Reykjavik, l’une des avancées extrêmes en Atlantique des pirates et corsaires barbaresques
Reykjavik, l’une des avancées extrêmes en Atlantique des pirates et corsaires barbaresques - Domaine public. Wikimedia Commons - Auteur inconnu
Reykjavik, l’une des avancées extrêmes en Atlantique des pirates et corsaires barbaresques - Domaine public. Wikimedia Commons - Auteur inconnu
Reykjavik, l’une des avancées extrêmes en Atlantique des pirates et corsaires barbaresques - Domaine public. Wikimedia Commons - Auteur inconnu
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Juin 1627. Quatre navires corsaires ottomans venus d'Afrique du Nord attaquent les fjords de l'est de l'Islande, les îles Vestmann au sud, et Grindavik au sud-ouest, et s'emparent de 400 personnes, hommes, femmes, et enfants, pour les réduire en esclavage dans la région d'Alger.

En 1627, l'Islande vit en paix. Pauvre, mais en paix. À l'inverse, une grande partie du reste de l'Europe, en cette époque de Guerre de Trente Ans, est à feu et à sang.

Vers le 20 juin, quatre navires corsaires ottomans, avec des dizaines de guerriers redoutables à leur bord, s'approchent de l'Islande dont les habitants ne se doutent de rien, et ne sont pas armés. Les corsaires se préparent au raid le plus lointain et le plus septentrional de leur histoire.  Ces corsaires ne sont généralement pas des Turcs, mais sont originaires de tout le bassin méditerranéen, et même parfois de l'Europe du Nord. Le chef de cette expédition s'appelle Jan Janszoon van Haarlem ; c'est un Hollandais. Il avait été lui-même capturé par les pirates barbaresques en 1618, s'était converti à l'islam, et était devenu, sous le nom de Mourad Rais, un des plus redoutables corsaires au service de l'Empire Ottoman.

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Extrait de la fiction "Les Aventures du Baron de Munchhausen" (11.09.1972)

5 min

Guðríður Símonardóttir vit aux îles Vestmann, dans le sud de l'Islande, avec son mari Eyjólfur et leur fils Sölmundur, quatre ans. Elle est capturée avec son fils, lors d'un assaut d'une soudaineté et d'une brutalité inouïes, parmi 240 habitants de son île qui en comptait environ 500. Eyjólfur, parti pêcher en mer, échappe au raid. Pour 400 malheureux captifs islandais, le voyage vers l'inconnu le plus total, en l'occurrence Alger, dure un mois. Aussitôt débarqués, totalement désemparés, celles et ceux qui ont survécu à la traversée sont vendus au marché aux esclaves. Guðríður et Sölmundur sont vendus ensemble.

Pour en parler

  • Torfi Tulinius, médiéviste
  • Éric Boury, traducteur de l'islandais
  • Þorsteinn Helgason, historien, professeur à l'université d'Islande
  • Michel Sallé, spécialiste de l'Islande
  • Steinunn Jóhannesdóttir, romancière
  • Guillaume Calafat, historien

Textes lus par Élodie Huber. Extraits de  L'esclave islandaise (Gaïa, 2017) de Steinunn Johannesdóttir, traduit par Éric Boury. Traduction de l'islandais, Sæmundur Halldórsson. Traduction de l'anglais, Joy Majdalani. Voix françaises, Phil Bouvard et Sonia Masson.

Merci à Florent Gast de l' Alliance Française à Reykjavik et à Émilie Mariat-Roy, anthropologue

"Si l’histoire de Guðríður Símonardóttir fait partie des raids que les pirates barbaresques menaient en Méditerranée", Éric Boury dit que "ce que l’on sait beaucoup moins, c’est que ces pirates barbaresques sont allés plus loin que la Méditerranée, dans l’océan Atlantique. Il est étonnant que des gens venus d’Algérie soient arrivés jusqu’en Islande. D’abord parce que c’est loin et aussi parce que, quand on connait l’Atlantique nord, on se dit que ce n’est pas la mer la plus navigable."

Générique

Un documentaire d'Olivier Chaumelle, réalisé par Julie Beressi. Prise de son, Marie Lepeintre. Mixage, Éric Boisset. Archives Ina, Delphine André. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Page web, Sylvia Favre.

Bibliographie

  • Æsa Sigurjónsdóttir et Michel Sallé, Histoire de l'Islande : des origines à nos jours (Tallandier, 2020)
  • Michel Sallé, L'Islande (Karthala, 2019)
  • Guillaume Calafat, Une mer jalousée : contribution à l'histoire de la souveraineté (Méditerranée, XVIIe siècle), (Seuil, 2019)
  • Þorsteinn Helgason ,The Corsairs’ Longest Voyage (Brill, 2018. en anglais)
  • Steinunn Jóhannesdóttir, L'esclave islandaise (Gaïa, 2017). Traduit de l'islandais par Éric Boury
  • Olafur Egilsson, The Travels of Reverend Olafur Egilsson : The Story of the Barbary Corsair Raid on Iceland in 1627 (Cuapress, 2016. En anglais)
  • Roger Coindreau, Les Corsaires de Salé (La Croisée des chemins, 2006)
  • Torfi H. Tulinius, La matière du Nord : sagas légendaires et fiction dans la littérature islandaise en prose du XIIIe siècle (Sorbonne Université Presses, 1995)
  • Relation  de la captivité et liberté du Sieur Emanuel d'Aranda (1657)

Pour aller plus loin

54 min

L'équipe

Christine Bernard
Christine Bernard
Christine Bernard
Coordination
Julie Beressi
Réalisation
Olivier Chaumelle
Olivier Chaumelle
Olivier Chaumelle
Production déléguée
Sylvia Favre-Steyaert
Collaboration