Les Shadoks - Jacques Rouxel - aaa production
Les Shadoks - Jacques Rouxel - aaa production
Les Shadoks - Jacques Rouxel - aaa production
Publicité
Résumé

Cas unique dans l'histoire de la création télévisuelle française, la série d'animation "Les Shadoks" créée par Jacques Rouxel s'est nourrie de diverses influences culturelles de l'époque. Sébastien Denis en dresse l'inventaire à partir des sources littéraires. En deuxième partie : Norbert Duffort.

avec :

Norbert Duffort (vice-président du MIAM, commissaire d'exposition), Sébastien Denis (Historien du cinéma d'animation, dirige l'Unité de formation et de recherche des Arts à l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens).

En savoir plus

Les Shadoks, analyse d'un phénomène télévisuel unique

Épisode 1 : Les sources littéraires

Comment dire "Bonjour, bon réveil" en langue Shadoks ? "Ga, Bou, Zou, Miam" ? Cette série télé animée a marqué la France post 68, et à laquelle les Musée des Arts Modestes de Sète consacrait une exposition en 2016.

Publicité

Pour en parler, Sébastien Denis, professeur en études cinématographiques à l’Université de Picardie Jules Verne, agrégé d’arts plastiques et docteur en histoire du cinéma, il est notamment spécialiste de la propagande pendant la guerre d’Algérie ainsi que du cinéma d’animation. Il est l'auteur de Les Shadoks : histoire, esthétique et pataphysique (INA, 2016).

Dès le premier épisode de la série, il s'agit de souligner l’importance de l'animation et de l'animographe. Mais qu'est-ce que l'animographe ? Il s'agit d'une machine inventée par un dessinateur et inventeur, Jean Dejoux, célèbre pour ses dessins de presse. Il a notamment réfléchi à la manière de créer de l'animation avec peu de moyens et avec pour objectif de reproduire les créations faîtes aux États-Unis... Pensée à la fin des années 50, cette machine a servi à produire la première saison des Shadoks, diffusée en 1968.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

L'invité culturel du jour

Norbert Duffort est vice-président du MIAM, ancien Conseiller au Ministère de la culture et Attaché culturel au Ministère des affaires étrangères ; a assuré plusieurs commissariats d’expositions au MIAM dont Coquillages et crustacés (2008, coproduction avec le Musée des beaux-arts de Brest) et Véhicules (2015, coproduction avec la Collection de l’Art Brut, Lausanne). Il est commissaire général de l'exposition SHADOKS ! Ga Bu Zo MIAM au MIAM à Sète du 18 juin au 6 novembre 2016, en association avec le commissaire Thierry Dejean.

L'exposition

Le 29 avril 1968 à 20h30 précises, les SHADOKS atterrissent sur "les étranges lucarnes".    
Atterrissage réussi : en quelques jours, ces petits personnages, mi-hommes mi-oiseaux, occupent le devant de la scène, suscitant un débat sans précédent entre "pour" et "contre".

Créateur des SHADOKS, Jacques Rouxel (1931 – 2004) est resté un auteur modeste et discret. D’une adolescence passée à New-York, il rapporte les leçons des comics américains ; tout en se revendiquant d’Alphonse Allais et d’Alfred Jarry, Rouxel affiche à la fois un goût pour l’absurde et une fascination pour les machines. Son entrée au Service de la recherche de l’ORTF dirigé alors par Pierre Schaeffer père de la musique concrète et de la musique électroacoustique, va faire le reste. On connait la suite : série après série - on dirait aujourd’hui saison après saison - les SHADOKS s’imposent comme une des oeuvres les plus originales du paysage audiovisuel français.

Près d’un demi-siècle plus tard, que reste-t-il de cette oeuvre inclassable ? En réponse à cette question, le Musée International des arts modestes (MIAM) présente l’exposition "SHADOKS ! Ga Bu Zo Miam", manifestation d’envergure qui propose à la fois un retour sur la genèse de cette extraordinaire aventure artistique, audiovisuelle et culturelle, et une investigation de son héritage au travers d’œuvres d’aujourd’hui.

Pour la première fois, les documents originaux (dessins préparatoires, plans, storyboards, celluloïds…) créés par Jacques Rouxel comme autant d’étapes du process de création des SHADOKS, les documents promotionnels (affiches, brochures, presse…), et les produits dérivés (BD, Comic strips, figurines…) sont présentés en confrontation avec des oeuvres d’artistes contemporains cultivant les mêmes questionnements existentiels : "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué", "rien ne se perd, tout est dans tout", "ne pas savoir où l’on va".

Sous la houlette du Professeur Shadoko et du Marin Shadok, il est question d’apprentissages : "oublier pour apprendre" à parler, à pondre des œufs et à fabriquer des engins poético-militaires… Une séquence sur les "étranges lucarnes en mai 68" ouvre l’exposition, qui se déploie suivant un scénario Shadok : de drôles de machines pour faire la guerre et/ou partir à la conquête de l’espace, des formes informes qui se déforment, un esprit d’escalier en guise de langage. Sans oublier les passoires et les œufs, objets Shadoks élevés au rang de "sciences". En bref, il s’agît de "raconter des choses qui ne veulent rien dire".

Une section rend hommage à Jacques Rouxel avec la présentation de ses films de commandes, en particulier dans le domaine de la publicité et des campagnes d’information. Enfin, un "salon de musique Shadok" invite le visiteur à découvrir les compositions originales créées pour la série par le musicien contemporain Robert Cohen-Solal.

Références

L'équipe

Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Tewfik Hakem
Production
Thomas Dutter
Réalisation
Pascaline Bonnet
Collaboration
Anaïs Ysebaert
Collaboration