Procès de l'attentat de Nice : un absent et huit accusés

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Procès de l'attentat de Nice : un absent et huit accusés

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Au lendemain de l'attentat, le camion frigorifique de 19 tonnes utilisé par Mohamed Lahouaiej Bouhlel.
Au lendemain de l'attentat, le camion frigorifique de 19 tonnes utilisé par Mohamed Lahouaiej Bouhlel.
© Getty - Patrick Aventurier

Après l'audition des parties civiles, la cour examine la personnalité et les charges qui pèsent sur chacun des huit accusés. À commencer par étudier en détail le parcours de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, abattu par la police, pour comprendre ce qui a motivé son acte terroriste.

Le soir du 14 juillet 2016, un homme seul à bord d’un camion de 19 tonnes fonce sur la foule. 25 000 personnes se sont retrouvées, en famille, sur la promenade des Anglais, pour le traditionnel feu d’artifice. Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un chauffeur-livreur de 31 ans va parcourir 1 847 mètres avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Il aura tué 86 personnes, dont 15 enfants, fait plusieurs centaines de blessés, mais ne sera donc pas présent pour répondre de ses actes. L’instruction n’a pas permis de désigner des complices. Les huit accusés renvoyés devant la cour d’assises, sept hommes et une femme, sont jugés pour association de malfaiteurs, trois d’entre eux avec la mention "terroriste", passible de vingt ans de réclusion criminelle. Tout comme le procès des attentats du 13 novembre 2015, celui de Nice se tient dans la grande salle d’audience spécialement construite dans l’enceinte du Palais de justice de l’île de la Cité, filmé pour l’Histoire, retransmis dans la salle de l’Acropole de Nice. Les parties civiles peuvent le suivre également par l’intermédiaire d’une web radio, y compris celles qui vivent à l’étranger.

Notre journaliste chroniqueuse judiciaire Florence Sturm suit de bout en bout ce procès. Après ses comptes-rendus des  premières audiences, puis sur les témoignages des parties civiles, voici les échos de ce qui concerne Mohamed Lahouaiej Bouhlel.

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Deux groupes parmi les accusés

L’interrogatoire des accusés s’est achevé ce mardi 22 novembre autour d’une dernière série de questions posées à l’un des accusés, Chokri Chafroud, autour de plusieurs messages troublants, via Facebook, évoquant des actions menées par des camions, plusieurs mois avant l’attentat. Messages que l’intéressé présente comme de simples boutades. Lui comme les autres accusés ont tous assuré n’avoir aucune connaissance du projet terroriste.

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Au quarante-huitième jour d'audience

1 min

Endri Elezi, dernier des accusés présents

Endri Elezi, un Albanais de 30 ans, apparaît comme un autre maillon de la chaîne qui a récupéré et fourni les armes à Ramzi Arefa, l’homme qui a revendu un pistolet à l’auteur de l’attentat, Mohamed Lahouaiej Boulhel. L’accusé comparaissait libre ce lundi 21 novembre, visiblement très secoué d’être associé à un acte de terrorisme.

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Au quarante-septième jour d'audience

1 min

Enkeledja Zace, seule femme parmi les accusés

Elle est la seule femme poursuivie dans cette affaire, pour association de malfaiteurs, parmi ceux que les enquêteurs désignent comme le groupe des Albanais. Elle a passé dix-huit mois en détention mais comparaît libre au contraire de son ancien compagnon, Artan Henaj, qui reconnaît avoir vendu le pistolet retrouvé dans la cabine du camion du terroriste le soir de l’attentat sur la promenade des Anglais. Elle nie farouchement avoir été au courant de quoi que ce soit.

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Au quarante-sixième jour d'audience

1 min

Artan Henaj, trafiquant d’armes et de stupéfiants

Il apparaît comme le maillon le plus important du groupe des Albanais, revendeur de cannabis, de cocaïne et plus occasionnellement, d’armes à feu, en l’occurrence ce pistolet qui a atterri entre les mains de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Ce jeudi 17 novembre, la cour a examiné la personnalité d’Artan Henaj, alias Giovanni, qui comparaît détenu, avant de l’interroger sur le fond du dossier.

