Baron Georges-Eugène Haussmann - Bibliothèque Nationale de France / Domaine public
Baron Georges-Eugène Haussmann - Bibliothèque Nationale de France / Domaine public
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Résumé

Personnage archétypal du Second Empire, Le Baron Haussman est un homme à mi chemin entre Balzac et Zola. Bourreau de travail, dévoré d'ambition, il gravit les échelons du corps préfectoral qui s'inventait alors pour décrocher la mission la plus extraordinaire du siècle : la transformation de Paris.

avec :

Eric Anceau (Historien, Professeur à l'Université Paris-Sorbonne), Nicolas Chaudun (Éditeur d'art, écrivain et documentariste.), José de Los Llanos (conservateur, responsable du département des arts graphiques du Musée Carnavalet), Pierre Pinon (Historien de l'architecture), Paul Perrin (Conservateur au Musée d'Orsay), Xavier Mauduit (Animateur et historien, auteur d'ouvrages sur le Second Empire.), Anne De Mondenard (Historienne de la photographie, conservatrice, responsable du département photographies du Musée Carnavalet).

En savoir plus

Le Baron Haussmann est l’homme du Grand Paris. Il n’est pas l’inventeur du nouveau Paris, il en est l’âme et le moteur, le seul atlante du Second Empire. La grandeur de l’architecture Haussmannienne prend de l’intérêt que dans sa multiplication. Il instaure une architecture sérielle. Il est l’héritier de l’âge classique. Nicolas Chaudun

Rares sont les héritages aussi unanimes. Ses riches façades sculptées, ses gabarits bien alignés, ses balcons filants qui réjouissent les agents immobiliers, ou encore ses toitures à la Mansart font du Paris d'Haussmann une ville sublime, à la régularité à la fois monumentale et rassurante : le Baron Haussmann a offert à Paris la postérité et des milliers de touristes.

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Le Baron Haussmann a personnalisé son œuvre, alors qu’elle était le fruit d'un travail collectif. Il a su récupéré cette œuvre en rédigeant ses mémoires. Haussmann s’est construit lui-même sa postérité. Pierre Pinon

Pourtant, de cet oncle au fin collier de barbe et au ventre bedonnant se dégage aussi l'odeur malaisée des révoltes matées dans le sang et d'un Paris populaire qu'on aurait éventré pour mieux le soumettre, l'odeur d'un 19ème siècle à couteaux tirés entre Républicains et partisans de l'autoritarisme. Et de fait, le Baron Haussmann est un personnage archétypal du Second Empire, un personnage à mi chemin entre Balzac et Zola. Bourreau de travail et de détermination, dévoré d'ambition, il gravit les échelons du corps préfectoral qui s'inventait alors pour décrocher la mission la plus extraordinaire et la plus longue du siècle : la transformation de Paris. 

Rue de Paris, temps de pluie (1877) de Gustave Caillebotte
Rue de Paris, temps de pluie (1877) de Gustave Caillebotte
- Charles H. and Mary F. S. Worcester Collection / Domaine public

Pendant 17 années, Georges-Eugène Haussmann prend tous les coups, les critiques, les soupçons et les moqueries. Il prête le flanc aux Républicains comme aux ministres de l'Empire qui le jalousent. Lors de la chute de Napoléon III, en 1870, il est l'ennemi juré de la République qui ne va cesser de modérer l'importance de ses travaux. Pourtant, la ville que Haussmann livre malgré lui à la République est proprement surréaliste. En 1853, Paris était une ville médiévale saturée par l'exode rural. Manque d'eau, manque d'air, manque de place, la congestion était partout, dans une ville qui devient industrieuse et industrielle. En seulement 17 années, le Préfet Haussmann révolutionne la ville, en modifie profondément l'allure, l'organisation, le futur. Sans faillir, il exécute les plans pensées par l'Empereur, perçant des rues, démolissant, avançant quartier par quartier, rive droite, rive gauche, excavant partout le sol pour y faire passer eau et gaz. 

C’est un personnage très ambitieux. Il est l’ambitieux et l'entriste, qui a la pleine conscience de la tâche qui lui est confiée. Pour résumer, il n’a vécu pleinement que les 17 années de sa magistrature. Le reste de sa vie est une gestation lente et contrariée. Les 20 années qui suivent sa destitution sont un lent déclin, un chant du cygne poignant rauque et chevrotant. Nicolas Chaudun

Ici, on découvrira que, surprise, l'architecture est tout à fait secondaire pour lui. Aucune charte, aucune injonction, sinon quelques règlements très généraux que les architectes de la ville font sagement appliquer et répliquer, immeuble après immeuble. Haussmann, simple préfet, dédaignant les architectes au profit des ingénieurs, est pourtant devenu l'auteur d'une typologie urbaine efficace, imposant des proportions et des gabarits qui ont permis à Paris de s'adapter sans se modifier au 20ème siècle, à l'électricité, à la voiture. Une métropole moderne à l'architecture enviée dans le monde entier.

Film d'Agnès Varda Les Dites Cariatides (1984), sur les Cariatides et les Atlantes des façades haussmanniennes :

Lectures d'Elodie Huber et Renaud Bertin : extraits des Mémoires du Duc de Persigny, des Mémoires du Baron Haussmann (1890) et du texte Dans les ruines, d'Edmond About (1867). 

Archive INA : témoignage de la Comtesse Guy de Beaumont, alors qu'elle habitait sur le Boulevard Haussmann dans les années 1950, dans l'émission Les Iles de France le 25 mars 1996 de François Angelier sur France Culture 

Témoignage de la comtesse de Beaumont, qui habitait le Boulevard Haussmann dans les années 1950

1 min

Pour aller plus loin 

Le site de la Bnf propose de nombreux documents sur et de Georges-Eugène Haussmann, dont ses Mémoires en 3 volumes.

Haussmann par les artistes et œuvres décryptant son époque, un portrait en peintures en ligne sur le site l’Histoire par l’image. 

Le Paris de Haussmann, une conférence de Michel Carmona, professeur de géographie et d'aménagement à l'Université Paris IV - Sorbonne (à voir sur Canal U). 

  • Un documentaire signé par Camille Juza et Charlotte Roux. A la prise de son : Yann Fressy et Antoine Viossat, au mixage, Delphine Baudet, à la documentation musicale, Romain Couturier, Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France et Marien Decaens de l'INA. 
Références

L'équipe

Camille Juza
Production
Charlotte Roux
Réalisation
Christine Bernard
Coordination
Pascaline Bonnet
Collaboration
Annelise Signoret
Collaboration