Un clavier d'ordinateur en cyrillique, datant de 1985
Un clavier d'ordinateur en cyrillique, datant de 1985
Un clavier d'ordinateur en cyrillique, datant de 1985 ©Getty - SSPL
Un clavier d'ordinateur en cyrillique, datant de 1985 ©Getty - SSPL
Un clavier d'ordinateur en cyrillique, datant de 1985 ©Getty - SSPL
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Résumé

En racontant l’histoire d’Anatole Klyosov et d’Andreï Soldatov, deux chercheurs soviétiques ayant eu un accès privilégié à Internet, il est possible de comprendre pourquoi la Russie d’aujourd’hui a eu tant de peine à reprendre le contrôle sur le réseau.

avec :

Kevin Limonier (Maître de conférences à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris 8), directeur adjoint du centre de recherches GEODE et spécialiste du cyberespace russophone).

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À l’Ouest, la cybernétique est en vogue, avec une quête de liberté éperdue, l’époque est à la libération de l’information.  À l’inverse, en URSS, on a la hantise de l’individu et de la circulation de l’information. La vérité du Parti était UNE, et la centralisation de l’information, PARTOUT. Inutile, dès lors, de permettre à chacun de faire circuler ses messages. Les photocopieurs, par exemple, sont suspects ; il faut une accréditation spéciale pour y accéder. Dans ce contexte, l'apparition de l'informatique dans le cadre du Parti Communiste pose bien des dilemmes.

Internet est arrivé un peu par hasard au pays des Soviets. Dans les années 1980, les chercheurs des grandes universités échangent de plus en plus à distance. Le courrier électronique s’est démocratisé dans le sillage d’ARPANET, la France vient de passer au Minitel. Et commencent à se développer les téléconférences, autrement dit, des sortes de colloques internationaux, mais à distance.

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En 1982, l’Union Soviétique est loin de l’agitation suscitée par les premières téléconférences. C’est la fin de l’ère Brejnev, l’armée s’enlise en Afghanistan, et la Nomenklatura pourchasse les dissidents. Pourtant, un beau jour de printemps, l'Académie des Sciences reçoit une invitation et décide d’envoyer un camarade chercheur sur le Net : Anatoly Klyosov.

La Russie, un exemple unique au monde en cybernétique

Quelques années après cette expérience pionnière, c’est un tout autre personnage qui va précipiter la naissance, à proprement parler, de l’Internet soviétique : Andreï Soldatov. Il travaille à l'époque au Centre de recherche sur le nucléaire, et demande une ligne téléphonique internationale automatique. Il va alors créer le premier Fournisseur d’accès à Internet (FAI) soviétique, de manière tout à fait illégale et vend un accès à l'Internet mondial via sa machine qu'il a ironiquement nommée la "fenêtre sur l'Europe" (nom donnée à Saint-Pétersbourg par Pierre Le Grand).

Cette anarchie des débuts du RuNet, le segment russophone de l’Internet, n’a pas été sans conséquence sur la suite de l’histoire des réseaux en Russie et a même un impact aujourd’hui encore, sur les services en ligne utilisés par les internautes russes.

Avec Kevin Limonier, Directeur adjoint de GEODE, maître de conférences, spécialiste du cyberespace russophone.

Une série en 8 épisodes produite par Julien Le Bot, réalisée par Clotilde Pivin. Mixage : Claude Niort.

À lire aussi : Meta, Google, la Russie : chacun se bat pour sa liberté d’expression

Références

L'équipe

Julien Le Bot
Production
Pascaline Bonnet
Collaboration
Clotilde Pivin
Réalisation
Camille Renard
Coordination
Caroline Broué
Caroline Broué
Caroline Broué
Coordination