L'acteur français Albert Dieudonné (26.11.1889 - 19.03.1976) dans le film "Napoléon", réalisé par Abel Gance (1927) ©Getty -  Ullstein bild Dtl
L'acteur français Albert Dieudonné (26.11.1889 - 19.03.1976) dans le film "Napoléon", réalisé par Abel Gance (1927) ©Getty - Ullstein bild Dtl
L'acteur français Albert Dieudonné (26.11.1889 - 19.03.1976) dans le film "Napoléon", réalisé par Abel Gance (1927) ©Getty - Ullstein bild Dtl
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Résumé

Albert Dieudonné est "Napoléon" pour le film d'Abel Gance : Longs cheveux bruns, regard d'aigle, perçant, Dieudonné aura peaufiné à l'extrême la ressemblance pour enfiler la redingote et le bicorne, jusqu'à s'y brûler les ailes et peut-être l'âme... Mais aujourd'hui qui se rappelle de son nom ?

avec :

Philippe Caubère (Acteur), Sandrine Bonnaire (Actrice et réalisatrice), Jean-Guy Talamoni (président indépendantiste de l'Assemblée de Corse), Hervé Dumont (Directeur de la Cinémathèque suisse de 1996 à 2008), Christine Leteux (Historienne du cinéma), Jean-Pierre Mattéi (Fondateur et ancien directeur de la Cinémathèque de Corse), Jean-Marc Olivesi (Directeur du Musée national de la Maison Bonaparte à Ajaccio), Thierry Frémont (Comédien), Jean-Pierre Salvarelli (Psychiatre).

En savoir plus

Quand à la sortie d’une salle art et essai, on interroge quelques spectateurs pour savoir si le nom d’Albert Dieudonné leur évoque quelque chose, seuls quelques cinéphiles réagissent. Mais quand on leur montre des photogrammes du film de Gance, c’est un mélange de fascination et de sidération :

"C’est le vrai Napoléon que vous me montrez là non ?..."

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Mais alors, pourquoi donc Albert a-t-il disparu des radars après ce film ? 
Que s’est-il passé pendant ce tournage ?

Nous nous plongeons au cœur de la mystérieuse alchimie de l’incarnation d’un acteur dans son personnage. Comment cette mécanique mentale et ce flirt avec la schizophrénie s’installent-t-ils, le temps d’un film ?

Et pourquoi Albert, lui, n’a-t-il jamais réussi à passer à autre chose, à se réinventer ensuite dans un autre rôle?

"Je peux comprendre qu’en ayant joué Napoléon il est eu envie d’y rester. Parce que c’est un homme de pouvoir, c’est pas du tout pareil de jouer Molière... Quand on joue Napoléon, là on joue un homme de pouvoir, de guerre, c’est un vertige. C’est sans issue." Philippe Caubert, metteur en scène et comédien

Le réalisateur Abel Gance (25.10.1889 - 10.11.1981) et son équipe lors du tournage de son film "Napoléon" (1927)
Le réalisateur Abel Gance (25.10.1889 - 10.11.1981) et son équipe lors du tournage de son film "Napoléon" (1927)
© Getty - Bettmann

Avec le souci de comprendre, mais en laissant toute leur place au mystère et la poésie, nous irons interroger le subtil mélange des ingrédients qui ont conduit Albert dans cette belle folie. Pour commencer, sa fascination personnelle pour un personnage historique hors du commun et envoûtant : Napoléon. Un homme qui a inspiré plus de 1.000 films dans le monde entier depuis que le cinéma existe. Record absolu...

Ensuite, le travail même de l’acteur qui, si on le pratique avec exigence et en profondeur, fait sciemment courir ce risque de perte d’identité. Nous nous rappellerons à ce sujet que Stanislavski exerçait la pleine puissance de son influence et popularisait sa célèbre méthode quand Albert devenait comédien de théâtre, puis de cinéma dans les années 1910.

Image du film "Napoléon" (1927) d'Abel Gance : Albert Dieudonné est Napoléon
Image du film "Napoléon" (1927) d'Abel Gance : Albert Dieudonné est Napoléon
© Maxppp - Picture-alliance //MaxPPP

Et enfin, le privilège de jouer sous la direction d’un créateur de génie, Abel Gance, qui, par la puissance de sa vision et de son film, a fini par emprisonner Albert dans ce personnage solaire.

Au cinéma comme dans sa tombe, Albert Dieudonné restera Napoléon à tout jamais.
Dans la Sainte Hélène de Courçay, il a achevé de rêver sa vie.

Arletty au micro d'André Asséo raconte des anecdotes au sujet d'Albert Dieudonné en 1983 sur France Inter

2 min

"On a beaucoup dit sur moi que je me croyais Napoléon, même dans la vie réelle. Ce qui est tout de même un peu excessif. Mais, effectivement, je me suis cru Napoléon. Mais je me suis cru Napoléon au moment où je me trouvais sur le studio, quand je répétais, et surtout quand les caméras tournaient, là vraiment je me croyais Napoléon. D’ailleurs, n’est-ce pas le génie d’un acteur de se croire le personnage qu’il représente ? Evidemment que, lorsque les feux sont éteints on ne peut pas brusquement retomber dans la vie normale, dans la vie courante... Quand j’interprétais une scène que Gance venait de m’indiquer, je revivais intensément par la pensée les moments historiques que Napoléon avait lui-même vécu. Je me créais une réalité, en invoquant des ombres." Albert Dieudonné

Avec par ordre d’entrée en scène

Christine Leteux, historienne de cinéma ; Philippe Caubère, comédien et metteur en scène ; Hervé Dumont, historien de cinéma : Jean-Pierre Mattei,  fondateur de la Cinémathèque de Corse ; Jean-Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de Corse ; Jean-Marc Olivesi, Directeur du Musée national de la Maison Bonaparte à Ajaccio ; Thierry Frémont, comédien ; Sandrine Bonnaire, comédienne et metteur en scène ; Jean-Pierre Salvarelli, psychiatre.

Archives Ina : Avec les voix d'Arletty (1898-1992), Albert Dieudonné (1889-1976) et Abel Gance (1889-1981)

Un documentaire de Marc Guidoni, réalisé par Laurent Paulré. Prise de son Hadrien Bacci ; mixage Valérie Lavallard. Archives INA, Anne Brulant. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France et Quentin Vaganay.

Musique

  • Extrait de la restauration du film par Kevin Brownlow, album Napoléon (2016 Soundrack recording) : On the run composé par Carl Davis, interprété par Carl Davis and the Philarmonia Orchestra
  • Extraits de : What does it matter how my heart breaks de The Caretaker - Partials Chorale n°1 de Brian Parks et Phillip Schulze - Mais qu'est-ce que de Vague imaginaires - Tenebrous de Hans-Joachim Roedelius - Into each other's eyes de The Caretaker.

Bibliographie sélective

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51 min

Rediffusion du dimanche 20 septembre 2020

Références

L'équipe

Christine Bernard
Coordination
Laurent Paulré
Réalisation
Marc Guidoni
Production déléguée
Sylvia Favre
Collaboration