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Procès des attentats du 13 novembre 2015 : les parcours et le contexte syriens

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Osama Krayem, accusé suédois de 29 ans, a déjà expliqué à la cour que la guerre en zone irako-syrienne avait "durci" son "coeur". Croquis du 4 novembre 2021.
Osama Krayem, accusé suédois de 29 ans, a déjà expliqué à la cour que la guerre en zone irako-syrienne avait "durci" son "coeur". Croquis du 4 novembre 2021.
© AFP - Benoit Peyrucq

En novembre dernier, la cour d’assises s'était penchée sur le contexte syrien : celui de 2015, mais également les parcours syriens de plusieurs des accusés. Durant deux jours en ce début mai, elle s'intéressera au phénomène djihadiste plus global, avec divers témoins, cités par les parties civiles.

Ils sont quatre dans le box du procès des attentats du 13 novembre 2015 à avoir rejoint les rangs du groupe État islamique. Notamment le Suédois Osama Krayem, tenu pour responsable de violentes exactions en Syrie et soupçonné d’être revenu en Europe pour y commettre des attentats, en France mais aussi en Belgique. Plusieurs experts de la question du terrorisme islamiste viendront à la barre pour présenter ces éléments de contexte. Des spécialistes de la DGSI, mais aussi des enquêteurs belges et autrichiens s’attacheront aux parcours des terroristes qui ont trouvé la mort en perpétrant les attentats du 13 novembre, ceux des accusés jugés par défaut et des présents dans le box, dont l’examen de personnalité n'avait livré qu’une vision parcellaire, excluant l’aspect religieux. Des témoins, cités par les parties civiles, viendront aussi pour évoquer le phénomène djihadiste plus global.

Notre journaliste chroniqueuse judiciaire Florence Sturm suit de bout en bout cette audience criminelle, la plus grande jamais organisée en France. En voici le détail, jour après jour. Après déjà un gros plan sur les 14 accusés présents dans le box, les témoignages des victimes et de leurs proches, les enquêteurs et les experts, venus livrer leurs rapports et leurs constatations mais aussi "leur sidération" à la barre, et l'ouverture de ces débats.

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Nicolas Hénin, ancien otage du groupe Etat islamique

Il a passé dix mois de captivité en Syrie aux mains du groupe Etat islamique, aux côtés de trois autres journalistes français, Edouard Elias, Pierre Torrès et Didier François. Nicolas Hénin, désormais investi dans la lutte contre le terrorisme et la radicalisation est venu à la barre témoigner de ce qu’il a vécu, lui et les 23 autres otages, 19 hommes et 5 femmes capturés par l’organisation terroriste entre novembre 2012 et décembre 2013. 

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Nicolas Hénin : "c’était important pour moi de témoigner"

1 min

Marc Trévidic, l'ancien juge anti-terroriste à la barre des témoins

Il reste l’un des juges anti-terroristes les plus connus en France, même s’il a quitté ses fonctions au pôle spécialisé de Paris à l’été 2015. Marc Trévidic, désormais en poste à la cour d’appel de Versailles, s’est présenté aujourd’hui à la barre des témoins au procès des attentats de novembre 2015 à la cour d’assises spéciale de Paris. Marc Trévidic était cité par les avocats des parties civiles. Durant près de trois heures, il a livré son analyse d’un contexte qu’il a vu évoluer au cours des 15 années précédant les attentats du Bataclan, du Stade de France, des terrasses parisiennes et de ce terrible bilan de 130 morts.

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Au cent dix-huitième jour d'audience

1 min

Un universitaire chahuté par la défense

Après les interrogatoires des accusés sur le fond, dont vous pouvez retrouver le détail par ailleurs, le procès va entrer dans une nouvelle phase à compter de ce mois de mai. D’autres victimes et familles de victimes vont venir témoigner à la barre. Mais avant elles, les avocats des parties civiles ont fait citer d’autres témoins pour éclairer encore le contexte et le phénomène djihadiste, notamment l’universitaire Bernard Rougier qui s’est retrouvé vivement chahuté par la défense.

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Au cent-dix-septième jour d'audience

1 min

Salah Abdeslam à l’origine de la radicalisation de son frère Brahim, selon Ali Oulkadi

Il est l’un des trois accusés à comparaître libre, sous contrôle judiciaire à l’audience. Ali Oulkadi, 37 ans, est soupçonné d’avoir aidé Salah Abdeslam à se cacher à son retour à Bruxelles, au lendemain des attentats du 13 novembre. Il a toujours nié avoir eu connaissance des projets terroristes de la cellule et selon ses déclarations aux enquêteurs belges qui les ont répétées à la barre, c’est Salah Abdeslam qui a influencé son frère, et non l’inverse.

