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 Vues découpées au dessus d'un petit mur et fillette, Beyrouth
Vues découpées au dessus d'un petit mur et fillette, Beyrouth

«Beyrouth n’existe pas… Beyrouth nous fait exister… » , expliquaient Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, plasticiens et cinéastes, dans leur exposition photographique Wonder Beirut

Si, bien sûr, Beyrouth existe, elle a un nom sur la carte , mais la ville se refuse à toute définition définitive et exclusive. Tout en contradiction, étrangement animée par un mouvement continu qui la déplace, la déstructure, la déforme, Beyrouth n'en finit pas de nous dérouter"..

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DEUXI È **ME ESCALE ** **: « BEYROUTH N'EXISTE PAS... » ** Documentaire de Nedjma Bouakra

Réalisation de Nathalie Battus - Prise de son et mixage : Frédéric Cayrou

Beyrouth par Roger Moukarzel (vue arborée)
Beyrouth par Roger Moukarzel (vue arborée)

Avec :

Aurélien Zouki, ** Collectif KahrabaJoana Hadjithomas ,** cinéaste et plasticienneLokman Slim, ** fondateur du HangarTony Chakar, ** architecteSerge Akl, ** directeur de l'Office du Tourisme du Liban à ParisRoger Moukarzel, ** photographe**Georges Corm, ** économiste et consultant**. ** Il enseigne à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il a beaucoup publié sur l'économie internationale et à l'histoire du Proche-Orient.

« On le dira, mais jamais assez : que toute carte est imaginaire, que toute carte, rien qu’une image elle-même, est une matrice, est une fabrique d’images, d’images à l’infini. Certes, il existe certaines cartes qui sont encore plus imaginaires que d’autres : ce sont les plus anciennes, les plus approximatives, parfois d’ailleurs approximatives de rien, n’approchant rien, ne référant à rien sinon à quelques visions de leur auteur, cartographe en chambre avec dans la tête un violon plutôt qu’une boussole, qu’un compas, qu’une règle et qu’une équerre, cartographe hasardeux ainsi qu’un promeneur des grandes largeurs, un pied à la suite de l’autre, dans le vide. » Salah Stétié

**Lectures de Vénus Khoury-Ghata, Abbas Beydoun et Olivier Rohé **

Avec le soutien de l’Office du Tourisme du Liban Paris et de l’Institut Français du Liban

[

Office du Tourisme, LIBAN
Office du Tourisme, LIBAN

](http://destinationliban.com/ "Office du tourisme du Liban Paris") [

L’Institut Français du Liban
L’Institut Français du Liban

](http://www.institutfrancais-liban.com/ "Institut Français du Liban")

Quelques liens, pour prolonger l'escale :

Aurélien Zouki

http://pifarely.net/wordpress/?tag=aurelien-zouki

Lockman Slim

www.shiawatch.com

Tony Chakar

http://creativetimereports.org/2013/06/03/speak-mouthless/

http://ashkalalwan.org/events/one-hundred-thousand-solitudes/

Roger Moukarzel

http://www.parismatch.com/Culture/Art/On-ne-pense-jamais-a-la-personne-qui-a-pris-la-photo-529565

Autour de l'escale Beyrouth 2...

L'architecte et artiste, Tony Chakar a notamment présenté l'audio tour, "Catastrophic space"

"Beyrouth n'existe pas"
"Beyrouth n'existe pas"

*** « Beyrouth n’existe pas… Beyrouth nous fait exister… »** :

Joana Hadjithomas & Khalil Joreige

Dès 1990, ils ont photographié Beyrouth sortant de la guerre : « * une ville qui dysfonctionne. On avait l’impression d’arriver sur des ruines encore fumantes, des ruines modernes ». *

Leur première exposition d’envergure a lieu en 1997 à Paris, où ils s’étaient vu refusé le titre initial de leur exposition, Beyrouth n’existe pas , au profit d’un autre, plus générique, Beyrouth : fictions urbaines

Le Cercle de confusion (œuvre extraite de Beyrouth : fictions urbaines) : exposition photographique de la ville de Beyrouth découpée en milliers de fragments disposés sur un miroir, permet au visiteur de l’exposition d’emporter avec lui un fragment d’image. Partant d’une vue unitaire et signifiante de Beyrouth, le temps de l’exposition mettra visuellement et symboliquement à l’épreuve le morcellement puis le démembrement et la disparition de la ville par le spectateur. Celui-ci, en prenant une image, découvre le miroir et laisse se refléter peu à peu sa propre image et l’espace d’exposition. Seul, le fragment ne représente pas grand chose, une abstraction, du grain, de la matière photographique brute. Effet paradoxal de proximité et de distanciation entre ce qui nous est proche et ce qui nous est étranger. Derrière le corps de la ville, le miroir nous renvoie notre propre corps. Impossible de saisir Beyrouth, on n’en tient jamais qu’un fragment. Beyrouth n’existe pas et nous fait exister individuellement, mettant en péril le rêve d’une communauté qui se révèle évidemment de plus en plus utopique.

Luttant contre le recyclage, la mythification des images étendards, les icônes touristiques, l’héritage orientaliste, l’installation avoue son impuissance à affirmer : " Voilà, ça c’est Beyrouth. " La recherche s’oriente alors vers l’image en possible, en latence, incapable de sortir de la volonté de représenter et de la négation de la représentation elle-même. Chez Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, le médium photographique n’a pas pour fonction de réifier une réalité urbaine ni de véhiculer une carte postale de l’Orient. Il est exploité pour sa fonction de mémoire et de projection, mais aussi pour son potentiel de fragmentation et de dispersion. La mémoire d’un lieu ou d’un visage ne tient jamais dans une image monolithique et globale. Le Cercle de confusion met en œuvre la ruine photographique, affirmant autant la prégnance de quelque chose qui a existé que sa perte irrémédiable. Entre la mise en ruine d’une ville par les ravages de la guerre et la ruine photographique il y a corrélation. Toutefois, l’image photographique, aussi fragmentée soit elle, redonne consistance au désir vital de reconstruction d’une cité… »

Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Larys Frogier, Espace Vital , catalogue d’exposition, Rennes : La Criée centre d’art contemporain, 2001.

www.hadjithomasjoreige.com

http://www.criee.org/-oeuvres-produites-?mot=62&artiste=Hadjithomas%20Joana%20/%20Joreige%20Khalil

Références

L'équipe

Catherine Liber
Production
Merryl Moneghetti
Collaboration