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**« Tananarive la ville des mille soupirs »... **

« Passeport pour Antananarivo, Tana la belle », comme l’écrit Michèle Rakotoson sur sa ville,

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Tananarive, « le village des mille », comme son nom en malgache,

la ville aux “mille visages” comme l’écrit un poète là bas,

“mille paysages”...

Productrice : Nedjma Bouakra - Réalisation : Julie Beressi - Technicien: Jean-Marie Porcher

Antananarivo
Antananarivo

L’île rouge ,

Madagascar , avec sa capitale bouillonnante, ** Tananarive** , où viennent achopper et se confondre 18 ethnies d’éternels paysans, d’anciens esclaves, une capitale avec ses mille façons d’être illégitime, mais avec une seule et unique voie étroite vers l’authentique respectabilité.

Une capitale forte de quelques 3 millions d’âmes, la moyenne d’âge y est de 20 ans et l’espérance de vie de 60 ans. Vus d’en haut, les quartiers de fortune hissés sur les rizières façonnent une marqueterie brune et verte, peu de routes mais nombre de chemins et escaliers zigzaguent entre les maisons. Vus d’en bas, les églises et temples jouxtent les maisons de briques rouges. Evangélistes, anglicans, chrétiens, catholiques, musulmans partagent la même ferveur et la quotidienneté des prières. Dans cette ville aux mille soupirs et au million d’enfants , la solidarité communautaire s’érode peu à peu, comme l’esprit de modération, le Fiavanna, et laisse entrevoir une ville entamée par une pauvreté urbaine. Sans concessions, les auteurs et artistes contemporains rencontrés partagent une certaine disposition pour voir le jour au travers d’une réalité aux contrastes cruels.

Ainsi Germain Randrianarisoa - surnommé Rajery - a décidé adolescent de jouer d’une seule main de la Valiha, l’instrument national tubulaire en bambou. Musicothérapeute, il œuvre pour les plus démunis. Dama, du groupe mythique Mahaleo , « libre et indépendant », dont les chansons rythmèrent le soulèvement de 1972, sème rimes et poésie à Tananarive, et aujourd’hui s’engage aux côtés des « paysans des villes », confrontés à l’exode rural. Johary Ravaloson scrute les soulèvements - incertains à la manière des feux de brousse - de la jeunesse, ses nouvelles parsèment la ville de son regard acidulé. Rijasolo, lui, hante les nuits noires de la capitale : si les bas-fonds existent, ils ont une seconde vie dans ses photographies moites…

Avec :

Rajery, **musicien **

Dama, chanteur et musicien du groupe mythique Mahaleo

Les Tambours Malgaches, musiciens

Johary Ravaloson, auteur

Père Urfer, jésuite, essayiste

Bini, slameur

Rijasolo, photographe

  • Titre emprunté à un texte de Johary Ravaloson

« Une étoile, là-bas pétille, tout là-bas sémillante

comme une goutte de champagne et de sang frais

*pétille *

*dans l’immense coupe invisible de la nuit *

les barreaux noirs ont clos les paupières

*lourdes les cernes de l’an défunt. » *

Rabè, poète

**** Avec le soutien ** de l'Office National du Tourisme de Madagascar ** ** et l’Institut Français de Madagascar**

C.
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Catherine Liber
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