Leap in to the void, 2006
Leap in to the void, 2006
Leap in to the void, 2006 - Rabih Mroué
Leap in to the void, 2006 - Rabih Mroué
Leap in to the void, 2006 - Rabih Mroué
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Résumé

En 1990, la guerre civile s'arrête au Liban, Rabih Mroué a 23 ans. Il ne savait pas que la paix existait. Il a fallu penser l'avenir. Il organise avec Lina Saneh des moments de théâtre où on a des choses à se dire, à se raconter ou à se mentir. Il ne veut pas "raconter" la guerre, il veut la penser.

avec :

Rabih Mroué.

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Il est 23h et ce n’est pas le problème "la vérité". Il vaut mieux penser plutôt que chercher l’exact fait. La rumeur est trop forte. Il vaut mieux partir de là, on n’est pas assez armés. On réfléchirait à toutes nos fictions quotidiennes. On pourrait partir de tout ce qu’on nous raconte, tout ce à quoi on veut nous faire croire. On pourrait écouter les couches successives de récits – qui font le récit national, et bien écouter, mais vraiment bien. Et se rendre compte qu’étrangement, il y a des morts encore vivants, des idées vivaces à tuer, on pourrait calmement, faire le point sur nos guerres. Et repérer alors, les fantômes qui bougent encore. On pourrait entendre dans les fictions, énormément de vérités. Rabih Mroué organise avec Lina Saneh, des moments de théâtre où on a des choses à se dire, à se raconter ou à se mentir. Des moments de réflexion pour sentir l’absurdité ou la violence des affrontements. Des récits. Comme des conférences, avec des images. Des photos, des écrans. Dans So little time le dernier spectacle : Lina Saneh raconte l’histoire du premier martyr du Liban dans les années 60, qui finalement plus tard est rentré vivant. Que fait-on avec un martyr vivant ? « Moi qui ai été fait monument » dit-il. Est-ce que l’histoire a besoin de statues pour s’écrire ? Rabih Mroué ne veut pas dire ou raconter, il veut penser. Il ne veut pas dire : voilà ce qu’était la guerre civile. Il ne veut pas dire par exemple : mon frère a été touché par une balle, ce qui est vrai, il préfère penser : comment a t il retrouvé la fonction du langage, ce qui est plus intéressants. Quand la guerre s’arrête, il faut faire face à l’avenir. Les combats se sont tus mais ça continue. En 1990 au Liban - Rabih Mroué a 23 ans, la guerre reste là mais discrètement. Comment on fait alors pour recoller les morceaux. Pour sortir d’un pur présent. Quand les vies sont incomplètes, qu’il manque quelques passages essentiels pour avoir un début un milieu une fin qui tiennent. Quand on est saturé de fictions : mensonges ou omissions. «Mentir est la seule chose qui me permet d’être différent de l’animal » dira Rabih Mroué. Le problème n’est donc pas la vérité, mais en écoutant bien les fictions quotidiennes, mais vraiment bien, on pourra faire un vrai point sur les idées mortes et celles qui gagnent enfin à naître.

Rabih Mroué, metteur en scène, dramaturge libanais. Le spectacle So little time jusqu'au 25 novembre au théâtre de la Bastille, dans le cadre du Festival d'Automne avec Lina Saneh, metteuse en scène, comédienne, complice et compagne de Rabih Mroué.

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**Musique : Rima Khcheich -**Rabih Mroué a écrit paroles et musique.

Rabih Mroué
Rabih Mroué
Le Liban dessiné par Rabih Mroué
Le Liban dessiné par Rabih Mroué
Références

L'équipe

Aurélie Charon
Aurélie Charon
Aurélie Charon
Production
Inès de Bruyn
Collaboration
Delphine Lemer
Réalisation
Lionel Quantin
Réalisation