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Pourquoi BD rime avec Belgique ?

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Une salle du Centre belge de la bande dessinée
Une salle du Centre belge de la bande dessinée
© Radio France - Bruno Cadène

De Tintin à Lucky Luke en passant par Spirou, les héros historiques de la bande dessinée belge ne manquent pas. Mais pourquoi, milles sabords, sont-ils tous nés là-bas ? Promenade dans les rues de Bruxelles et de Marcinelle pour tenter de comprendre !

A l'occasion du 44e Festival de la BD d'Angoulême, France Culture est à Angoulême et vous propose, entre autres, ce vendredi, de 17 à 18h, un numéro du Magazine de la rédaction consacré à ces héros de la bande dessinée de l'âge d’or, qui, parfois plus de 80 ans après leur naissance et alors que leurs créateurs sont pour la plupart morts depuis longtemps, continuent à trôner en tête des ventes : Tintin, Lucky Luke, Spirou, Gaston Lagaffe, Tif et Tondu, Blake et Mortimer, les Schtroumpfs, Boule et Bill, Ric Hochet, Cubitus, Clifton, Michel Vaillant, Bernard Prince, Gil Jourdan, Achille Talon, etc. Tous ces héros sont nés en Belgique ! Et même l’exception, Astérix, a des racines belges puisque René Goscinny et Albert Uderzo ont travaillé à leurs débuts dans la capitale belge en compagnie de leurs amis, tous Belges eux, Franquin, Jijé, Morris...

Bref, pas de carabistouilles, la BD est belge comme la frite !

Allons outre-Quiévrain, pour tenter de comprendre !

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Premier lieu de notre enquête, le Centre Belge de la Bande Dessinée, au cœur de Bruxelles. Un musée, véritable paradis pour les amoureux du 9e art. Et pour son directeur, Jean Auquier, c'est tout sauf un hasard si la bande dessinée moderne est née en Belgique.

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"On est un petit territoire, enfoncé quelque part au milieu de l'Europe, entre des cultures dominantes (...) et si on devait exister, on devait inventer un langage et ce langage, c'est l'image." Jean Auquier

Au début, il y a eu...Tintin, évidement ! Le héros crée par Hergé est clairement belge. Jeune reporter au XXe Siècle, quotidien catholique né à Bruxelles en 1898, Tintin est à sa naissance, fortement ancré dans la réalité belge. Didier Platteau, éditeur à Moulinsart, la société qui gère les droits de Tintin.

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"Je crois (au sujet d'Hergé) qu'il est un enfant d'une tradition belge, une tradition de l'image et de la peinture. Le surréalisme dont il est, un peu, le successeur aussi. Il est dans une histoire belge (...) il y a un esprit et des traces qui sont belges". Didier Platteau

Tintin contre Spirou, le combat des géants !

Les années 50, l'âge d'or de la BD belge. Une religion qui règne sur la jeunesse francophone avec deux églises concurrentes : le Journal de Tintin fondé à Bruxelles en 1946 par les Éditions du Lombard et le Journal de Spirou à Marcinelle, un quartier de Charleroi, crée par les Éditions Dupuis en 1938. Tintin versus Spirou, la houppette contre le calot de groom !

La rivalité vue par Luce Roba, la veuve de Jean Roba, le créateur de Boule et Bill...chez Spirou.

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"Spirou, c'était surtout des enfants des classes plus simples et Tintin, c'était des gens plus aisés, qui avaient une toute autre optique de la vie. Dupuis (l'éditeur du journal de Spirou) semblait trop rigolo pour une certaine classe de la société (...) (les auteurs de Dupuis) c'étaient des potaches !" (Luce Roba)

Dans la maison d'en face (sans Jules...clin d’œil compréhensible uniquement par les fans de Gaston Lagaffe) au Lombard, chez Tintin donc, il y avait, parmi les auteurs à succès, Hermann, le créateur avec Michel Greg ( Achille Talon) de séries à succès comme Bernard Prince ou Comanche...

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"C'étaient comme des frères ennemis (entre le Lombard et Dupuis), mais ils s'arrangaient quand même, vous savez ! Ils se rencontraient, les affaires étant les affaires ! Moi, je faisais partie du Lombard, mais j'avais d'excellentes relations (avec ceux de Spirou), il n'y avait pas de rivalités entre dessinateurs. Il régnait une sorte de bonhommie, une ambiance familiale" (Hermann)

Et Michel Vaillant ? Il ne serait pas non plus un peu Belge ?

L’enquête se poursuit dans le quartier bruxellois d'Ixelles, chez Michel Vaillant. Plus précisément dans les bureaux de Philippe Graton, le fils du créateur de Michel Vaillant, et scénariste actuel de la série. Et Michel Vaillant est un exemple original : né à Bruxelles...mais d'un dessinateur, Jean Graton, Français...mais installé à Bruxelles. Philippe Graton et Michel Vaillant entre deux pays...

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"Quel rayon extraterrestre frappe Bruxelles, et que dis-je, une partie de Bruxelles, car tout ça, ça s'est passé sur 300 m2, entre Tintin et Spirou, dans le centre de Bruxelles, pendant ces années là ? Jamais la naissance d'un art n'a connu une densité géographique et temporelle aussi forte." (Philippe Graton)

"Ce qui reste de belge dans la BD ? L'accent !"

Pour terminer, direction là où tout à commencer, ou presque, à Marcinelle, dans les locaux de Dupuis, chez Spirou. Serge Honorez, directeur éditorial de Dupuis, qui nous explique ce qu'il reste de belge dans la BD du XXIe siècle.

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"Dans la partie francophone de la Belgique, il y a une espèce de fierté, comme une espèce de produit national qui est la bande dessinée. Et d'ailleurs les éditions du Lombard, comme les éditions Dupuis sont fortement implantées en Belgique, puisque notre siège y est (...) mais aujourd'hui la bande dessinée la plus populaire, elle est désormais en France." (Serge Honorez)