Christophe de Ponfilly en 1989 ©AFP - Ulf Andersen / Aurimages
Christophe de Ponfilly en 1989 ©AFP - Ulf Andersen / Aurimages
Christophe de Ponfilly en 1989 ©AFP - Ulf Andersen / Aurimages
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Résumé

Auteur de plus de 40 films et d’une dizaine d’ouvrages, lauréat du prix Albert-Londres, journaliste, écrivain, réalisateur et producteur, Christophe Péan de Ponfilly incarne à tout jamais une vision aventurière et romantique du métier de reporter.

avec :

Michel Bernard (Haut fonctionnaire, écrivain), Jérôme Bony (journaliste.), Jean de Ponfilly (frère de Christophe de Ponfilly.), Isabelle de Ponfilly (sœur de Christophe de Ponfilly.), Patrice Franceschi (explorateur, marin et écrivain), Patrick de Saint-Exupéry (Grand reporteur, cofondateur et rédacteur en chef de la revue XXI), Gilbert Thiel (juge d'instruction).

En savoir plus

Surtout connu pour ses travaux en Afghanistan, notamment auprès du commandant Ahmed Shah Massoud, figure de la résistance contre l’armée soviétique, Christophe de Ponfilly a également réalisé de nombreux films et reportages sur des héros du quotidien. Riche de nombreuses archives et extraits de films, cette émission donne également la parole à quelques uns de ses plus proches amis, aux membres de sa famille ainsi qu'à certains des personnages de ses films qui chacun à leur tour évoquent la personnalité et l'œuvre du journaliste et documentariste disparu en 2006.

Co-fondateur de l’agence de presse Interscoop, Christophe de Ponfilly portait un regard critique sur le système médiatique, tout en considérant les difficultés que ses confrères rencontraient pour exercer leur métier. 

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Chaque film était vécu par lui comme une aventure, une immersion dans un univers qui nécessitait le temps long dont il ne manquait jamais de faire l'éloge. Que ce soit auprès d’un professeur des écoles (Et vive l'école ! 1997), d’un ancien membre du GIGN (GIGN, le temps des secrets, 2002), d’un rabbin (Monsieur le Rabbin, 1999), d’une équipe du Samu social (Paris by night, 2000) ou d’un juge anti-terroriste (Les Insomnies du juge Thiel, 2005), la caméra du Christophe de Ponfilly pouvait être incisive, mais elle était souvent amicale et empathique. De nombreux personnages de ses films sont devenus ses amis. Il les entraînait dans ses aventures et tournages, partageait avec eux ses indignations. Christophe de Ponfilly a choisi de disparaître en mai 2006, peu de temps après la réalisation de son dernier film, une fiction, L’Étoile du soldat.

Au fil de son œuvre documentaire, on découvre la volonté de mettre en lumière des personnages hors norme, lumineux et inspirants. Le souffle qui la parcourt trouve notamment son origine dans les lectures de jeunesse de Christophe de Ponfilly : Joseph Conrad, Joseph Kessel - à qui il a adressé une lettre ouverte-manifeste sur l’Afghanistan - et Antoine Blondin, à qui il a consacré un film. Lui-même romancier et journaliste, ce dernier écrivait en 1975 "Tout se confond dans une vie qui trouve son unité du côté d’une passion."

  • Massoud l'Afghan

Le grand reporter Patrick de Saint-Exupéry, qui a rencontré Christophe de Ponfilly en Afghanistan dès 1984, revient sur l'admiration que portait le documentariste au commandant Massoud, auquel il a consacré plusieurs films : "En effet, il a beaucoup été reproché à Christophe cette espèce d’adulation qu'il éprouvait envers Massoud. Il était tenté d’en faire un homme mythique, presque un surhomme. Certains lui ont reproché d’avoir voulu porter cet homme trop aux nues, d’avoir manqué de réserve à son égard. Mais la difficulté était réelle : lorsque l’on connaissait Massoud, c’était un homme extrêmement impressionnant, comme tant d'autres Christophe a été séduit. Le reproche qui lui a été fait c’est d’avoir tellement voulu porter le combat de cet homme qu’il a peut-être occulté ou négligé d’autres aspects de l'Afghanistan, un pays complexe, où les choses de tout temps ont toujours été nuancées. Moi je comprends Christophe, il y a des moments où vous n’êtes pas maître de ce que vous faites, vous êtes emporté par des circonstances, vous faites ce que vous faites parce que vous estimez juste que c’est honnête et juste de le faire."

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