Najat Vallaud-Belkacem, lors de la 9e conférence européenne sur l'égalite entre les femmes et les hommes dans l'enseignement supérieur.
 Najat Vallaud-Belkacem, lors de la 9e conférence européenne sur l'égalite entre les femmes et les hommes dans l'enseignement supérieur. ©Maxppp - Vincent Isore
Najat Vallaud-Belkacem, lors de la 9e conférence européenne sur l'égalite entre les femmes et les hommes dans l'enseignement supérieur. ©Maxppp - Vincent Isore
Najat Vallaud-Belkacem, lors de la 9e conférence européenne sur l'égalite entre les femmes et les hommes dans l'enseignement supérieur. ©Maxppp - Vincent Isore
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Quelles leçons féministes peut-on tirer de la crise sanitaire et environnementale ? Victimes de ces bouleversements, les femmes sont aussi les oubliées des décisions politiques quant à leur gestion, constate Najat Vallaud-Belkacem. Dans cette tribune, elle appelle à lier le combat féministe pour l'égalité à l'instauration d'une "démocratie du care", pour "une société qui reconnaisse enfin une valeur économique, politique et sociale au travail du soin".

C'était tout juste après le premier confinement. On acclamait les "premiers de corvées", celles et ceux qui prennent soin des autres, et l'on dissertait sur le "monde d'après" dans lequel celles et ceux dont nos vies dépendent au premier chef seraient reconnus à leur juste valeur, sur le plan social et économique. Seulement voilà, constate Najat Vallaud-Belkacem, directrice générale de l’ONG de solidarité internationale ONE, cette prise de conscience de "l'échelle des valeurs inversée" lors de la crise sanitaire, n'a pas été suivie d'effets politiques. 

Dans La Société des vulnérables. Leçons féministes d'une crise (Tracts Gallimard, 2020) qu'a elle signé avec la philosophe Sandra Laugier, l'ancienne ministre des Droits des femmes puis de l’Éducation revient sur ce paradoxe : alors qu'elles étaient soudainement visibles dans les reportages sur le travail des hôpitaux, écoles et magasins de proximité, "les femmes sont restées, tout au long de cette crise, les grandes absentes de la réflexion et de l’action politique, comme si la crise, qui révélait leur rôle, les maintenait au bord de la discussion, de la politique, toujours invisibles." Selon les deux autrices, cette contradiction s'exprime également dans la crise environnementale. "Là encore, les femmes sont les plus vulnérabilisées, et pourtant les moins présentes dans les réponses."

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Dans cette tribune, Najat-Vallaud Belkacem dénonce cette mauvaise équation selon laquelle les femmes sont à la fois "les premières victimes" des crises, les "premières actrices du changement", et les "absentes des cercles du pouvoir". Pour cela, elle appelle à la valorisation d'une "démocratie du care" :

"Les leçons qu'on n'a pas su tirer à l'aune des précédentes crises environnementales, peut-être qu'on pourrait cette fois-ci les tirer à l'aune de la crise du Covid-19, souligne-t-elle, pour ne pas reproduire les mêmes échecs, les mêmes erreurs qui consistent à oublier des voix, des pans entiers de la société à l'échelle mondiale."

Une production France Culture, en partenariat avec les éditions Gallimard. 

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