Aleksander Kulisiewicz (1918-1982) - Collection personnelle Makana Eyre
Aleksander Kulisiewicz (1918-1982) - Collection personnelle Makana Eyre
Aleksander Kulisiewicz (1918-1982) - Collection personnelle Makana Eyre
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Résumé

Enfant, Aleksander Kulisiewicz pratique l’école buissonnière pour vivre ses passions, le cirque et la musique. Mais à huit ans, alors qu’il s’amuse à empoigner des fils haute tension, il est victime d’une terrible électrocution qui va changer sa vie.

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Aleksander Kulisiewicz naît à Cracovie en 1918, l’année même où la Pologne retrouve son autonomie après 123 ans de dépeçage par ses puissants voisins. Enfant, Aleksander pratique l’école buissonnière pour s’adonner à ses passions, le cirque et la musique. Mais à huit ans, alors qu’il s’amuse à empoigner des fils haute tension, il est victime d’une terrible électrocution qui le laisse pour mort. Lorsqu’il rouvre les yeux, son corps est enterré jusqu’au cou dans le sol du champ voisin. C’est la solution d’urgence imaginée par les témoins de la scène pour le vider de l’électricité qui a traversé son corps. Il ne parvient plus à parler et bute sur chaque mot. Mais grâce à un guérisseur, il apprend alors à prévisualiser les mots dans sa tête avant de les prononcer. Cette technique, associée à sa prodigieuse mémoire, l’aide à dompter son bégaiement.

Peu à peu, il redevient ce bonimenteur hors pair prêt à enchanter son monde. Mieux, il se découvre un nouveau pouvoir. En prévisualisant ainsi chaque information, il enregistre tout : liste de courses, chronologie de l’histoire polonaise, leçons de latin, chansons yiddish… Sa mémoire gère une bibliothèque mentale à tiroirs, où s’accumulent des pages et des pages de souvenirs indélébiles. Jeune adulte, dans la Pologne occupée par l’Allemagne, il gagne sa vie comme journaliste. À 21 ans, en réaction à l’un de ses articles satiriques sur Hitler, il est arrêté en octobre 39 et envoyé par la Gestapo au camp de concentration de Sachsenhausen, près de Berlin, le cœur du réacteur du Reich.

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Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), sur scène, en Europe de l’Ouest (années 1970)
Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), sur scène, en Europe de l’Ouest (années 1970)
- Collection personnelle Makana Eyre

Pour en parler

  • Peter Wortsman, écrivain, poète et dramaturge
  • Makana Eyre, journaliste et écrivain
  • Claire Fercak, romancière
  • Christian Ingrao, historien
  • Barbara Milewski, historienne et musicologue au Swarthmore College (États-Unis, Pennsylvanie)
  • Élise Petit, musicologue

Remerciements à : Bret Werb, Mémorial de l’Holocauste de Washington - Thomas Saintourens, Journal Le Monde - Jacques Wortsman - Joanna Szybist - Maya Szybist.

Voix françaises, Michel Zlotowski, Lio Guidoni

Bibliographie

  • Makana Eyre, Sing, Memory (W.W. Norton & Compagny -USA- Publication aux États-Unis début 2023 et traduction française attendue la même année)

Au micro de Pierre-Yves Leprince, Germaine Tillion évoque la liberté et la force de la poésie en captivité. Extrait de "Résister c'est dire" (France Culture, 01.02.1975)

2 min

Archives : Aleksander Kulisiewicz à la Sorbonne, Mémorial de l’Holocauste de Washington (12.02.1974)

Générique

Un documentaire de Marc Guidoni, réalisé par Laurent Paulré. Prises de son, Michel Gacic, Sébastien Royer, Philippe Merscher et Olivier Duprès. Mixage, Eric Boisset. Archives Ina, Marie-Sophie Guillet de la Brosse. Avec la collaboration d’Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Page web, Sylvia Favre.

Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), chez lui, à Cracovie (Pologne, années 1970)
Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), chez lui, à Cracovie (Pologne, années 1970)
- Collection personnelle Makana Eyre

Musique

  • Extraits de :
  • Ukrzyzowali synka czlowieka (Ils ont crucifié l’enfant de l’homme). Texte et musique d’Aleksander Kulisiewicz
  • Le Chant des marais, interprété au piano par Élise Petit. Adaptation d'un chant allemand composé en 1933 par des prisonniers communistes du camp de concentration, pour détenus politiques, de Börgermoor
  • Nie płacz O mnie. Texte et musique d’Aleksander Kulisiewicz (Folkways Records, n° FSS 37700, 1979)
  • Muselmann, le ramasseur de mégots. Texte polonais d’Aleksander Kulisiewicz, musique adaptée des chansons Szanghai et Zulejka (Mieczysław Oppenheim)
  • Hymn, adaptation du Chant des marais interprétée par Aleksander Kulisiewicz (Folkways Records, n° FSS 37700, 1979)
  • Jiddischer Todessang (Jewish Death song, Chant de la mort juive). Paroles de Rosebery d’Arguto, musique adaptée de la chanson yiddish Zehn Brüder (dix frères). Version solo interprétée par Aleksander Kulisiewicz (Folkways Records, n° FSS 37700, 1979) ; version chorale interprétée par la Chorale Zamir (Boston), dirigée par Joshua Jacobson
  • Dzis do Ciebie przyjsc nie moge, interprétée par Aleksander Kulisiewicz (Folkways Records, n° FSS 37700, 1979)
  • Czarni Böhm. Texte polonais d’Aleksander Kulisiewicz, musique adaptée de I szumyt, i hudyt (mélodie populaire ukrainienne)
Pochette de l'album d'Aleksander Kulisiewicz, "Piesni Obozowe" (Polskie Nagrania, 1979)
Pochette de l'album d'Aleksander Kulisiewicz, "Piesni Obozowe" (Polskie Nagrania, 1979)
- Collection personnelle Makana Eyre

Musique additionnelle :
Francis Lai, Le cirque, bande originale du film Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch (Playtime records) - Bruce Springsteen, Hitch Hikin, de l’album Western Stars (Columbia records) - Mick Jagger et Keith Richards, You can’t always get what you want de l’album Let it bleed (ABKCO Music).

Témoignage d'une déportée italienne sur la pause salvatrice que représentent les chansons en captivité. Extrait de "Interception", "Des partitions pour mémoire" (France Inter, 20.01.2008)

1 min

Pour aller plus loin

Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), sur scène, en Europe de l’Ouest (années 1970)
Aleksander Kulisiewicz (1918-1982), sur scène, en Europe de l’Ouest (années 1970)
- Collection personnelle Makana Eyre
Références

L'équipe

Marc Guidoni
Production déléguée
Laurent Paulré
Réalisation
Christine Bernard
Coordination
Sylvia Favre
Collaboration