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Au cinquante-sixième jour d'audience

1 min

Sur Salah Abdeslam, une déposition expéditive et parcellaire

Ce mardi 7 décembre, la déposition de l’enquêteur belge censé retracer le parcours de Salah Abdeslam aura duré à peine trois quarts d’heure. Bien trop rapide et elliptique pour comprendre la radicalisation du principal accusé qui ne s’est jamais rendu en Syrie, contrairement aux autres membres des commandos des attentats du 13 novembre. En revanche, la police avait été informée, début 2015, de ses velléités de départ.

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Au cinquante-cinquième jour d'audience

1 min

Les avocats de Yassine Atar dénoncent les "hypothèses" de l’enquête belge

Ce vendredi 3 décembre 2021, Yassine Atar est présent dans le box des accusés, soupçonné d’avoir détenu la clé d’un appartement qui aurait abrité Salah Abdeslam durant sa cavale. Pas plus que les autres accusés, il n’a eu la parole lors de la déposition de l’enquêtrice belge chargé de retracer son parcours. Ses avocats, en revanche, se sont efforcés de contrecarrer le portrait dressé par le témoin.

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Au cinquante-quatrième jour d'audience

1 min

Petit frère d’Oussama Atar, l’un des cadres de Daech à l'époque, Yassine Atar est soupçonné d’avoir détenu une clé de la planque bruxelloise où s’est réfugié Salah Abdeslam après les attentats. Yassine Atar à la barre ici le 2 novembre 2021.
Petit frère d’Oussama Atar, l’un des cadres de Daech à l'époque, Yassine Atar est soupçonné d’avoir détenu une clé de la planque bruxelloise où s’est réfugié Salah Abdeslam après les attentats. Yassine Atar à la barre ici le 2 novembre 2021.
© AFP - Benoit Peyrucq

Oussama Atar, le commanditaire présumé mort en Syrie

Le policier belge matricule 447 761 902 s’est arrêté ce jeudi 2 décembre 2021 sur le parcours d’Oussama Atar, présumé mort en Syrie en 2017, considéré comme le commanditaire des actions terroristes. Son petit frère, Yassine Atar, est quant à lui assis dans le box des accusés, soupçonné d’avoir détenu une clé de la planque bruxelloise où s’était réfugié Salah Abdeslam. Et plusieurs questions restent encore sans réponse à l’issue de cette audience marquée par une offensive conjointe de l’accusation, des parties civiles et de la défense.

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Au cinquante-troisième jour d'audience

1 min

De la Syrie à la Belgique : Omar Darif, le troisième homme

Le Suédois Osama Krayem, également impliqué dans les attentats de Bruxelles de mars 2016 et le Tunisien Sofien Ayari ont quitté la Syrie pour rentrer en Europe en septembre 2015. Mais si tous deux figurent sur le banc des accusés, leur compagnon de route, Omar Darif, lui, est jugé par défaut, considéré comme l’artificier des attentats de Paris. L’enquêteur belge entendu ce mercredi a livré en creux quelques éléments qui donnent une première indication sur le rôle qu’il a pu jouer.

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Au cinquante-deuxième jour d'audience

1 min

Le brumeux voyage en Angleterre de Mohamed Abrini

Cinq accusés, parmi lesquels Salah Abdeslam, refusent toujours de comparaître à l’audience, alors que se poursuivent les auditions des enquêteurs belges. Ce mardi 30 novembre, le matricule 441.157.616 a retracé pour sa part le parcours de Mohamed Abrini, considéré comme l'un des logisticiens du commando. Mohamed Abrini, surnommé l'homme au chapeau, était présent à l'aéroport de Bruxelles Zaventem lors des attentats de Bruxelles en mars 2016.

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Au cinquante-et-unième jour d'audience

1 min

Mohamed Abrini au procès des attentats de novembre 2015, le 2 novembre 2021.
Mohamed Abrini au procès des attentats de novembre 2015, le 2 novembre 2021.
© AFP - Benoit Peyrucq

La police belge sur la sellette

Tout comme la veille, cinq accusés, parmi lesquels toujours Salah Abdeslam, ont refusé ce vendredi 26 novembre de comparaître à l’audience pour protester contre le fait que les enquêteurs belges soient entendus par visioconférence et sous couvert de l’anonymat.

