L'enseignant John Thomas Scopes (1900-1970, 2ème à partir de la gauche) dans la salle d'audience pendant son procès pour avoir enseigné la théorie de l'évolution de Darwin (Dayton, Tennessee, 1925)
L'enseignant John Thomas Scopes (1900-1970, 2ème à partir de la gauche) dans la salle d'audience pendant son procès pour avoir enseigné la théorie de l'évolution de Darwin (Dayton, Tennessee, 1925)
L'enseignant John Thomas Scopes (1900-1970, 2ème à partir de la gauche) dans la salle d'audience pendant son procès pour avoir enseigné la théorie de l'évolution de Darwin (Dayton, Tennessee, 1925) ©Getty - Photo de Hulton Archive/Getty Images
L'enseignant John Thomas Scopes (1900-1970, 2ème à partir de la gauche) dans la salle d'audience pendant son procès pour avoir enseigné la théorie de l'évolution de Darwin (Dayton, Tennessee, 1925) ©Getty - Photo de Hulton Archive/Getty Images
L'enseignant John Thomas Scopes (1900-1970, 2ème à partir de la gauche) dans la salle d'audience pendant son procès pour avoir enseigné la théorie de l'évolution de Darwin (Dayton, Tennessee, 1925) ©Getty - Photo de Hulton Archive/Getty Images
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Résumé

Un beau jour de 1925, un jeune professeur de sciences naturelles, John Thomas Scopes, décide d’enseigner à ses élèves une leçon portant sur la théorie de l’évolution de Charles Darwin, malgré une loi de l’Etat du Tennessee qui l’interdit.

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Dans cette petite ville du Tennessee, Dayton, cela fait scandale. Le Tennessee a adopté une loi interdisant "à tout enseignant d’institution publique, d'enseigner une théorie qui nie l'histoire de la création divine de l'homme et qui prétend que l'homme descend d'un ordre inférieur d'animaux".

Aussitôt, le professeur est cité à comparaître. Tous les journaux et radios du pays s’emparent de l’affaire et deux ténors du barreau s’affrontent : William Bryan, côté fondamentaliste, Clarence Darrow, côté libre-penseur… Un choc de titans.

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Épisode 1 : Darwin s'invite à l'école

Il fait très chaud, le 10 juillet 1925 quand s’ouvre le procès – devenu entretemps pour la presse le "Procès du Singe" – tenu d’une main de fer par le juge Raulston. Les orateurs se succèdent et quelques grands moments restent encore dans les mémoires, notamment les joutes orales afin de décider si, oui ou non, il s’agit d’entendre les scientifiques expliquer la théorie de Darwin. La science devrait-elle dicter l’opinion de la justice ?

Archive INA : Dans "Là-bas, si j'y suis" de Daniel Mermet (France Inter, 26.10.2004), les "mégachurch" ou "supermarchés de la foi" aux États-Unis. En Virginie Occidentale, près de Washington, le prêche de Lon Salomon.

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Finalement, le juge les récusa au prétexte que le bon sens devait prévaloir sur l’expertise pour juger. Le procès dure huit jours et condamne finalement le jeune professeur. À l’unanimité du jury qui se décide en huit minutes : Coupable.

Le nouveau jury sélectionné pour le procès Scopes. Photo originale du 07.12.1925 à Dayton, Tennessee
Le nouveau jury sélectionné pour le procès Scopes. Photo originale du 07.12.1925 à Dayton, Tennessee
© Getty - Bettmann

Légende : R. B. Smith, J. H. Bowoman, J. H. Thompson, W. C. Day, A. L. Centry, R. F. West, juge Raulston (première rangée). J. G. Wright, J. L. Goodrich, J. W. Kiley, J. W. Dogley et W. F. Robinson (à l'arrière).

Dans les années 20, après la guerre, il y avait un sentiment parmi beaucoup de gens, et notamment des jeunes gens, que maintenant "anything goes", que "tout est permis". C’était le moment où il fallait se libérer. Et donc, il y avait des styles de vies où les femmes, par exemple, portaient des jupes courtes, les cheveux courts, fumaient, il y avait une liberté sexuelle, les gens dansaient, etc. Et donc, pour ces fondamentalistes, des gens qui défendaient non seulement des valeurs chrétiennes mais aussi des valeurs traditionnelles américaines, pour eux, c’était comme si, je crois que l’expression en français c’est "tout foutait le camp". Gordon Golding, historien

Clarence Darrow (à droite), avocat représentant John T. Scopes (au centre), l'accusé de ce qu'on appelle le "procès du singe" avec Dudley Field Malone (1925, Dayton, Tennessee)
Clarence Darrow (à droite), avocat représentant John T. Scopes (au centre), l'accusé de ce qu'on appelle le "procès du singe" avec Dudley Field Malone (1925, Dayton, Tennessee)
© Getty - Bettmann

Le juge Raulston lui inflige une amende de 100 dollars. Victoire des fondamentalistes ? L’histoire est plus compliquée… Certes, le procès est gagné mais c’est une déroute intellectuelle car la lecture littérale défendue par Bryan ridiculise la posture des fondamentalistes, en direct, sur toutes les radios et dans tous les journaux. Une déroute, oui… mais d’où naîtra une stratégie gagnante pour les forces religieuses conservatrices avec l’élaboration du créationnisme, une pseudo-science capable d’enrober Darwin. 

Intervenants

Textes lus par Nathalie Kanoui. Extraits de Scopes monkey trial, Henry Louis Mencken - Minutes du procès de John Scopes - Procès du singe (Inherit the Wind, 1961), long métrage de fiction de Stanley Kramer avec Spencer Tracy, Fredric March, Dick York.
 

Image extraite du film "Procès du singe" ("Inherit the Wind",1961), long métrage de Stanley Kramer avec Spencer Tracy (à gauche)
Image extraite du film "Procès du singe" ("Inherit the Wind",1961), long métrage de Stanley Kramer avec Spencer Tracy (à gauche)
- Domaine public - Wikipédia

Cette ménagerie a pour fonction d’émerveiller mais pour instruire. Les singes sont donnés à voir, bien sûr, il y a des panneaux qui indiquent des faits scientifiques concernant ces singes… Alors, si on parle des singes, notre curiosité a été modifiée par la théorie de l’évolution parce que les représentations culturelles du singe changent, après l’évolution, par rapport à ce qu’elles étaient dans la première moitié du XVIIIe siècle. Après Darwin, le singe n’amuse plus dans la culture. Il n’amuse plus, pourquoi ? Parce qu’il devient dangereux. On va passer du singe amusant, facétieux, rigoleur à un singe plus grave. Guillaume Lecointre, chercheur en systémique 

Un documentaire de Franck Cuveillier, réalisé par Véronique Samouiloff. Prise de son, Benjamin Perru. Archives INA, Sandra Escamez. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France.

Archive INA : Dans "Et pourtant elle tourne" de Bruno Duvic (France Inter, 05.12.2008), "quand le créationnisme rentre à l'école", un reportage dans un collège privé, de Los Angeles en Californie, où le créationnisme est enseigné.

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Bibliographie 

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Pour aller plus loin

À réécouter : Des musées contre Darwin

Demain, l'épisode 2 : Le choc des titans