Publicité

Procès des attentats du 13 novembre 2015 : les victimes et leurs proches à la barre

Par
Deux rescapés du Bataclan au tribunal de Paris, à l'accueil des parties civiles, le 9 septembre 2021.
Deux rescapés du Bataclan au tribunal de Paris, à l'accueil des parties civiles, le 9 septembre 2021.
© Maxppp - Olivier Arandel / Le Parisien

Après les enquêteurs et les experts, place aux témoignages de celles et ceux qui ont vécu les attentats de Paris et de Saint-Denis dans leur chair.

La cour d’assises spéciale de Paris avait prévu pas moins de cinq semaines pour les entendre, à raison d’une quinzaine d’auditions quotidiennes, raconter leurs vies bouleversées, les blessures et les traumatismes qui persistent, le chemin de leur reconstruction.  Mais à l’issue de ces témoignages, d’autres parties civiles ont manifesté à leur tour le souhait d’être entendues. La cour a donc organisé une nouvelle période d’auditions de 7 jours, pour une centaine d’autres, début mai, juste après les interrogatoires des accusés sur le fond et avant les plaidoiries des avocats des parties civiles.

Notre journaliste chroniqueuse judiciaire Florence Sturm suit de bout en bout cette audience criminelle, la plus grande jamais organisée en France. En voici le détail, jour après jour. Après déjà les enquêteurs et les experts, venus livrer leurs rapports et leurs constatations mais aussi "leur sidération" à la barre, et l'ouverture de ces débats, notamment marquée par plusieurs provocations de Salah Abdeslam.

Publicité

"Les victimes oubliées" de la rue du Corbillon

Une nouvelle séquence s’est refermée ce vendredi 20 mai au procès des attentats du 13 novembre 2015, celle consacrée aux auditions des parties civiles. Et ce sont les habitants du 48 de la rue du Corbillon à Saint Denis - là où deux des terroristes s’étaient réfugiés et où le Raid a donné l’assaut le 18 novembre - qui sont venus à la barre, tous très marqués par ce qu’ils ont présenté comme des scènes de guerre terribles.  Ils demandent à être reconnus eux aussi comme victimes du terrorisme.

Compte-rendu de Florence Sturm

Au cent-vingt-cinquième jour d'audience

1 min

"Ils sont pourris comme une banane pourrie. Ils ont tué mon papa"

Les parties civiles continuent à se succéder à la barre pour cette seconde séquence qui leur est consacrée au procès des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts au Bataclan, au stade de France et sur les terrasses parisiennes. Et ce sont désormais, les proches des victimes tombées sous les balles des terroristes qui témoignent, de la douleur, de la perte, de l’absence… y compris pour ces enfants qui ont perdu l’un de leurs parents dans les attentats.

Compte-rendu de Florence Sturm

Au cent-vingt-quatrième jour d'audience

1 min

Neïma et ses deux géants

« Difficile d’imaginer que la personne qui est entrée dans le Bataclan et celle qui en est sortie ne soient pas les mêmes » résume François, l’un des rescapés des attentats. Une vingtaine d’autres est venue témoigner ce mercredi, beaucoup oscillant entre « la chance d’être en vie » et la culpabilité du survivant, énoncée à de nombreuses reprises depuis le début du procès. Des trajectoires de vie bousculées et bouleversées mais aussi des messages d’espoir et de résilience.

Compte-rendu de Florence Sturm

Au cent vingt-troisième jour d’audience

1 min

"J’ai l’impression d’avoir été complètement réécrite ce jour-là"

Après plus d’une semaine d’interruption, en raison d’un cas de Covid parmi les accusés, le procès des attentats du 13 novembre 2015 a repris ce mardi 17 mai 2022, avec la poursuite des auditions des parties civiles, victimes et proches de victimes. Elles seront près de 70 encore à venir déposer à la barre durant cette dernière semaine qui leur est réservée. Nombreuses dans la salle pour entendre deux des musiciens du groupe Eagles of Death Metal, le groupe qui se produisait sur la scène du Bataclan le soir du 13 novembre 2015. Deux témoignages très attendus mais finalement assez éloignés de l’émotion portée par celles et ceux qui étaient venus les applaudir ce soir-là, notamment cette jeune femme, rescapée de la fosse mais dont la vie, dit-elle, a été totalement brisée. "Ce soir-là, j'allais avoir 25 ans et j'étais plus heureuse que je ne l'avais jamais été depuis longtemps" a-t-elle notamment confié.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au cent-vingt deuxième jour d'audience

