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Procès de l’attentat de Nice : 86 morts et l’auteur absent du box des accusés

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Entrée du Palais de justice de l'île de la Cité, à Paris, où se tient ce procès retransmis simultanément dans une salle du palais des congrès Acropolis de Nice.
Entrée du Palais de justice de l'île de la Cité, à Paris, où se tient ce procès retransmis simultanément dans une salle du palais des congrès Acropolis de Nice.
© Radio France - Florence Sturm

Le procès de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 s’est ouvert devant la cour d’assises spéciale de Paris. Mais l’auteur principal des faits est mort, et aucune complicité n'est retenue contre les accusés présents. Comptes-rendus des premières audiences.

Le soir du 14 juillet 2016, un homme seul à bord d’un camion de 19 tonnes fonce sur la foule. 25 000 personnes se sont retrouvées, en famille, sur la promenade des Anglais, pour le traditionnel feu d’artifice. Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un chauffeur-livreur de 31 ans va parcourir 1 847 mètres avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Il aura tué 86 personnes, dont 15 enfants, fait plusieurs centaines de blessés mais ne sera donc pas présent pour répondre de ses actes. L’instruction n’a pas permis de désigner des complices. Les huit accusés renvoyés devant la cour d’assises, sept hommes et une femme, sont jugés pour association de malfaiteurs, trois d’entre eux avec la mention "terroriste", passible de vingt ans de réclusion criminelle. Tout comme le procès des attentats du 13 novembre 2015, celui de Nice se tient dans la grande salle d’audience spécialement construite dans l’enceinte du Palais de justice de l’île de la Cité, filmé pour l’Histoire, retransmis dans la salle de l’Acropole de Nice. Les parties civiles peuvent le suivre également par l’intermédiaire d’une web radio, y compris celles qui vivent à l’étranger.

L’éventail des traumatismes

Pendant deux jours, jeudi 15 et vendredi 16 septembre, psychiatres et psychologues se sont succédés à la barre, en tant qu’experts ou cités comme témoins, la plupart par les avocats des parties civiles. Tous ont décrit le syndrome de stress post-traumatique, ce phénomène de reviviscence de l’événement qui peut s’imposer à tout moment à l’esprit du survivant ou témoin d’une catastrophe, quel que soit son âge, adulte, enfant, bébé. Mais les spécialistes ont également décrit bien d’autres syndromes, moins connus mais tout aussi invalidants.

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Au neuvième jour d'audience

1 min

4 min

La vidéosurveillance projetée à l’audience

4 minutes et 17 secondes : c'est très exactement le temps qu’il aura fallu au terroriste pour tuer 86 personnes cette nuit du 14 juillet 2016 et transformer ainsi la Promenade des Anglais à Nice en véritable cimetière à ciel ouvert. Un carnage entièrement filmé par des caméras de vidéosurveillance. D'où cette question, sans doute l'une des plus sensibles et des plus douloureuses soulevée au procès : le visionnage de ce parcours meurtrier est-il de nature à participer non seulement au processus de reconstruction des victimes, mais aussi à la manifestation de la vérité ? Oui, a finalement tranché le président de la cour d'assises spéciale. Les images ont donc été projetées ce jeudi 15 septembre durant une vingtaine de minutes, dans la grande salle d’audience du palais de justice de Paris mais aussi à l’Acropolis de Nice où s’étaient rassemblées une centaine de parties civiles.

Florence Sturm revient sur cette projection, avec les réactions de Jean-Claude Hubler, président de l'association "Life for Nice", et du survivant Stéphane Erbs, époux endeuillé.

1 min

Au huitième jour d'audience

1 min

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Une rescapée de l'attentat était présente au tribunal ce jeudi. Le camion est passé à quelques mètres d’Isabelle Picard, venue assister au feu d’artifice avec son mari et des amis. Elle viendra témoigner la semaine prochaine à la barre, mais pour elle, il était important de voir ces images de vidéosurveillance.

Isabelle Picard, rescapée : "J'ai tenu absolument à regarder cette vidéo. Je ne le regrette pas. Un retour en arrière était nécessaire également pour une reconstruction future."

53 sec

Le 14 juillet 2016, des policiers se tiennent près du camion qui a foncé dans la foule sur la promenade des Anglais après le feu d'artifice.
Le 14 juillet 2016, des policiers se tiennent près du camion qui a foncé dans la foule sur la promenade des Anglais après le feu d'artifice.
© AFP - Valéry Hache

L’identification des victimes :  "Nous n’avons oublié aucun visage"

Le président de la cour d’assises spéciale de Paris a pris sa décision. Les images de videosurveillance, véritable film du parcours meurtrier du camion qui a tué 86 personnes le soir du feu d’artifice du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice seront projetées en audience publique, comme le demandaient de nombreuses parties civiles par la voix de leurs avocats. Le président Laurent Raviot a pris en compte le fait que le visionnage pouvait "contribuer à leur compréhension de l’évènement, participer au processus de reconstruction". Il a estimé par ailleurs qu’il était de nature à éclairer la cour sur les faits reprochés aux accusés. Ce visionnage se déroulera dans des conditions très encadrées, pour éviter toute captation d’images.

En attendant, la cour s’est arrêtée ce mercredi sur les difficiles constatations médico-légales, l’identification des victimes et la douloureuse question des autopsies.

