France Culture
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Les Têtes chercheuses

Série "Les derniers juifs arabes" avec Benjamin Stora, historien, Président du conseil d'orientation du Musée de l'histoire de l'immigration et auteur du livre Les clés retrouvées ** chez Stock**

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**Episode 1 : Chronique d'une fin annoncée **

Benjamin Stora
Benjamin Stora
© Radio France

En Afrique du Nord, avant d'être "arabes", les juifs étaient berbères (...) Si on emploie le terme possible de "juifs arabes" c'est parce qu'ils ont adopté la langue arabe, mais aussi la culture, la philosophie, la poésie (...) C'est un processus culturel d'arabisation.

Les clés retrouvées
Les clés retrouvées
© Radio France

Lorsque la mère de Benjamin Stora est décédée en 2000, il a découvert, au fond du tiroir de sa table de nuit, les clés de leur appartement de Constantine, quitté en 1962. Ces clés retrouvées ouvrent aussi les portes de la mémoire.

La guerre est un bruit de fond qui s'amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s'enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l'idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels. Il raconte la douceur du hammam au milieu des femmes, les départs à la plage en été, le cinéma du quartier où passaient les westerns américains, la saveur des plats et le bonheur des fêtes.

Ces scènes, ces images révèlent les relations entre les différentes communautés, à la fois proches et séparées. Entre l'arabe quotidien de la mère et le français du père, la blonde institutrice de l'école publique et les rabbins de l'école talmudique, la clameur des rues juives et l'attirante modernité du quartier européen, une histoire se lit dans l'épaisseur du vécu.

Benjamin Stora a écrit là son livre le plus intime. À travers le regard d'un enfant devenu historien, il restitue avec émotion un monde perdu, celui des juifs d'Algérie, fous de la République et épris d'Orient.

L'invitée culturelle

**Paula Jacques, écrivain, productrice à France Inter et auteur du roman Au moins il ne pleut pas ** paru chez Stock

Paula Jacques
Paula Jacques
© Radio France

Orphelins juifs originaires d'Egypte, Solly et Lola Sasson errent dans les rues d'Haïfa, dans l'Israël de la fin des années 1950. Ils finissent par trouver refuge chez deux femmes mystérieuses, Ruthie et Magda, qui se prétendent rescapées des camps de la mort.

Au moins il ne pleut pas
Au moins il ne pleut pas
© Radio France

Références musicales:

Extrait 1: "Paris, Paris" Lili Labassi

Extrait 2: "Mon amie la rose" Natacha Atlas

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Henri Le Blanc
Collaboration
Thomas Dutter
Réalisation