Publicité

Primaire de la gauche : ce qui oppose les candidats

Par
De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls
De gauche à droite et de haut en bas : Jean-Luc Bennahmias, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Manuel Valls
© AFP - Joël Saget

Comment distinguer les six hommes et l'unique femme engagés dans les "primaires citoyennes" de la gauche. Sur quels thèmes principaux diffèrent leurs propositions, et avec quels passifs politiques.

La campagne des "primaires citoyennes", dite de "la belle alliance populaire", organisées par le Parti socialiste va s’accélérer cette semaine. Avec ce jeudi le premier de trois débats télévisés avant le premier tour de ce qui déterminera a priori le nom de référence à gauche pour la présidentielle. Mi décembre, sept candidats ont été retenus par la Haute Autorité de ces "primaires citoyennes" : quatre socialistes et trois membres d'autres partis. Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Manuel Valls côté PS donc. Et Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate) et François de Rugy (Parti écologiste). Sur leur programme comme sur leur parcours, voici l'essentiel de ce qui les distingue.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg

On les associe souvent car tous deux ont été "frondeurs" et ministres de François Hollande. Ils ont aussi été les premiers à enclencher leur campagne, très tôt, dès l'été 2016. Proposition commune forte : ils sont pour l'abrogation de la "loi Travail". Mais plusieurs questions les opposent, à commencer par le revenu universel, porté par Benoît Hamon et devenu l'un des thèmes majeurs de cette primaire. Sur RTL, début janvier, Arnaud Montebourg a estimé que le revenu d'existence n'était pas "un modèle de société". Et d'ajouter : "Je suis un petit peu comme Victor Hugo lorsqu’il exaltait le travail fier. Je crois à la société du travail car c’est l’outil de dignité du citoyen." Pour le défenseur du "made in France", "le premier des investissements, beaucoup plus modéré, doit aller dans la croissance et le niveau d'activité" (sur France 2).

Publicité

Invité de France Culture, le mardi 17 janvier 2017, Arnaud Montebourg s'est exprimé, entre autres choses, sur le Brexit et la "menace de Londres" en refusant d'un "énorme paradis fiscal aux frontières de l'Union Européenne". Il a également mis en avant son manifeste sur la Culture à lire ici. Interview à réécouter :

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Le député des Yvelines souhaite lui "refonder notre rapport au travail et au temps libre" via un revenu qui atteindrait à terme les 750 euros. "Une révolution", admet Benoît Hamon. Il en parlait lors d'une première invitation sur notre antenne le 24 octobre dernier (à 6'10) :

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Arnaud Montebourg est le seul des sept candidats à promettre un taux de chômage précis : ramené à 6,1 % en 2022 (et un déficit à 2,5 % de PIB).

A lire : Revenu universel : pourquoi il divise la gauche

Autre point d'achoppement entre les deux hommes : l'Europe. Benoît Hamon déclarait sur notre antenne début janvier qu"il faut continuer à construire patiemment, méthodiquement l'Europe. Elle est aujourd’hui en danger en raison des politiques d'austérité et parce que l'austérité a conduit à ce que des peuples européens se détournent du projet européen. Nous devons reconstruire le lien entre les Européens en montrant ce que doivent être les intérêts de chacun." Le député européen de 2004 à 2009 a qualifié son concurrent de "productiviste et souverainiste".

A lire : Primaires PS : quels clivages économiques ?

Très critique, Arnaud Montebourg ne rejette pas l'Europe, mais il est plus virulent en appelant à "un nouveau traité de Rome et à aller casser un peu de vaisselle à Bruxelles." Expression largement reprise depuis. Quand il s'en explique, il parle de volontarisme politique, estimant même que Donald Trump qui parle haut et fort s'inspire de la "méthode Montebourg".

Arnaud Montebourg ironise sur Donald Trump

22 sec

Enfin, on notera qu'Arnaud Montebourg, avec Manuel Valls, est le seul à s'opposer à une légalisation du cannabis. Pour Sylvia Pinel ou Benoît Hamon notamment, c'est une question de sécurité et de santé publique.

A lire : Les primaires du PS en cinq dates

Manuel Valls et Vincent Peillon

Ces deux sociaux-démocrates, républicains et pro-européens se sont déclarés tard, début décembre, après la renonciation de François Hollande le 1er décembre, même si la candidature de l'ancien ministre de l’Éducation nationale a bien davantage surpris. Ils doivent aussi répondre à des degrés divers de leurs actions sans contestation auprès du chef de l’État. Écoutez à ce sujet Sophie Delpont, le 13 janvier :

L'ombre de François Hollande sur le 1er débat : à chaque candidat son bilan du chef de l'Etat

1 min

Et ces réformistes, mais sans rupture, ont donc à jongler avec les revirements, en particulier Manuel Valls. Son quasi rejet désormais de l'usage de l'article 49.3 de la Constitution en est l'exemple le plus marquant. L'ancien Premier ministre, qui refuse l'étiquette de favori, ne se prive pas en revanche de mettre en avant une partie de son bilan, par exemple sur le chômage, mais avec, aussi, "un droit d'inventivité" :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Manuel Valls insiste souvent au cours de cette campagne sur son "expérience". "J'ai gouverné" nous disait-il encore le mercredi 18 janvier lorsque nous le recevions à France Culture dans le journal de 12h30 au lendemain d'une gifle reçue par un homme de 18 ans, lors d'un déplacement dans les Côtes d'Armor.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Vincent Peillon lui aussi assume les années Hollande, mais souhaite abroger l'une des principales mesures de la loi Travail qui donne aux accords d'entreprise la primauté sur les accords de branche.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Dans une interview au Quotidien du médecin, Vincent Peillon considère également inutile de "donner des coups de menton", comme le fait selon lui l'ancien Premier ministre, en proposant de supprimer le secteur tarifaire 2 des médecins, où les dépassements d'honoraires sont autorisés.

