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Pour l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, l’union (européenne) fait la force

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David Zalkaliani, Dmytro Kouleba et Aureliu Ciocoi, ministres des Affaires étrangères géorgien, ukrainien et moldave, signent à Kiev, le 17 mai 2021, joignent leurs efforts pour accéder à l'UE.
David Zalkaliani, Dmytro Kouleba et Aureliu Ciocoi, ministres des Affaires étrangères géorgien, ukrainien et moldave, signent à Kiev, le 17 mai 2021, joignent leurs efforts pour accéder à l'UE.
- Dmytro Kouleba / Twitter

Rien, n’était leur statut d’anciens satellites de l’URSS, ne les lie de façon évidente : ni la langue, ni la culture, ni la géographie. Pourtant, les trois pays d’Europe centrale et orientale ont décidé de faire cause commune pour mener un combat : l’intégration à l’Union européenne.

Le "Trio". C’est désormais sous ce nom que les trois pays se présentent, depuis la réunion, mi-mai à Kiev, des ministres des Affaires étrangères ukrainien, moldave et géorgien. Désormais, leurs trois pays marchent ensemble, ont solennellement annoncé les europhiles Dmytro Kouleba, Aureliu Ciocoi et David Zalkaliani, sur une même voie : l’intégration à l’Union européenne.

Las d’attendre que l’Europe vienne les chercher, usés par les vaines promesses et les batailles entre Bruxelles et Moscou, Kiev, Chisinau et Tbilissi, dans le cadre de leur nouveau trio, entendent mettre en œuvre ensemble les réformes nécessaires pour réaliser leur ambition européenne. Et, autant que possible, à parler d'une même voix sur les chantiers à mettre en œuvre : coopération économique, énergie, transports, numérique, économie verte, justice, affaires internationales, communication, santé… 

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Pour les aider sur ce chemin si difficile vers l'Europe, avec l'ennemi russe tout près, les pays du "Trio" ont toutefois une béquille pour mieux marcher : le Partenariat oriental, qui porte notamment sur la politique de voisinage de l’UE, la démocratie, l'intégration économique, la sécurité énergétique, les rapports entre les peuples.

Mais plus fondamentalement, ces pays de l'Europe de l’Est s’attacheront à rappeler la richesse de leur ancrage dans le continent. Car pour ces nations, l’Europe n’est pas seulement un désir. L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie entendent bien "expliquer" aux nations de l’Europe occidentale que leurs voisins de l’Est sont aussi européens qu’eux. Que l'Ukraine et la Moldavie ne sont pas perdues dans des steppes lointaines et que la Géorgie n’est pas isolée dans un Caucase inconnu. 

L'Ukraine revendique ainsi une histoire occidentale très riche, avec la Rous’ de Kiev, le Royaume de Galicie, le Grand-Duché de Lituanie, le Royaume de Pologne, l’Empire d'Autriche. Son rayonnement européen s’inscrit aussi, historiquement dans celui des communautés juives, dont le centre spirituel s’établit en Pologne dès le XVe siècle. 

Liens européens

La République de Moldavie rappelle qu’elle a constitué une partie de la Principauté de Moldavie, une région historique de la Roumanie incluant la Valachie et la Transylvanie, partagée en 1812 entre l’Empire russe et la future Roumanie. Le pays est roumanophone. Sa devise et son hymne sont en roumain, et son drapeau, tricolore, reprend les couleur de celui de son grand voisin : bleu, jaune, rouge. La Moldavie, cette "Roumanie de l’Est", imaginerait volontiers une "réunification" au sein de l’Union européenne, seule à même, selon Chisinau, d’apaiser les difficultés entre roumanophones et russophones.

La Géorgie est un pays plus lointain, aux limites du Vieux-Continent. Pourtant, les Georgiens ont très tôt, dès la fin de l’URSS, manifesté leur volonté, farouche, de rejoindre l'Europe. Parce que, à juste titre, dans une région dominée par les turcophones, ils tiennent le flambeau chrétien. Certes, ils partagent cette identité avec les Arméniens, mais ces derniers comptent sur la Russie pour les protéger.

Les Géorgiens, eux regardent, depuis toujours, vers l’ouest, vers l’Europe. Ils affirment que leurs royaumes chrétiens médiévaux étaient composés de chevaliers et de gentes dames, comme en Europe occidentale ! Les chants géorgiens ne sont pas sans rappeler les polyphonies... corses ! Et un sport médiéval local, le "lélo", n’est pas sans rappeler le rugby, et explique peut-être pour partie le goût géorgien pour le ballon ovale.

Comme Kiev ou Chisinau, Tbilissi ne ménagera pas son "soft power" pour faire valoir les intérêts du Trio à Bruxelles. Et en matière de "soft power", la Géorgie a ses ambassadrices. Sa présidente, Salomé Zourabichvili, est Française – son grand-père Lévadia Zourabichvili, ancien président du Parlement de la République démocratique de Géorgie, s'était réfugié en France en 1920. Et sa cousine n’est autre que l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, née Hélène Zourabichvili. 

Un atout lointain pour le Trio, mais une preuve solide que les frontières de l’Europe sont bien moins rigides qu’il n’y paraît. 

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