Publicité

Pourquoi la direction de l'Académie des Césars démissionne

Par
Le producteur de cinéma français Alain Terzian, 70 ans, était à la tête de l'Académie depuis 2003. Figure inamovible et toute-puissante, il était de plus en plus controversé.
Le producteur de cinéma français Alain Terzian, 70 ans, était à la tête de l'Académie depuis 2003. Figure inamovible et toute-puissante, il était de plus en plus controversé.
© AFP - Martin Bureau

le fil culture. Accusée d'opacité et affaiblie par la polémique autour des nominations multiples de Roman Polanski, la direction des Césars a annoncé jeudi 13 février sa démission collective. En début de semaine, des centaines de personnalités du septième art avaient réclamé une réforme en profondeur de l'Académie.

La direction de l'Académie des Césars tire sa révérence, contrainte et presque forcée. A seulement deux semaines de la "grande fête" annuelle du cinéma français, le conseil d'administration de l'Association pour la Promotion du Cinéma, a finalement décidé de démissionner jeudi 13 février dans la soirée. La direction a ainsi expliqué partir "pour que la fête du cinéma reste une fête" et "pour honorer celles et ceux qui ont fait le cinéma en 2019."

Il faut dire que l'Académie était particulièrement contestée. Entre-soi, manque de diversité, de mixité, opacité... Dans une tribune publiée en début de semaine dans le journal Le Monde, 400 personnalités dont Marina Foïs, Agnès Jaoui ou encore Omar Sy ont réclamé une "réforme en profondeur".  

Publicité

Pour faire face à la crise, la direction avait notamment proposé d'instaurer la parité au sein du collège des votants (seulement 35% de femmes). Mais la réponse n'était pas assez forte pour les signataires, notamment après les dernières accusations de viol et d'agressions dans le milieu.

40 min

L'affaire Polanski, un détonateur ?

Les tensions apparaissent à la mi-janvier lors du dîner des révélations. Chaque année, les César invitent pour l'occasion les espoirs du cinéma français. Chacun est alors parrainé par l'artiste de son choix. Mais cette année, deux sont refusées : la romancière Virginie Despentes et la réalisatrice Claire Denis. La Société des réalisateurs de films dénonce alors une décision arbitraire. L'Académie présente ses excuses, sans donner plus d'explications.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Deuxième acte de la crise, deux semaines plus tard : "J'accuse", de Roman Polanski est nommé 12 fois aux Césars alors qu'une nouvelle femme accuse le réalisateur de viol, la première Française (Valentine Monnier).

"Célébrer un agresseur comme Polanski, c'est soutenir le système d'impunité des violences masculines, et museler la parole des victimes", écrivent alors les associations féministes. De son côté, le président des César Alain Terzian se défend : "L'Académie n'est pas une instance qui doit avoir des positions morales", dit-il.

3 min

"Le cinéma ne peut pas être en retard"

La décision de la direction de l'Académie de démissionner n'était pas attendue. Mais ce vendredi matin, la comédienne Marina Foïs s'est dit satisfaite : "C'est normal que l'institution se remette en question et se réinvente parce que le monde bouge. Les statuts de cette association sont très très anciens. Surtout nous, gens de cinéma, nous ne pouvons pas être en retard. Le cinéma est forcément toujours un peu politique et il ne peut pas être en retard sur la nécessité et de la parité, et de la diversité et de la mixité" :

Démission de la direction des César : Marina Foïs se dit satisfaite

37 sec

Cela va permettre de modifier les statuts de l'association. De faire en sorte que les membres qui la gère soient élus. Exactement ce que nous demandions : la démocratie. S'ils annoncent leur démission si vite, c'est une manière aussi de reconnaître, d'être d'accord avec ce que l'on demande.

© Visactu

De son côté, la réalisatrice Catherine Corsini, également signataire de la tribune dans le journal Le Monde, a dénoncé une association dont les statuts étaient "complètement verrouillés, avec des membres à vie" : "Ce système était obsolète et ne correspondait plus du tout à la pratique d'une association qui doit être saine. On avait envie d'amener un coup de balai et de la modernité". 

Catherine Corsini a fait partie des signataires de la tribune.

21 sec

Cette démission va maintenant permettre de procéder au renouvellement complet de la direction. Une assemblée générale se tiendra après la cérémonie des Césars qui doit avoir lieu le 28 février. 

© Visactu
En savoir plus : Le cauchemar des César
3 min