Défenseur d'une laïcité renforcée, Manuel Valls "souhaite une charte de la laïcité, adossée à la Constitution, rappelant les grands principes. Il y en a déjà une pour l'école. Une belle initiative de Vincent Peillon", a-t-il confié au Parisien. Vincent Peillon qui a marqué sa différence avec Manuel Valls, sur BFMtv, à propos du port du burkini sur les plages et en refusant d'amalgamer les plus ultras de chaque religion avec leur corps religieux : "vous faites alors quelque chose de très dangereux".

Enfin, leurs moyens financiers n'ont rien à voir, avec une différence de 1 à 10. Tout en contrôlant chaque dépense, Manuel Valls a évalué son budget de campagne entre 300 000 et 500 000 euros. Quand Vincent Peillon ne fera qu'avec les 50 000 euros que le Parti Socialiste alloue à chacun des participants à cette primaire dite "de la Belle Alliance Populaire".

Sylvia Pinel, la radicale de gauche

C'est sous le slogan "De l'audace pour la France" que l'ancienne ministre se lance dans cette campagne primaire. Sylvia Pinel a occupé successivement pendant 4 ans, de 2012 à 2016, les portefeuilles de l'artisanat, du commerce et du tourisme puis du logement, de l'égalité des territoires et de la ruralité. Cette très proche du radical Jean-Michel Baylet, candidat lors de la primaire de 2011, lui-même très proche de François Hollande, avait choisi dans un premier temps de se lancer de façon autonome, en se présentant au nom du PRG pour cette élection présidentielle. C'était fin novembre 2016, avant de se raviser quelques jours plus tard, juste après la renonciation de François Hollande. Elle a rallié cette Primaire en tant que parti associé, au nom "du devoir de rassemblement de la gauche".

Programme de Sylvia Pinel distribué à la presse le jour de sa présentation le jeudi 5 janvier 2017
Programme de Sylvia Pinel distribué à la presse le jour de sa présentation le jeudi 5 janvier 2017
© Radio France - Ludovic Piedtenu

Au coeur de la profession de foi de cette Tarn-et-garonnaise de 39 ans, on peut notamment lire "Une République forte pour assurer la sécurité de tous", "Une République généreuse pour assurer la promesse républicaine". Programme classique pour le PRG, plus vieux parti de France.

Et elle est celle qui a le plus clairement défendu la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. Vincent Peillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy ont également promis d'autoriser la PMA.

Notre reporter Thomas Schnonheere avait assisté à la présentation de son programme le jeudi 5 janvier dernier. Voici son reportage :

Le programme de Sylvia Pinel

1 min

Ce jour-là, Sylvia Pinel se félicitait de participer à "ce débat auquel je donne, par ma présence, l'occasion de ne pas être exclusivement masculin".

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias, les écologistes

Tous deux ont en commun de défendre une candidature ouvertement écologiste. François de Rugy, vient de fêter ses 43 ans à Nantes, son fief, sa circonscription de député en Loire-Atlantique. "Écolo", il a quitté Europe Écologie Les Verts parce que jugé trop à gauche. Celui qui refuse d'être qualifié de petit candidat défend dans cette campagne la "croissance verte" et il a épinglé Arnaud Montebourg sur les gaz de schiste : "En 2011, il était contre. Au gouvernement, il était pour. Maintenant, il est de nouveau contre. Ce n'est pas ça qui crée de la crédibilité. Moi j'ai toujours été écologiste, je fais preuve de constance dans mon engagement."

Contre une abstention devenue "massive", il propose le vote obligatoire pour "réintégrer dans la démocratie l'ensemble des Français". En sanctionnant les non-inscrits et les non-votants par une contravention de deuxième classe (35 euros pour une amende forfaitaire, jusqu’à 150 euros en cas de récidive).

François de Rugy était l'invité de France Culture le vendredi 13 janvier 2017.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Le second, très centriste, promoteur d'"une grande alliance digne du Conseil national de la Résistance"est passé par les Verts et le MoDem avant de fonder son parti.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Mercredi 30 novembre, Jean-Luc Bennahmias, Président du Front démocrate, écologique et social et candidat à la primaire de la gauche répondait à Ludovic Piedtenu et Antoine Mercier. "Une primaire, disait-il, c'est fait pour débattre et proposer" mais pour lui, il en est certain, "mon avenir politique est plutôt relativement derrière". Il espère lever une "espérance progressiste".

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

A lire et écouter : La gauche : pour ne pas avoir le choix entre la peste et le choléra (Hashtag)

A lire : Heurs et malheurs du vote PS depuis 1971