Une journée d’audition consacrée en grande partie aux investigations menées par la police belge concernant son frère, Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser au Comptoir Voltaire le 13 novembre 2015. Et une fois passé son exposé, l’enquêteur en question a dû faire face à de nombreux questionnements et critiques. À la fois des avocats des parties civiles et de la défense.

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Au cinquantième jour d'audience

1 min

Opération de la police belge à Molenbeek le 16 novembre 2015 sur les traces des terroristes à l'origine des attentats en France.
Opération de la police belge à Molenbeek le 16 novembre 2015 sur les traces des terroristes à l'origine des attentats en France.
© Maxppp - Arnaud Journois

Le refus de comparaître de quatre accusés

L’absence des enquêteurs belges à la barre des témoins avait déjà fait l’objet de deux débats en chambre du conseil, hors audience publique, depuis le début du procès. Le procureur fédéral de Belgique expliquant que les policiers ne pouvaient déposer que par le biais d’une visioconférence et de manière anonyme, le président de la cour d’Assises, Jean-Louis Périès en a finalement acté le principe, en dépit des protestations des avocats de la défense. Ces derniers ont notamment fait valoir qu’un enquêteur autrichien est venu en personne pendant cinq longues heures mercredi détailler l’interpellation et les auditions de deux des accusés, Muhammad Usman et Adel Haddadi, censés rejoindre la France depuis la Syrie mais arrêtés en Autriche en décembre 2015.

Deux semaines sont prévues jusqu’au 9 décembre pour la déposition à distance de ces policiers belges dont on ne connaîtra donc que le numéro matricule et quatre des accusés, parmi lesquels Salah Abdeslam ont refusé, en signe de protestation, de comparaître à l’audience de ce jeudi 25 novembre.

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Au quarante-neuvième jour d'audience

1 min

Le parcours des deux accusés compagnons de route des kamikazes du Stade de France

Ils ont quitté la Syrie en même temps que les deux Irakiens qui se sont fait sauter à l’extérieur du Stade de France le 13 novembre 2015, se mêlant au flot des migrants. Mais la route de Adel Haddadi et Muhammad Usman s’est arrêtée en Autriche où ils ont été interpellés le 10 décembre 2015. Ce mardi 23 novembre, deux enquêteurs de la DGSI se sont attachés à retracer le parcours des deux hommes, assis dans le box des accusés.

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Au quarante-septième jour d'audience

1 min

Samy Amimour et Ismaël Mostefaï : l’autodidacte et le religieux fondamentaliste

Ce vendredi 19 novembre, les enquêteurs de la DGSI ont décrypté à la barre, toujours à travers des dépositions anonymisées, les parcours des trois terroristes du commando du Bataclan, dont deux affichent des personnalités contrastées. Les proches de Samy Amimour, âgé de 28 ans en 2015 et qui travailla comme chauffeur de bus après un bac littéraire, le décrivent comme un adolescent introverti et renfermé, toujours sur Internet. "Un radicalisé 2.0" pour l’enquêteur 209 S I, "admirateur de Ben Laden, suiveur déterminé qui revendique le droit au djihad défensif". La religion, en revanche, occupe une place très importante dans la famille d’Ismaël Mostefaï, connu de la DGSI dès 2009 pour son appartenance à la tendance salafiste de Chartes.

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Au quarante-sixième jour d'audience

1 min

Plusieurs enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont entendus à ce procès historique.
Plusieurs enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont entendus à ce procès historique.
© AFP - Stéphane de Sakutin

Osama Krayem, membre supposé d’un bataillon de forces spéciales en Syrie

Les enquêteurs de la DGSI, témoins "anonymisés" - ils déposent en vidéo floutée- ont détaillé ce jeudi 18 novembre les deux principales structures créées par le groupe État islamique en Syrie pour préparer et réaliser ses attentats. La "Copex", cellule des opérations extérieures, était organisée en bureaux régionaux, par compétence géographique. Elle comptait dans ses rangs plusieurs djihadistes européens, parmi lesquels Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le coordinateur des attentats du 13 novembre. La "Copex" faisait partie intégrante d’une autre structure spécifique, la Liwa As Saddiq, bataillon des forces spéciales et pivot des attaques projetées notamment en Europe. Cette présentation a également permis d’éclairer le parcours de plusieurs des terroristes et notamment d’opérer un focus sur l’un des accusés présents dans le box, le Suédois Osama Krayem, plutôt taiseux lors de son interrogatoire de personnalité.

