Pourquoi la Bulgarie est-elle si pressée de rejoindre la zone euro ?

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Pourquoi la Bulgarie est-elle si pressée de rejoindre la zone euro ?

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Désertée, Sofia, comme le reste de la Bulgarie, subit de plein fouet les conséquences économiques de la crise du coronavirus.
Désertée, Sofia, comme le reste de la Bulgarie, subit de plein fouet les conséquences économiques de la crise du coronavirus.
© AFP - Hristo Rusev / NurPhoto

C'est l'homme le plus important de la Bulgarie, l'inamovible Boïko Borissov, Premier ministre depuis 2009, qui a pris la décision : son pays, le plus pauvre de l'Union européenne, va rejoindre la zone euro le plus rapidement possible. Un empressement non dénué d'intérêt.

La Bulgarie est-elle prête pour l'euro ? Pas avant… Longtemps, estimait en substance et en toute sincérité le directeur de la banque centrale, Dimitar Radev, il y a encore quelques semaines. Mais cette transition "irréaliste", selon ses propres termes, va devoir se faire. Boïko Borissov, l'homme fort de la Bulgarie, veut accélérer le mouvement. Et la décision du Premier ministre, depuis plus de dix ans au pouvoir, ne souffre d'aucune contestation. Désormais, le ton a changé à la banque centrale. Pour Dimitar Radev, il faut que la Bulgarie soit prête à franchir le pas. 

Pourquoi la Bulgarie est-elle si pressée ? 

C'est la crise sanitaire, qui frappe aussi la Bulgarie, qui relance la question du passage à l'euro en Bulgarie. Pour Boïko Borissov, pragmatique, c'est une simple question de survie financière :

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Ceux qui sont dans la zone euro auront des milliards à leur disposition.

La Bulgarie souhaite donc faire bouger les Européens dans les jours qui viennent ! Dans cette perspective, le Parlement a adopté le principe selon lequel le taux du lev, la monnaie bulgare, sera désormais fixé en accord avec les pays de la zone euro. 

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le préalable au passage à l'euro, pour lequel aucune date n'avait été fixée lors de la ratification de son traité d’adhésion à l’Union européenne (à laquelle elle a adhéré en 2007), est l'adhésion au Mécanisme de taux de change européen II, dont l'acronyme en anglais est MCE II. Objectif du dispositif : faire converger le lev et l'économie bulgare avec la zone euro, pendant deux ans.

Et en attendant, être membre du MCE II a ses avantages : un pays adhérent peut recevoir des prêts au même titre que des pays de la zone euro. Ce qui permettrait à la Bulgarie d'être soulagée financièrement.

Que vont penser les pays de la zone euro ? 

La Bulgarie étant plus pauvre que la Grèce, son adhésion à l'euro peut faire peur en Europe de l'ouest… Mais il n'y a pas de raison de l'empêcher d'avancer. Le lev est certes la monnaie d'un petit pays, mais les indices macroéconomiques bulgares sont stables, et le pays est attentif aux injonctions de la Banque centrale européenne.

Le Billet économique
4 min

Cette volonté de rejoindre l'euro ne concerne d'ailleurs pas seulement la Bulgarie. Toute l'Europe du sud-est suit le mouvement, la Croatie et la Roumanie notamment. Face à cette crise sanitaire et financière unique, les pays les moins fortunés de l'Union ne veulent pas rester au bord du chemin.