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Au quarante-cinquième jour d'audience

1 min

Le groupe des Albanais

Après avoir interrogé les trois principaux accusés, poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste et qui risquent entre 20 ans de réclusion et la perpétuité, la cour d’assises s’attache désormais aux accusés poursuivis pour une "simple" association de malfaiteurs pour avoir fourni le pistolet retrouvé dans la cabine du camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Récit de ce mercredi 16 novembre.

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Au quarante-quatrième jour d'audience

1 min

Palais de justice de Paris
Palais de justice de Paris
© Radio France - Stéphanie Berlu

Ramzi Arefa : "Je ne me suis posé aucune question"

Son nom apparaît en tête du dernier message de l’auteur de l’attentat, déjà évoqué à de nombreuses reprises car il a permis très vite d’identifier plusieurs des accusés renvoyés devant la cour : "Salut Ramzi, je suis passé tout à l’heure (…) je t’ai pas trouvé. Je voulais te dire que le pistolet que tu m’as donné hier c’est très bien, alors on ramène 5 de chez ton copain (…) c’est pour Chokri et ses amis." Et après avoir examiné sa personnalité, la cour a procédé ce mardi 15 novembre à son interrogatoire sur les faits.

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Au quarante-troisième jour d'audience

1 min

Ramzi Arefa : "J'étais un petit con mais pas un terroriste"

Il est celui des accusés qui encourt la peine la plus lourde : la réclusion criminelle à perpétuité. Car il était en état de récidive légale lorsqu’il a été interpellé pour avoir vendu une arme à Mohamed Lahouaiej Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice. Il le reconnaît, tout en niant avoir eu connaissance du projet terroriste. Au premier jour de l’examen de sa personnalité, ce lundi 14 novembre, Ramzi Arefa est apparu comme un ancien délinquant de droit commun, soucieux de racheter les erreurs du passé.

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Au quarante-deuxième jour d'audience

1 min

De gauche à droite, Artan Henaj, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa.
De gauche à droite, Artan Henaj, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa.
© AFP - Benoit Peyrucq

Interrogatoire de Chokri Chafroud

Les enquêteurs sont rapidement remontés à lui grâce à un message, le dernier enregistré sur le portable du terroriste, retrouvé dans la cabine du camion et faisant référence à une commande de cinq pistolets "pour Chokri et ses amis". Message que Chokri Chafroud dit ne pas comprendre. Il était à la barre ce jeudi 10 novembre 2022, accusé d'association de malfaiteurs terroriste.

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Au quarante-et-unième jour d'audience

1 min

L’opération papier

Trois enquêteurs de la SDAT, la sous-direction antiterroriste, ont déposé par visioconférence anonyme ce mercredi 9 novembre, tous cités par la défense de Chokri Chafroud. Et ils ont détaillé les investigations menées notamment autour du dernier message retrouvé sur le téléphone de l’auteur de l’attentat : "Salut Ramzi (…) le pistolet que tu m’as donné, c’est très bien. Alors, on en ramène cinq de chez ton copain. C’est pour Chokri et ses amis". Message que les enquêteurs ont recoupé avec une liste de numéros de téléphone figurant dans le portable de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

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Au quarantième jour d’audience

1 min

Chokri Chafroud, "mentor influent" ou "bouc émissaire" ?

Tout comme Mohamed Ghraieb, il encourt vingt ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste. La cour s’intéresse cette semaine à Chokri Chafroud, Tunisien de 43 ans, un autre proche de l’auteur de l’attentat. À commencer par sa personnalité, qui est apparue ce mardi 8 novembre assez éloignée du "mentor influent" dessiné par l’accusation.

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Au trente-neuvième jour d'audience

1 min

Mohamed Ghraieb : "Je n’ai rien à voir avec ça, je n’ai rien vu venir"

Après deux journées consacrées à l’examen de la personnalité de Mohamed Ghraieb et à ses liens avec Mohamed Lahouaiej Bouhel, la cour a terminé ce vendredi 4 novembre par un interrogatoire sur le fond. Et les réponses de l’accusé sont restées cantonnées sur le même mode, entre flou et contradictions, y compris sur des détails très anodins.