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Au quarante-cinquième jour d'audience

1 min

François Molins à la barre, "exercice inédit pour un procureur"

Ce mercredi 17 novembre, plusieurs parties civiles avaient également fait citer comme témoin François Molins, aujourd’hui procureur général près la Cour de cassation. Il était procureur de la République de Paris de 2011 à 2018, avant la création du PNAT, le parquet national antiterroriste.

Il a témoigné d'un débit plus rapide que celui auquel il avait habitué le public lors de ses conférences de presse mais ton assuré pour souligner la qualité de l’entente avec ses collègues belges en dépit des "déclarations polémiques d’un certain nombre d’hommes politiques". De reconnaître par ailleurs les nombreux dysfonctionnements et difficultés qui ont marqué les victimes, notamment les erreurs d’identification.

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Francois Molins : "Je suis rentré trois fois dans le Bataclan, c’était l’horreur, dantesque".

1 min

Je n’oublierai jamais le corps d’une femme, la tête posée sur un sac à main et ce téléphone qui n’arrêtait pas de sonner. Je n’arrivais pas à y croire.

L'ex procureur François Molins a témoigné aujourd'hui au procès des attentats du 13 novembre 2015.
L'ex procureur François Molins a témoigné aujourd'hui au procès des attentats du 13 novembre 2015.
© AFP - Thomas Coex

Abdelhamid Abaaoud dans "les radars" de la DGSE depuis 2013

Plusieurs avocats de la défense s’étaient opposés à la venue des chercheurs à la barre du tribunal, expliquant en substance que leurs dépositions n’apporteraient rien au dossier ni aux faits reprochés aux accusés mais livreraient au contraire un prisme biaisé au milieu d’une recherche française partagée entre deux approches : l’islamisation de la radicalité et la radicalisation de l’islam. La cour a néanmoins maintenu les auditions prévues, à commencer par celle ce mardi 16 novembre 2021 de Hugo Micheron, chercheur à l’Université de Princeton et enseignant à Sciences Po, qui a exposé son approche de terrain pour mieux comprendre le djihadisme. Une longue audition de six heures suivie par celle de Bernard Bajolet, l’ancien directeur de la DGSE, la direction générale des services extérieurs.

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Au quarante-troisième jour d'audience

1 min

François Hollande à la barre : quatre heures d’audition, dont une grande partie autour de la question des frappes en Syrie

"On nous a fait la guerre, nous avons répondu" : entendu comme témoin ce mercredi 10 novembre 2021, l'ancien président de la République a justifié sa politique étrangère au Moyen-Orient et répondu aux polémiques. C'est l'association "Life for Paris" qui l'avait fait citer à la barre.  Le groupe État islamique "nous a frappés non pas pour nos modes d'action à l'étranger, mais pour nos modes de vie ici-même" a également souligné encore François Hollande, pour qui "la démocratie sera toujours plus forte que la barbarie".

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François Hollande a dit et répété à la barre que la France était intervenue en Syrie pour bombarder non pas des populations civiles mais "des camps d'entraînement où nous savions que des individus se préparaient à nous attaquer".

1 min

Le président français François Hollande arrive au palais de justice de Paris, France, le 10 novembre 2021.
Le président français François Hollande arrive au palais de justice de Paris, France, le 10 novembre 2021.
© Maxppp - Yoan Valat

2015, une propagande terroriste à son apogée et une structure dédiée à la planification des attentats

Ce mardi 9 novembre, cette première journée de présentation du contexte syrien et de la menace djihadiste en France s’est concentrée sur la déposition détaillée de deux commissaires de la DGSI, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, entre les origines de la naissance du groupe État islamique et 2015, année noire pour la France, des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher à ceux du 13 novembre.

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Au quarante et unième jour d'audience

2 min

Avec la collaboration d'Éric Chaverou, de Caroline Bennetot, d'Annie Brault, de Brice Garcia et de Stanislas Vasak

> Retrouvez les audiences d'ouverture du procès

Puis celles consacrées à l'enquête

Les différents témoignages des victimes et de leurs proches à la barre

Un gros plan sur les 14 accusés présents dans le box

Et notre dossier Au coeur du procès des attentats du 13 novembre 2015