains, Nathalie Sarraute, Jacques Doillon, 1995, ARTE 2006.

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Références

L'équipe

Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Matthieu Garrigou-Lagrange
Production déléguée
Christine Bernard
Christine Bernard
Christine Bernard
Coordination
Christine Lecerf
Christine Lecerf
Christine Lecerf
Production déléguée
Laurence Jennepin
Collaboration
Daphné Abgrall
Collaboration