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Au trente-huitième jour d'audience

1 min

De gauche à droite à la cour, le 5 septembre 2022, Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb.
De gauche à droite à la cour, le 5 septembre 2022, Enkeledja Zace, Artan Henaj, Maksim Celaj, Chokri Chafroud, Endri Elezi, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb.
© AFP - Benoit Peyrucq

Cinq heures à la barre pour l’épouse de Mohamed Ghraieb

Au lendemain de l’examen de personnalité de Mohamed Ghraieb, la cour a entendu ce jeudi 3 novembre son épouse, citée par l’accusation. 54 ans, de nationalité finlandaise, elle a fait le choix de le rejoindre en France après leur rencontre en 2005. Elle est protestante, lui musulman, mais pas pratiquant, précise-t-elle. Mais ses réponses souvent très floues n’ont pas permis d’éclairer les débats sur le comportement de l’accusé, ni sur ses relations avec l’auteur de l’attentat.

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Au trente-septième jour d'audience

1 min

Mohamed Ghraieb et ses réponses évasives

Après une semaine consacrée à tenter de cerner les motivations de l’auteur de l’attentat, la cour a commencé ce mercredi 2 novembre à interroger les sept accusés présents, en commençant par Mohamed Ghraieb. Ce proche de Mohamed Lahouaiej Bouhlel avec qui il a échangé de nombreux messages et coups de téléphones les jours précédant l’attentat comparaît libre, poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste. À la barre, ses réponses sibyllines et évasives n’ont pas aidé à comprendre sa personnalité.

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Au trente-sixième jour d'audience

1 min

Double vie, double visage

Deux Niçoises qui ont connu Mohamed Lahouaiej Bouhlel ont témoigné à leur tour ce vendredi 28 octobre, dont l’une qui a entretenu une liaison de plusieurs mois avec l’auteur de l’attentat. Et l’homme qu’elles dépeignent apparaît bien différent de l’individu ultra-violent décrit par son entourage familial.

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Au trente-cinquième jour d'audience

1 min

Roger Battesti : "J'étais un peu son mentor"

Il est sans doute celui qui a le mieux connu Mohamed Lahouaiej Bouhlel à Nice. Roger Battesti est resté durant plus de deux heures à la barre ce jeudi 27 octobre, cité comme témoin par l’accusation. Très loin de se douter, pour sa part, qu’il allait commettre cet attentat, il a livré l’image d’un homme calme et gentil mais néanmoins influençable, un portrait empreint d’ambiguïtés.

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"Je suis tombé de très haut. Mais je n’ai rien, rien senti."

1 min

L'édifiante audition d'un policier niçois

La cour d’assises spéciale de Paris explore depuis le début de cette semaine le parcours et la personnalité du terroriste, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un homme dépeint par ses proches comme particulièrement violent et intolérant à toute frustration.

Et ce jeudi 27 octobre au matin, elle a procédé à l’audition d’un témoin cité par la défense de l’un des huit accusés présents, défense qui s’interroge sur la supposée radicalisation du tueur. En l’occurrence, un policier niçois qui a entendu Mohamed Lahouaiej Bouhlel le 20 juin 2016, deux mois à peine avant les faits, à la suite d’une plainte de sa femme pour violences conjugales.

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Au trente-quatrième jour d'audience

1 min

Un adolescent brutal, intolérant aux frustrations

Ce mercredi 26 octobre, la cour a entendu plusieurs membres de la famille de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, dont ses parents qui avaient fait le déplacement depuis la Tunisie, que l’auteur de l’attentat a quittée pour la France à l’âge de 21 ans et où une partie de la famille réside toujours.

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Au trente-troisième jour d'audience

1 min

L’enquête antiterroriste sur l’auteur de l’attentat

L’action judiciaire s’est éteinte à l’encontre de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, dès lors qu’il a trouvé la mort, abattu par les forces de l’ordre, au volant de son camion et au terme d’un parcours meurtrier de 4 minutes 17. La cour d’assises va néanmoins se pencher en détail sur la personnalité et le parcours du terroriste, pour tenter de comprendre ses motivations et les liens qui pouvaient l’unir aux accusés présents dans le box. Ce mardi 25 octobre, les policiers de l’antiterrorisme chargés de l’enquête ont été les premiers à intervenir, ainsi qu’un témoin cité par l’accusation.

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Au trente-deuxième jour d'audience

1 min

Avec la collaboration de Caroline Bennetot, Fiona Moghaddam et Éric Chaverou