Agota Kristof à Budapest en 2009 ©AFP - Gyula Czimbal
Agota Kristof à Budapest en 2009 ©AFP - Gyula Czimbal
Agota Kristof à Budapest en 2009 ©AFP - Gyula Czimbal
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Résumé

Son premier et inoubliable roman, Le Grand cahier, a révélé cet écrivain au style épuré, qui considérait le français comme une langue « ennemie ». Agota Kristof avait été forcée de l’apprendre quand, exilée de Hongrie en 1956, elle s’était installée en Suisse romande.

avec :

Marlyse Pietri (fondatrice des éditions Zoé à Genève.), Sara de Balsi (doctorante en littérature française et comparée à l’Université de Cergy-Pontoise.), Melinda Mòd (doctorante, La boratoire d’études de genre et de sexualité, à l’Université Paris VIII.), Monique Ditisheim (comédienne et co-fondatrice du Théâtre Tumulte à Neuchâtel.), Bertrand Visage (Auteur, directeur littéraire aux éditions du Seuil), Zsuzsanna Beri (fille d’Agota Kristof.), Daniel de Roulet (écrivain), Agota Kristof (Ecrivain).

En savoir plus

Par Sylvie Tanette. Réalisation : Ghislaine David. Prise de son : Patrick Muller. Mixage : Benjamin Vidal. Lectures : Claudine Berthet. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d’Annie Lauzanna, des archives INA et d'Annelise Signoret de la Bibliothèque centrale de Radio France.

Agota Kristof est née et a grandi en Hongrie, près de la frontière autrichienne. En 1956, lorsque la Hongrie est envahie par les troupes soviétiques, Agota Kristof s’enfuit à pied pour rejoindre l’Autriche avec son mari et leur bébé. Ils échouent finalement en Suisse, à Neuchâtel, où Agota Kristof trouve un emploi dans une usine. Elle vivra là-bas jusqu’à la fin de ses jours.

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En 1986 Agota Kristof publie Le grand cahier, un roman qu’elle a directement écrit en français. C’est une déflagration. Ce premier texte sera suivi de deux autres, La preuve et Le troisième mensonge. Aujourd’hui la trilogie, traduite dans le monde entier, est toujours rééditée. Le style lapidaire d’Agota Kristof ne laisse personne indifférent. D’autres romans, nouvelles et pièces de théâtre ainsi qu’un recueil de courts textes autobiographiques, L’analphabète, ont été publiés par la suite, toujours sidérants par leur intensité. En octobre 2016, les éditions Zoé à Genève ont publié une édition bilingue d’un recueil de poèmes hongrois d’Agota Kristof, Clous.

Mais il faut toujours revenir au Grand cahier, pour tenter de comprendre son auteur et retrouver la sensation de sidération qui a saisi ses lecteurs à l’époque. Un roman étonnant, dérangeant, aux phrases coupantes, qui décrivait l’enfance rurale et rude de deux jumeaux, durant la guerre en Hongrie. On trouve dans ce livre tout qui fait la singularité du travail de Kristof, et ses obsessions : l’enfance, le double, la perte, l’exil. A l’époque de sa publication, la romancière elle-même a frappé les esprits : une femme peu loquace, qui semblait fermée sur un secret douloureux.

Mais au-delà des thématiques abordées, c’est la relation qu’entretient Agota Kristof avec sa langue d’écriture qui intrigue et constitue le centre de son œuvre. Agota Kristof n’a pas choisi le français, il lui a été imposé par les aléas de l’Histoire. Elle a souvent expliqué à quel point elle se sentait toujours un peu corsetée dans cette langue apprise à l’âge adulte, et qu’elle a dû, selon ses propres termes, affronter plutôt qu’adopter.

Etudes

2016 : Rennie Yotova et Sara de Balsi : Trois pièces d’Agota Kristof, Editions Infolio.

2014 : Melinda Mòd : Une écriture de ruines aspirant à la survie. Décryptage de la figure du double dans Le grand cahier , in Hommes et migrations, n° 1306, été 2014.

Liens

Biographie et bibliographie d'Agota Kristof sur le site culturel suisse : culturactif.ch.

Portrait, signé Sara de Balsi pour la revue L’Intermède, site d’actualité culturelle universitaire.

« Maintenant je n'écris plus ». Agota Kristof entre ses souvenirs, ses conflits et ses promesses d'écriture. Entretien réalisé le 5 avril 2007.

Agota Kristof, écrivain d’Europe, film d’Eric Bergkraut (8’23’’) à voir sur Dailymotion.

Agota Kristof. L’écriture ou l’émergence de l’indicible, analyse de Silvia Audo Gianotti, doctorante à l’Université de Turin.

Etude de la cruauté dans la trilogie des Jumeaux, d’Agota Kristof, publiée sur le site de l’université de Laval – Québec.

The Notebook au Théâtre de la Bastille - Du 28 nov au 3 dec 2016.

Références

L'équipe

Claire Poinsignon
Collaboration