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Procès des attentats de 2015 : un exercice inédit pour les plaidoiries des parties civiles

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À l'entrée de la cour d'assises spéciale de Paris, au Palais de Justice historique, sur l'île de la Cité. En septembre 2021.
À l'entrée de la cour d'assises spéciale de Paris, au Palais de Justice historique, sur l'île de la Cité. En septembre 2021.
© AFP - Marie Magnin / Hans Lucas

Les plaidoiries des parties civiles vont s’étaler sur neuf journées entières, certains des avocats plaidant individuellement de manière classique, quand d’autres ont imaginé une organisation thématique.

Après 125 jours d’audience pour le procès des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts au Bataclan, au stade de France et sur les terrasses parisiennes, l’heure est désormais aux plaidoiries des parties civiles. Elles sont plus de 2 500 et les avocats qui les représentent 327 dans ce procès hors norme. Et les chiffres contiennent à eux seuls tout l’enjeu de l’exercice à venir, pour lequel plusieurs avocats ont créé un groupe pénal et lancé un travail de coordination. Une centaine d’entre eux a renoncé à plaider de manière individuelle - et classique - avec l’accord de leurs clients et de laisser d’autres porter la parole à la place, sur plusieurs thématiques transversales, où chacune des victimes serait susceptible de se retrouver.

Notre journaliste chroniqueuse judiciaire Florence Sturm suit de bout en bout cette audience criminelle, la plus grande jamais organisée en France. En voici le détail, jour après jour. Après déjà les enquêteurs et les experts, venus livrer leurs rapports et leurs constatations mais aussi "leur sidération" à la barre, et l'ouverture de ces débats, notamment marquée par plusieurs provocations de Salah Abdeslam.

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Au dernier jour de plaidoiries des parties civiles

Les dernières plaidoiries de parties civiles ont livré leur lot de "pourquoi" ce mardi 7 juin, à la veille du réquisitoire du PNAT, le parquet national anti-terroriste. Toutes les questions que se posaient les victimes et leurs proches en pénétrant dans la salle d’audience n’auront pas trouvé leur réponse au cours de ces neuf mois de procès. Leurs avocats ont donc aussi plaidé le sens du verdict à venir.

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Au cent trente-quatrième jour d'audience

1 min

"Une demi-vie qui a débuté le 13 novembre"

La grande salle de la cour d’assises de Paris s’est un peu vidée le 3 juin 2022, au huitième jour de plaidoiries des parties civiles. Plaidoiries individuelles dont l’une a ramené l’audience au Stade de France, où trois terroristes ont déclenché leur ceinture d’explosif le soir du 13 novembre, alors que le match France-Allemagne venait de débuter.

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Au cent trente-troisième jour d'audience

1 min

Ceux qui ne sont pas venus

Au cours de ce procès, plus de six semaines ont été consacrées aux auditions des victimes et de leurs proches. "Écouter, c’est le début de la consolation" a souligné un avocat. Mais plus nombreux encore sont ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu venir assister aux audiences.

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Au cent trente-deuxième jour d'audience

1 min

Des orphelins aux "intranquilles"

Les plaidoiries collectives portées par un grand nombre d’avocats de parties civiles ont cédé la place ce mercredi 1er juin aux interventions individuelles, plus classiques dans un procès d’assises. Les avocats portant cette fois à la barre la voix et l’histoire de leurs clients, victimes ou proches de victimes. Autant de souffrances personnelles dévoilées et de questions posées.

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Au cent-trente-et-unième jour d'audience

1 min

Des absents et des moments d’humanité

Ces cinq journées entières de plaidoiries coordonnées se sont achevées mardi 31 mai sur ceux qui ont pu apparaître comme des oubliés, parmi les centaines de victimes et proches de victimes : les victimes étrangères mais aussi les intervenants, forces de l’ordre, pompiers, soignants dont les représentants ont souligné les traumatismes et les absents, ceux qui n’ont pas franchi les portes de la salle d’audience.

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Au cent trentième jour d'audience

1 min

Les enfants victimes du terrorisme

Des prénoms, beaucoup de prénoms, cités à la barre. Celui de Milan, 10 ans, présent le 13 novembre au Bataclan et qui dit à son père : "Papa, je crois que j’ai marché sur des corps." Celui de Sami, 13 ans, dont la mère a été assassinée par les terroristes à la Belle Équipe et "qui ne veut pas devenir uniquement une victime" ou celui de Melvil, le tout petit garçon qu’Antoine Leiris va devoir continuer à élever seul, tout en proclamant : "Vous n’aurez pas ma haine". Les attentats du 13 novembre ont laissé 69 enfants orphelins, mais la réalité des traumatismes engendrés par le terrorisme va bien au-delà, explorée dans tous ses aspects par Helena Christidis.

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Deux syllabes. Deux syllabes que 69 enfants ne prononceront plus. 47 ne diront plus jamais papa, 20 plus jamais maman. Et deux plus jamais maman ni papa.

1 min

Plaque en hommage aux victimes du Bataclan, dans le 11e arrondissement, photographiée en 2017.
Plaque en hommage aux victimes du Bataclan, dans le 11e arrondissement, photographiée en 2017.
© Maxppp - Aurélien Morissard / IP3

Vertiges de l'amour

La mémoire, le goût du plaisir, la liberté de créer, celle de haïr ou de ne pas haïr : les thématiques de ce lundi 30 mai s’apparentaient parfois à une dissertation de philosophie. Mais certains des avocats ont su transformer l’exercice en restant dans leur rôle de parties civiles, en revenant au cœur du procès, en portant la parole de leurs clients tout en ouvrant un questionnement vis-à-vis des accusés. Avec beaucoup d’émotion quand il s’est agi de parler des enfants, mais aussi d’évoquer l’amour comme l’a fait Frédérique Giffard.

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Au cent vingt-neuvième jour d'audience

1 min

Les victimes face à la blessure

Au troisième jour de plaidoiries des parties civiles, les avocats ont choisi de se pencher sur une nouvelle thématique : les victimes face à la blessure. 2 579 personnes se sont constituées parties civiles à l’audience. Il y a aussi toutes celles qui sont restées dans l’ombre. Autant de victimes, de parcours individuels et autant de blessures. La blessure que les avocats ont choisi d’explorer sous ses différents aspects, physiques, psychiques, mais aussi juridiques.

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Au cent vingt-huitième jour d'audience

1 min

Les lieux des crimes

Durant une journée entière ce mardi 24 mai, les avocats et les victimes qu’ils représentent ont voulu s’attarder sur les lieux visés par les attentats : le Stade de France, les terrasses parisiennes et le Bataclan. Et la quinzaine de plaidoiries s’est attaché à "donner un sens à ces lieux" pour reprendre la formule de Me Didier Seban.

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Au cent vingt-septième jour d’audience

1 min

"130 fois à bout portant, 130 fois ce face-à-face mortel"

La première séquence de plaidoiries "collectives" lundi 23 mai 2022 a débuté par un regard d’ensemble sur le procès et les attentats, entre la question du mal, de l’endoctrinement mais aussi un regard sur les responsabilités, y compris celle de l’Etat français.

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Au cent vingt-sixième jour d’audience

1 min

Retrouvez notre dossier : Au cœur du procès des attentats du 13 novembre 2015

Avec la collaboration d'Éric Chaverou, de Caroline Bennetot, d'Annie Brault, de Brice Garcia et de Stanislas Vasak