1 min

Le témoignage de Guillaume, au nom de son fils

Parmi les victimes, certaines n’avaient pas envisagé au départ de venir à la barre mais les premières semaines de dépositions au début du procès et le déroulement de l’audience les ont convaincues du contraire. C’est le cas de Guillaume venu témoigner ce 17 mai. Lui l’a fait également au nom de son fils de 7 ans, dont la vie aussi se trouve fortement impactée.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

"Guillaume, au nom du fils"

1 min

Gaëlle : "Je ne vous haïrai pas mais je pleure sur vous…"

Avec des paroles fortes qui disent encore toute la difficulté de faire le deuil, de soutenir une sœur blessée, une nièce orpheline de sa maman. Beaucoup de celles et ceux qui ont témoigné au cours de la journée de jeudi ont aussi choisi de s'adresser aux accusés.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Gaëlle : « je ne vous haïrai pas mais je pleure sur vous »

1 min

Jean-Louis, "l’aidant de première ligne"

Des mères, des pères, des frères et sœurs endeuillés, des blessés se succèdent à la barre des témoins. La cour a également entendu un homme, voisin des terrasses visées par les terroristes, qui s’est porté au secours des victimes le soir du 13 novembre.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au cent-vingtième jour d'audience

1 min

Juan Pablo, architecte : "Je me suis forcé à rester à Paris"

Il s’est présenté à la barre comme « un Canadien d’origine vénézuélienne, colombienne et chilienne… tout un bordel ! », venu de New York et arrivé en France au lendemain des attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015, ses études d’architecte à peine terminées. Toujours en deuil, dit-il, de son ami allemand Raphael, qui est mort dans ses bras après les attaques contre les terrasses parisiennes.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Le témoignage de Juan Pablo

1 min

Natacha : "J’ai mangé ma peur pendant des mois"

Après avoir procédé à tous les interrogatoires des accusés sur le fond du dossier, la cour a replongé en ce début mai, dans la terreur des attaques commises au Stade de France et sur les terrasses parisiennes. Avec le récit de victimes et proches de victimes qui ont manifesté leur souhait d’être également entendues après les cinq semaines déjà consacrées aux dépositions des parties civiles au début du procès. Elles seront près d’une centaine à se succéder durant sept jours à la barre des témoins. Parmi les premières, Natacha, dont le long témoignage a révélé des fractures personnelles intenses et toujours présentes six ans après.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au cent dix-neuvième jour d'audience

1 min

Le stress post-traumatique expliqué par un psychiatre

À la barre, Didier Ollat, chirurgien orthopédiste à l’hôpital Bégin de Saint-Mandé, a expliqué ce vendredi 29 octobre les différentes étapes de la prise en charge hospitalière des blessés : la lutte contre les infections, la réparation osseuse et les greffes de peau et le processus de récupération fonctionnelle. Au total, un processus estimé entre un an et deux ans.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

La principale caractéristique du traumatisme, c’est l’effroi

1 min

Prise en charge d'un blessé de l'attaque terroriste prise d'otages du Bataclan au soir du 13 novembre 2015.
Prise en charge d'un blessé de l'attaque terroriste prise d'otages du Bataclan au soir du 13 novembre 2015.
© Maxppp - Gaël Dupret

Au Bataclan, "sauver sous la menace"

De très nombreux témoins ont évoqué des scènes de guerre, des blessures de guerre. L’évacuation des victimes du Bataclan, alors que des terroristes sont encore à l’intérieur, a constitué une opération hors normes pour les médecins du RAID et de la BRI qui y ont contribué. Car les équipes de secours "classiques" ne peuvent pas intervenir à l’intérieur de la salle de concert. "Il s’agit donc de les extraire du danger pour les rapprocher le plus rapidement possible du poste de secours installé à l’extérieur." témoigne notamment ce jeudi 28 octobre le docteur Matthieu Langlois, le médecin du RAID.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Matthieu Langlois, médecin du RAID : "Commencer à vouloir faire de la chirurgie dans le Bataclan aurait été une erreur grave."

