François Sureau
François Sureau - Francesca Mantovani. ©Editions Gallimard
François Sureau - Francesca Mantovani. ©Editions Gallimard
François Sureau - Francesca Mantovani. ©Editions Gallimard
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Depuis 20 ans, François Sureau se fait le témoin d'un certain désamour pour la valeur liberté et pour l'Etat de droit censé la garantir. Face aux restrictions des libertés publiques, l'écrivain et avocat rappelle que "les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages".

"Chaque année depuis un peu plus vingt ans, les plaques tectoniques de notre société politique se déplacent dans une mesure telle que j’ai fini, comme bien d’autres, par me demander si l’amour de la liberté, ou celui de l’État de droit qui vise à le garantir, n’était pas un simple vernis, une référence morte, un propos de fin de banquet", écrit François Sureau dans Sans la liberté (Tracts, Gallimard). 

L'écrivain, membre de l'Académie française et avocat, se fait l'observateur de la disparition du goût de la liberté avec lequel il a grandi. Sous prétexte de renforcer la sécurité, dans des circonstances dites exceptionnelles, sont introduites des mesures liberticides. Ce sont, par exemple, le filtrage des manifestants que prévoyait la loi dite anti-casseurs (proposition par la suite annulée par le Conseil constitutionnel) ou la loi contre les contenus haineux sur Internet - dite "loi Avia" - également remise en cause par les sages. 

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Tout se passe comme si (...) des gouvernements incapables de doter, de commander, d’organiser leurs polices ne trouvaient d’autre issue que celle consistant à restreindre drastiquement les libertés pour conserver les faveurs du public et s’assurer de leur vote, dans une surprenante course à l’échalote qui nous éloigne chaque année un peu plus des mœurs d’une véritable démocratie. François Sureau

Alors que la liberté comme valeur première semble disparaître lors des arbitrages entre liberté et sécurité, et face au culte des droits individuels, François Sureau rappelle que la liberté, ce n'est pas le droit pour chacun de faire ce qu'il veut, mais le désir de voir respecter la liberté d'autrui : "Sans la liberté, il n’y a pas de société politique, seulement le néant de ces individus isolés auquel l’État, porté à l’autoritarisme et à l’ordre moral, a cessé d’appartenir."

Ce livre, "Sans la liberté", je l’ai écrit pour comprendre comment, en 20 ans, on en était arrivé là. Et pourquoi l’expérience de ma vie d’homme aura été celle du déclin de notre amour des libertés. François Sureau

La Grande table idées
33 min

Une production France Culture, en partenariat avec les éditions Gallimard. 

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