Camille Dejardin, l'école en situation d'urgence

"La dévaluation de l’enseignement public ratifie l’abandon de ceux qui n’ont que l’école pour s’élever." Camille Dejardin
"La dévaluation de l’enseignement public ratifie l’abandon de ceux qui n’ont que l’école pour s’élever." Camille Dejardin ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE
"La dévaluation de l’enseignement public ratifie l’abandon de ceux qui n’ont que l’école pour s’élever." Camille Dejardin ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE
"La dévaluation de l’enseignement public ratifie l’abandon de ceux qui n’ont que l’école pour s’élever." Camille Dejardin ©AFP - OLIVIER CHASSIGNOLE
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"L'école trahit ses usagers, ses acteurs et, surtout, ses promesses d’égalité des chances par l’instruction et l’éducation à la citoyenneté", estime Camille Dejardin, professeure de philosophie en lycée. Comment remonter le niveau et revivifier ses promesses ?

"Il est temps de mettre fin à une grande mystification qui se craquelle chaque jour, sans pourtant que les politiques à l'œuvre se décident à revoir leur copie." Camille Dejardin, professeure agrégée de philosophie et docteure en sciences politiques, enseigne depuis 8 ans au lycée. Au-delà des mauvaises performances de l'école française dans les classements internationaux, elle fait le constat des frustrations des acteurs de l'Éducation nationale et, plus largement, d'une "perte de sens du rôle de l'école dans notre démocratie". Elle signe un Tracts, Urgence pour l'école républicaine. Exigence, équité, transmission (Tracts, Gallimard) pour lancer l'alerte, mais aussi faire des propositions pour "remonter le niveau" et réenchanter l'école.

"Notre système scolaire, inefficace et pourvoyeur d’illusions, est de plus en plus frustrant pour tous ses acteurs. (...) Comment accepter que douze à quinze ans d’éducation nationale maintiennent nos jeunes dans l’ignorance et les mènent à l’échec ou au ressentiment ?" Camille Dejardin

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Répliques
51 min

Selon la professeure, il règne dans l’enseignement actuel "un mélange de mauvaise conscience, de résignation et de démagogie qui préside à la construction de résultats disproportionnés, lénifiants pour l’institution" :

"Avouer ce que tout le monde soupçonne, à savoir que l’on ment sur le niveau des élèves, n’est nullement traiter ceux-ci d’imbéciles. C’est justement parce qu’on ne les sous-estime pas, que l’on croit à leur potentiel, qu’il faut dénoncer un système condescendant qui ne fait que des perdants." Camille Dejardin

Comment remonter le niveau ? Comment revaloriser le métier d'enseignant et redonner le plaisir d'apprendre ? Dans cette tribune, la professeure de philosophie propose par exemple d'avancer tous les apprentissages d'un an, de réduire les effectifs des classes et "mettre fin aux carcans des groupes par classe d'âge", ou encore de repenser le système d'évaluation afin qu'elle soit suivie d'effets.

Journal de 8 h
14 min

Une production France Culture, en partenariat avec les éditions Gallimard.

Retrouvez tous les Tracts Gallimard  ici.

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