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Premier tremblement de terre détecté sur Mars, un pas pour mieux connaître les planètes

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Mars
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© Getty - SCIENCE PHOTO LIBRARY

Le 6 avril 2019, un "signal sismique faible mais distinct" a été détecté sur Mars, pourtant sans tectonique de plaques. Une première dans l'exploration de la planète rouge, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles découvertes sur la structure des planètes.

L'agence spatiale française CNES a annoncé avoir détecté pour la première fois sur Mars "un séisme faible mais distinct" le 6 avril 2019. Le signal a été enregistré par le sismomètre français SEIS, déployé dans le cadre de la mission InSight de la NASA.

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"C’est formidable d’avoir enfin le signe qu’il existe encore une activité sismique sur Mars. [...] Nous sommes impatients de pouvoir communiquer des résultats détaillés, dès que nous aurons étudié de plus près et modélisé nos données" a réagi dans un communiqué Philippe Lognonné, chercheur à l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et responsable technique du SEIS.

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Le but de la mission : enregistrer et analyser les activités sismiques de Mars, afin de comprendre sa formation, survenue il y a des milliards d'années.

Si le premier enregistrement du séisme "marque la naissance officielle d'une nouvelle discipline : la sismologie martienne" comme l'a annoncé Bruce Banerdt, responsable de la mission InSight, le signal est trop faible pour fournir des informations exploitables sur la structure de Mars pour l'instant.

La particularité de l'activité sismique de Mars

Contrairement à la Terre, Mars ne connait pas de tectonique des plaques, phénomène qui est à l'origine de la majeure partie de l'activité sismique de notre planète. L'activité sismique de Mars a un fonctionnement différent : "Comme pour la lune, ces tremblement de Mars proviennent du refroidissement lent de la lithosphère, c’est-à-dire de la partie la plus superficielle de la planète. Elle a emmagasiné de la chaleur dans le passé et puis aujourd’hui elle perd cette chaleur et comme tout ce qui refroidit, ça se contracte et de temps en temps, à force de se contracter, ça casse", expliquait Philippe Lognonné dans le Journal de 8h.

La mission est le fruit d'une collaboration scientifique internationale

Comme l'expliquait à notre antenne Philippe Lognonné le 24 avril 2019, l'enregistrement de ce séisme constitue une véritable prouesse technique : "il s'agit d'un séisme tellement faible que sur Terre, il serait non seulement passé inaperçu et peut-être même pas détecté par les instruments terrestres". 

A l'origine de cet exploit : le sismomètre SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), développé et construit par des scientifiques français du CNES, en collaboration avec l'IPGP et le CNRS. Véritable concentré de technologies de pointe, il a été déployé le 19 décembre 2018 par l'atterrisseur d'InSight arrivé sur Mars le 26 novembre de la même année. Plusieurs semaines d'étalonnage et de mise en place avaient été nécessaires avant de pouvoir effectuer des mesures fiables, notamment à causes des vents violents et des écarts de températures. 

Par ailleurs, plusieurs laboratoires français, notamment le Laboratoire de Météorologie Dynamique (CNRS/ENS/Ecole Polytechnique/Sorbonne Université) et le Laboratoire de Planétologie et de Géodynamique de Nantes (CNRS/Université de Nantes/Université d’Angers) participent aux analyses de données de la mission InSight.

La précédente tentative d'enregistrement de l'activité sismique de Mars date de 1976, lorsque la sonde Viking 2 s'était posée sur la planète rouge. Malheureusement, le sismomètre embarqué à l'époque n'avait pas fourni de données exploitables, à cause des perturbations causées par des vents violents.

Analyser les ondes sismiques pour comprendre la structure des planètes

De nouvelles possibilités de recherche et d'exploration concernant la structure interne de Mars s'ouvrent désormais aux chercheurs.

L'IPGP rappelle dans cet article que les études sismologiques réalisées par les différentes missions Apollo ont permis une meilleure connaissance de la structure de la Lune :  "la réflexion des ondes sismiques et la modification de leur vitesse de propagation en fonction des matériaux traversés ont donné des informations sur la structure interne de la Lune, ainsi que la taille de son noyau". Les mêmes mesures effectuées sur Mars permettront ainsi une meilleure connaissance de la planète.

En savoir plus : Prochain arrêt : Mars ?

Retrouvez l'article de la NASA sur l'événement ici (en anglais).