1 min

Les hommes du RAID le 13 novembre 2015 à proximité du Bataclan.
Les hommes du RAID le 13 novembre 2015 à proximité du Bataclan.
© Maxppp - Christophe Petit-Tesson / EFE / EPA

L’intervention oubliée des policiers de la BAC 75 nuit

Parmi les interventions menées au Bataclan, l’une est sans doute passée au second plan, celle des policiers de la BAC 75 nuit. Plusieurs d’entre eux qui se sont constitués parties civiles au procès ont déposé ce mercredi 27 octobre devant la cour, très marqués, professionnellement et personnellement, par ce qu’ils ont vécu cette nuit-là. Alain a ainsi précisé : "Cette nuit-là, il y a trois cassettes : l’intervention du commissaire, celle de la BRI et la nôtre. Et il manque celle-là". Sa compagne ne l’a pas cru, des collègues l’ont traité de mytho. Mes fils me disaient "Papa, on ne te voit pas". "En tout cas, aujourd’hui, on vous a entendu" a conclu le président.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Un des policiers de la BAC Nuit : "Mes fils me disaient : 'Papa, on ne te voit pas.'"

1 min

Un policier près du Bataclan au soir du 13 novembre 2015.
Un policier près du Bataclan au soir du 13 novembre 2015.
© Getty - Elyxandro Cegarra / Pacific Press / LightRocket

"Oui, j’ai la haine"

Sa fille est morte au Bataclan. Patrick Jardin, 66 ans, a signé en 2020 un livre Pas devant les caméras dans lequel il dénonce notamment la responsabilité de l’État dans les attentats survenus le 13 novembre 2015. Accusations répétées à la barre en même temps que sa colère et sa haine envers les accusés. Dans un témoignage qui contraste avec la majorité de ceux déjà entendus.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Patrick Jardin : "On est dirigés par des gens dépourvus de courage et d'honneur, sinon, ils auraient démissionné."

1 min

Patrick Jardin (à gauche) le 11 novembre 2019 lors d'un rassemblement de la Ligue du Midi, un groupe régionaliste identitaire, à Montpellier.
Patrick Jardin (à gauche) le 11 novembre 2019 lors d'un rassemblement de la Ligue du Midi, un groupe régionaliste identitaire, à Montpellier.
© Maxppp - Jean-Michel Mart

Guillaume, "131e victime" des attentats

Sa mère n’est pas venue à la barre de la cour d’assises, mais elle a témoigné dans une lettre lue à l’audience ce mardi 26 octobre : "Le terrorisme ne l’a pas tué le 13 novembre mais le terrorisme l’a tué à petit feu, le terrorisme a eu raison de sa vie, en deux ans. Toute notre vie, son père, ses frères et moi nous demanderons ce que nous aurions pu faire pour éviter ce drame." Guillaume s’est suicidé à 31 ans, deux ans après les attentats et le concert du Bataclan.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au trente-troisième jour d'audience

1 min

Le témoignage à deux voix de deux pères endeuillés

Marie et Mathias, 23 et 22 ans, tous deux originaires de Metz, figurent parmi les plus jeunes victimes du Bataclan. Ils formaient un couple à la ville. Leurs parents ont donné leur nom à une fondation qui soutient les jeunes entrepreneurs. Et leurs pères, Maurice Lausch et Jean-François Dymarski, ont livré ce lundi 25 octobre 2021 un témoignage à deux voix, image de la solidarité entre les deux familles et les amis de leurs enfants.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au trente-deuxième jour d'audience

1 min

Jean-François Dymarski (à gauche) et Maurice Lausch, en novembre 2019, les pères de Marie et Mathias, un couple de jeunes Mosellans tués au Bataclan.
Jean-François Dymarski (à gauche) et Maurice Lausch, en novembre 2019, les pères de Marie et Mathias, un couple de jeunes Mosellans tués au Bataclan.
© Radio France - Cécile Soulé. France Bleu Lorraine Nord

L’amère solitude de Kevin, ancien sapeur-pompier, blessé au Bataclan

Kevin, 33 ans, a longuement hésité avant de venir témoigner à la barre. Grièvement blessé au Bataclan, le jeune homme brun porte encore les stigmates de ses blessures dans sa chair et dépeint sa solitude, qui s’est imposée dans sa vie. Ses mains et sa voix tremblantes. Il était venu voir le concert ce soir-là, il se compose lui-même un garrot avec la ceinture d'un autre spectateur, un autre pompier posera le second, avant le massage cardiaque. "Une dernière pensée, cette fois, c'est la fin, et je me suis réveillé le dimanche matin à l'hôpital."