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"Au septième jour d'audience"

1 min

Le héros et le syndrome crépusculaire

Alexandre Nigues et Franck Terrier. On les présente l'un et l'autre comme des héros de ce 14 juillet 2016 pour avoir, l'un et l'autre, simples citoyens de passage, tenté de stopper la course du camion lancé sur la promenade des Anglais à Nice. Franck Terrier, en jetant son scooter sous les roues du camion, et Alexandre Nigues, en posant son vélo pour tenter d'ouvrir la porte du conducteur. Ils sont aussi les premiers témoins, par ailleurs parties civiles, entendus ce mardi 13 septembre par la cour. Deux hommes avant tout profondément marqués par ce qu'ils ont vécu cette nuit-là.

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"Au sixième jour d'audience"

1 min

Franck Terrier le 19 juillet 2022 à Nice. Surnommé le "héros au scooter" pour avoir tenté de stopper le camion dans sa course folle le 14 juillet 2016.
Franck Terrier le 19 juillet 2022 à Nice. Surnommé le "héros au scooter" pour avoir tenté de stopper le camion dans sa course folle le 14 juillet 2016.
© AFP - Valéry Hache

Faut-il ou non projeter en audience publique les images de vidéo-surveillance ?

Le procès de l’attentat de Nice est entre ce lundi 12 septembre dans sa deuxième semaine d’audience, avec toujours cette question en suspens, qui a déjà fait l’objet de deux débats : faut-il ou non projeter en audience publique les images de vidéo-surveillance qui montrent les quatre minutes 17 du parcours meurtrier ? Le président a prévu de les montrer ce soir, mais en privé, aux avocats et au ministère public, avant de prendre une décision définitive.

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Des images utiles pour caractériser les infractions reprochées aux accusés ?

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© AFP - Simon MALFATTO, Sophie RAMIS, Kun TIAN, Thomas SAINT-CRICQ

Premières constatations et instants d’humanité

Jeudi 9 septembre, un commissaire a donné une première vision globale, apocalyptique, de la scène de crime, ces 1 847 mètres de la promenade des Anglais que les enquêteurs vont diviser en 16 zones distinctes. Le lendemain, vendredi, un autre enquêteur de la police judiciaire de Nice s’est arrêté plus précisément sur la dernière d’entre elles, celle où le camion a stoppé son parcours meurtrier.

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Au cinquième jour d'audience

1 min

"La lumière bleutée des gyrophares et ce silence de mort"

Cet appel de l’État-major à la permanence de la police judiciaire de Marseille fait partie de ceux dont on se souvient toute sa vie, témoigne l’ancien commissaire de la division criminelle de la police judiciaire de Marseille. Il est le premier à venir à la barre ce jeudi présenter les constatations réalisées le soir du drame et à décrire "une scène de guerre".

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Au quatrième jour d'audience

1 min

Nice, un "attentat inspiré par l'État islamique" selon la DGSI

Au troisième jour d’audience, ce mercredi 8 septembre,, la cour a entendu anonymement un policier de la DGSI, la Direction générale de la Sécurité Intérieure. Une intervention importante pour resituer le contexte de cette attaque meurtrière, menée par un individu seul à bord d’un camion qui a foncé sur la foule le soir du feu d’artifice. L’année 2016 est celle où le groupe État islamique essuie ses premiers revers dans la zone irako-syrienne. Et ce recul militaire oblige l’organisation terroriste à revoir la stratégie destinée à perpétrer des attentats.

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Au troisième jour d'audience

1 min

Les premiers mots des accusés

Les accusés ne seront interrogés que bien plus tard, après les dépositions des parties civiles, sur leur personnalité et les faits qui leur sont reprochés. Mais à la demande du président, ils ont pu livrer mardi 7 septembre au soir une première déclaration pour expliquer leur position.

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Les premiers mots des accusés au deuxième jour d'audience

1 min

De gauche à droite, les accusés Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb. Le 5 septembre 2022.
De gauche à droite, les accusés Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb. Le 5 septembre 2022.
© AFP - Benoit PEYRUCQ

Faut-il projeter les images de l’attentat ?

1 940 personnes se sont constituées parties civiles. En ce deuxième jour d’audience, le président de la cour d’assises spéciale de Paris a indiqué que quelque 300 d’entre elles souhaitaient venir déposer à la barre. Ce qui occupera un mois de débats à compter du 21 septembre prochain. D’ici là, la cour va se pencher sur les faits et les différents actes d’enquête. Et déjà, un débat s’est engagé sur l’opportunité ou non de diffuser les images de vidéosurveillance de la ville de Nice qui montrent le parcours meurtrier du camion, ces quatre minutes 17 pendant lesquels le 19 tonnes a fait 86 morts et plus de 300 blessés.

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Au deuxième jour d'audience, débat sur le visionnage des images de l’attentat

1 min

Une première journée d’audience cantonnée à l’interrogatoire d’identité des accusés et à l’actualisation des constitutions de partie civile

Ce lundi 5 septembre 2022, le procès de l'attentat de Nice s'est ouvert devant la cour d'assises spécialement constituée, au Palais de justice de l'île de la Cité. L'auteur des faits, abattu par la police n'est pas dans le box des accusés, 7 présents, poursuivis non pour complicité mais pour association de malfaiteurs, avec la mention terroriste pour trois d'entre eux.

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Au premier jour d'audience

1 min

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© AFP - Emmanuelle MICHEL, Delphine LECLERCQ

Avec la collaboration de Caroline Bennetot et d'Éric Chaverou

4 min
À réécouter : Un procès et après ?
58 min