Rassemblement contre la corruption, organisé en 2017, au moment de l'affaire de "détournements de fonds publics" de François Fillon.
Rassemblement contre la corruption, organisé en 2017, au moment de l'affaire de "détournements de fonds publics" de François Fillon. ©Maxppp - Aurelien Morissard
Rassemblement contre la corruption, organisé en 2017, au moment de l'affaire de "détournements de fonds publics" de François Fillon. ©Maxppp - Aurelien Morissard
Rassemblement contre la corruption, organisé en 2017, au moment de l'affaire de "détournements de fonds publics" de François Fillon. ©Maxppp - Aurelien Morissard
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Comment lutter contre la corruption ? Témoin du caractère systémique des abus de pouvoir en politique, le magistrat Éric Alt propose des outils pour "rendre aux citoyens un pouvoir d'agir dont ils ont été dépossédés par la corruption".

La corruption est l'affaire de tous, prévient le magistrat Éric Alt, vice-président de l'association Anticor. Systémique, nous en subissons quotidiennement les effets, en payant plus d’impôts ou en bénéficiant de moins de services publics. Les affaires de corruption concernent autant le financement de la vie politique par de l'argent privé (l'affaire Bygmalion en 2012, par exemple) que l'influence opaque des lobbies sur la décision politique, le pantouflage de responsables du secteur public vers le secteur privé, ou encore la fraude et l'évasion fiscale (entre 80 et 100 100 milliards d’euros de perte par an, en France).

Comment lutter contre cet "ennemi juré de la démocratie" ? Co-auteur, avec l'avocate et présidente d'Anticor Élise Van Beneden, de Résister à la corruption (Tracts, Gallimard), Éric Alt rappelle que les premiers outils se trouvent dans nos droits les plus fondamentaux comme l'égalité devant la loi, l'égalité devant l'impôt, le droit de demander des comptes à un agent public et la séparation des pouvoirs. Le projet de l'association d'Anticor est justement de faire respecter ces droits, en se constituant partie civile pour faire passer les affaires de corruption devant la justice.

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"Les citoyens peuvent résister quelles que soient leurs opinions politiques. Ils peuvent prendre parti pour l'éthique. Ils le peuvent et ils le devraient, car il n’y a pas de bon gouvernement sans exemplarité et pas de société corrompue heureuse. (...) À travers les associations anticorruption, ils organisent leur résistance. Ils lancent l’alerte, saisissent le parquet, se constituent partie civile, demandent des comptes." Éric Alt

La Grande Table idées
34 min

Dans ce Tracts, le magistrat présente également des propositions pour lutter contre ce phénomène, comme la publication des comptes de campagne, ou la création d'une plateforme en ligne de communication entre lobbyistes et décideurs politiques "afin que tous puissent connaître les arguments qui leur sont soumis". Une liste d'idées qui devrait, selon lui, inspirer les nouveaux députés :

"Nous voulons rendre aux citoyens un pouvoir d'agir dont ils ont été dépossédés par la corruption. Nous savons que c'est un combat difficile et incertain, mais avec nous, ils peuvent organiser leur résistance, lancer l'alerte, saisir la justice, demander des comptes au pouvoir. Ils contribuent à ouvrir un nouveau champ des possibles. Et nous espérons aussi que certains députés qui viennent d'être élus liront le tract et qu'ils y puiseront des idées qui devraient faire consensus pour mettre un peu d'éthique dans la vie politique." Éric Alt

L'Invité idées de la Matinale
25 min

Une production France Culture, en partenariat avec les éditions Gallimard.

Retrouvez tous les Tracts Gallimard ici.

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