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au trente-et-unième jour d'audience

1 min

Pompiers de Paris à proximité du Bataclan le 14 novembre 2015.
Pompiers de Paris à proximité du Bataclan le 14 novembre 2015.
© AFP - Miguel Medina

"Le deuil, un chemin dont on ne connaît pas la destination"

Père ou mère effondrés d’un ou d’une assassinée, épouse "devenue en quelques heures veuve et victime du terrorisme, souvent fatiguée d’être le guichet unique de mes enfants", dira Aurélie, alors enceinte et maman d’un petit garçon de 3 ans. Les proches des victimes décédées au Bataclan ont succédé ce jeudi 21 octobre aux survivants pour évoquer leurs morts et leur propre deuil.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au trentième jour d'audience

1 min

"Cela me manque tout simplement de ne pas pouvoir dire papa"

Parmi les drames familiaux qui ont marqué ce vendredi de novembre 2015, celui de Céline et de ses deux filles. En tant qu'ex-compagne de Manu, décédé au Bataclan, elle explique "n'avoir eu droit à rien, je n'entrais dans aucune case de victime. Ce soir-là, ils n'ont pas seulement tué Manu, ils ont déchiqueté le cœur de mes filles." Elles avaient alors 7 et 10 ans. Ce sont aujourd'hui des adolescentes de 13 et 16 ans qui sont venues, l'une après l'autre, témoigner à la barre.

> Compte-rendu de Florence Sturm

Alice 13 ans, fille de Manu décédé au Bataclan : "Le 13 novembre a été une vague, un tsunami. J’aurais pu me noyer. J’ai appris à surfer avec elle".

1 min

Une personne en deuil place une bougie allumée parmi d'autres près du Bataclan le 14 novembre 2015.
Une personne en deuil place une bougie allumée parmi d'autres près du Bataclan le 14 novembre 2015.
© Getty - Malte Christians / picture alliance

"Mon père est mort d’une balle dans la tête. C’est son cerveau qui a été touché, ses pensées, son âme"

Ce mercredi, la cour d’assises a encore entendu plusieurs témoignages de survivants du Bataclan avant de donner la parole aux proches des victimes décédées. Et la première, Ann-Flore, toute jeune femme qui a perdu son père et dont la mère a été blessée, a laissé éclater sa peine et sa colère.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-neuvième jour d'audience

1 min

Le message de Sophie, rescapée du Bataclan contre les amalgames et l’instrumentalisation politique

Sophie, 46 ans, aura été la dernière des rescapés du Bataclan à livrer son témoignage face à la cour. Dans la fosse, elle a utilisé des techniques d’apnée afin de se protéger des tirs des terroristes. Mais elle a surtout tenu à délivrer un message politique : "Pour moi, la séquelle la plus douloureuse, c’est la séquelle sociétale".

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

"Ça me tord le ventre de voir que presque tout l’échiquier politique et médiatique s’est rué dans la brèche ouverte le 13 novembre. "

1 min

Les otages du Bataclan

Ils ont passé deux heures et demie retenus dans une coursive du premier étage du Bataclan par deux des terroristes avant leur neutralisation au cours de l’assaut mené par les hommes de la BRI. Plusieurs de ces onze otages leur ont rendu hommage en livrant à la barre mardi 19 octobre le récit de ce terrible face-à-face.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-huitième jour d'audience

1 min

Le "merci" des otages aux policiers de la BRI affiché dans les locaux de la brigade au 36 quai des Orfèvres
Le "merci" des otages aux policiers de la BRI affiché dans les locaux de la brigade au 36 quai des Orfèvres
© Radio France - Florence Sturm

Les voisins du passage Amelot

La cour a également entendu ce mardi deux témoins, tous deux résidents du passage Amelot où se situent les sorties de secours du Bataclan et qui ont tenté de porter secours aux victimes qui tombaient sous leurs fenêtres. Le journaliste du Monde Daniel Psenny, dont le premier réflexe a été de filmer depuis la fenêtre de son appartement avant d'aller porter secours et d'être lui-même blessé. Et William, qui estime notamment que "Ces gens nous ont déclaré la guerre. Il ne faut rien leur céder. C’est ce tribunal de l’histoire qui jugera".

