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Présidentielle 2017 : premier bilan du vote blanc

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© AFP - Bernard Jaubert / Only France

Pour sa première présidentielle décompté à part entière, le vote blanc est arrivé 7e ce dimanche. Devant Jean Lassalle et derrière Nicolas Dupont-Aignan. La percée de ce choix toujours non reconnu est particulièrement marquée en Outre-mer. Dix fois plus que la moyenne en Guyane par exemple !

S'il y avait eu un candidat du vote blanc au premier tour de l'élection présidentielle, il serait arrivé en 7e position : devant Jean-Lassalle, Philippe Poutou, François Asselineau, Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade. Il a été décompté pour la première fois séparément des votes nuls lors d'une présidentielle, suite à un nouveau texte de 2014. Et il totalise 1,78% des suffrages selon les résultats définitifs, soit 651 407 voix.

Les bulletins nuls représentent eux 0,77 % des suffrages, soit 285 431 voix. Pour un taux de participation de 77,77% : 37 millions de Français ont voté.

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Difficile d'établir une comparaison avec les précédents scrutins faute de repères identiques donc. Mais, reconstitué, le groupe “vote blanc et nul” réalise un meilleur score qu’en 2007 et 2012. Loin toutefois de 2002 où il avait atteint son record de 3,4% (998 401 voix) ou de 1995, avec 2,8% des voix.

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Des records en Outre-mer

Dans le détail des résultats de dimanche, les taux les plus élevés de votes blancs apparaissent en Outre-mer. A commencer par la Guyane, qui vient à peine de vivre la fin d'un conflit social particulièrement dur, avec 11,4% ! La Martinique suit avec 6,56%, puis la Guadeloupe, à 4,46%, La Réunion et Mayotte. La valeur de vote de protestation ne fait aucun doute quand on étudie également les taux d'abstention dans ces régions et que l'on constate que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête en Guyane, devant Marine Le Pen, à la Réunion (idem) et en Martinique.

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7 candidats sur 11 proposaient la reconnaissance du vote blanc, mais pas les finalistes

Espoir déçu pour Stéphane Guyot, le président du mouvement "Le parti du vote blanc". Il se félicitait de voir pour la première fois autant de candidats envisager la reconnaissance de ce choix. A commencer par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Sept contre un en 2012, François Bayrou. Mais Marine Le Pen et Emmanuel Macron n'ont pas mentionné cette réforme et ne semblent pas vouloir évoluer. Pour passer le cap, Stéphane Guyot envisage la pression de candidats aux législatives. Et il rappelle un récent sondage Ifop qui révélait que 40% des personnes interrogées auraient voté blanc à ce 1er tour s'il y avait reconnaissance de ce choix. Le second tour s'en serait trouvé, selon lui, forcément bouleversé :

"On en a jamais autant parlé que cette année, mais notre espoir semble vain"

2 min

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Et au second tour ?

Le vote blanc battra-t-il un record le 7 mai ? La question se pose d'autant plus depuis hier qu'un hashtag, #sansmoile7mai, circule avec un grand succès. Il émane de militants de la France insoumise et prône avant tout l'abstention, mais aussi le vote blanc et sa reconnaissance.

Alexandre Malafaye, le patron du think Tank Synopia, estime que ce score dépendra de la gestion de l'entre deux tours et notamment comment les tenants du vote blanc vont se prononcer. Les citoyens privilégieront-ils aussi un vote d'opposition au Front national ? Pour Alexandre Malafaye, un vote blanc massif pourrait contribuer à renouveler la démocratie :

"Si le vote blanc obtenait un score important, le vrai message serait destiné au prochain président de la République : vous devez refaire la démocratie !"

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Si vous aviez entre 10 et 12 millions de personnes qui votent blanc au second tour, cela enverrait un sérieux message et cela n'empêcherait sûrement pas l'élection d'Emmanuel Macron.

Stéphane Guyot, du parti du vote blanc, considère lui que "les électeurs qui votent blanc ne sont pas responsables du vote des autres électeurs. Si on ne sort pas de cette spirale infernale qui consiste à toujours voter pour le moins pire, on ne sort pas de la situation" :

"Ce n'est pas de la faute de l'électeur qui vote si l'autre candidat en face de Marine Le Pen ne remporte pas suffisamment de suffrages."

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Beaucoup de gens vont se sentir coupables évidemment de ne pas voter contre le Front national. Donc, évidemment, beaucoup vont voter par défaut pour le moins pire. C'est un peu notre culture. On vote par dépit, plus par adhésion. Et tant que le vote blanc ne compte pas, pas mal de gens risquent de voter contre Marine Le Pen. Je ne suis pas persuadé que cet espèce de rempart, de front républicain, fonctionne éternellement. A un moment donné, je crois que les gens vont manifester autre chose, autrement, et risque de contester les deux, quoi qu'il arrive, quelles que soient les conséquences.

A ÉCOUTER Vote blanc, geste neutre ? (Les Nouvelles vagues, début avril)

Retrouvez ci-dessous les témoignages publiés pour notre récent "Hashtag"