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Daniel Psenny se présente à la fois comme "témoin, acteur, victime et miraculé". Habitant du passage Amelot, voisin du Bataclan, il a témoigné ainsi que William de leur soirée du 13 novembre 2015.

1 min

Le passage Saint-Pierre Amelot avec les sorties de secours du Bataclan le 27 novembre 2015.
Le passage Saint-Pierre Amelot avec les sorties de secours du Bataclan le 27 novembre 2015.
© Getty - Bruno De Hogues / Gamma-Rapho

"Le Bataclan, ce sont aussi des histoires d’humanité et de solidarité"

Au Bataclan, plusieurs spectateurs, installés aux balcons du premier étage, ont réussi à gagner des loges, des combles ou des toits. Au-delà des séquelles toujours présentes, de l’effroi et de la terreur ressentis, certains décrivent aussi de réels moments d’humanité.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-septième jour d'audience

1 min

Les victimes étrangères à la barre

On compte plus de 200 personnes de nationalités étrangères, originaires de 36 pays différents, parmi celles qui se sont constituées parties civiles à ce procès. Pour elles, l’éloignement géographique et la barrière de la langue constituent autant de difficultés supplémentaires. Même si la justice française prend en charge, ponctuellement, le coût des interprètes. Plusieurs victimes britanniques, rescapées au Bataclan, ont témoigné ce vendredi 15 octobre à Paris.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-sixième jour d'audience

1 min

Hommages de différentes nationalités à Paris photographiés en novembre et en décembre 2015.
Hommages de différentes nationalités à Paris photographiés en novembre et en décembre 2015.
© AFP - Joël Saget

À la barre, le récit choral des familles de Nicolas, tué au Bataclan

Nicolas est l’une des 90 victimes tuées au Bataclan le 13 novembre 2015. Sept de ses proches sont venus témoigner les uns après les autres : sa mère, son père, ses deux fils, ses deux anciennes compagnes et celle d’alors, blessée au Bataclan. Sept récits qui ont fait écho les uns aux autres, composant le portrait du disparu et révélant leurs propres traumatismes.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-cinquième jour d'audience

1 min

Les enfants des victimes du Bataclan traumatisés eux aussi

Depuis que les parties civiles ont commencé à prendre la parole au procès, elles sont nombreuses à parler de leurs enfants, comme ceux qui leur ont permis de se raccrocher à la vie et de tenir ce soir-là,  mais aussi pour évoquer les traumatismes qui se sont répercutés sur eux. "Je n'ai eu de cesse de penser à mes enfants. J'avais accouché cinq mois plus tôt. C'était notre première sortie." confie par exemple ce mercredi 13 octobre Stéphanie.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-quatrième jour d'audience

1 min

Hommage aux victimes des attentats et attaques terroristes du 13 novembre le 20 novembre 2015 place de la République, à Paris.
Hommage aux victimes des attentats et attaques terroristes du 13 novembre le 20 novembre 2015 place de la République, à Paris.
© AFP - Guillaume Payen / NurPhoto

"Je suis celui que le terroriste met en joue sur la scène et que le commissaire de la BAC a sauvé"

Guillaume, jeune étudiant de 21 ans, s’est retrouvé face à l’un des terroristes sur la scène du Bataclan le soir du 13 novembre 2015, l’arme de ce dernier braquée sur lui. Face à la cour, il a livré un témoignage pudique, sans émotion apparente en dépit de cette "grande épreuve", saluant sa chance d’être vivant, avec "la plus haute considération pour les forces de l’ordre présentes ce jour-là".

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-troisième jour d'audience

1 min

Un policier devant le Bataclan le 14 novembre 2015.
Un policier devant le Bataclan le 14 novembre 2015.
© Maxppp - Malte Christians / dpa / picture-alliance

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"La culpabilité est toujours là, comme une empreinte, une oppression"

Les survivants du Bataclan poursuivent leurs récits pour la deuxième semaine consécutive devant la cour d’assises. Blessures physiques, traumatismes psychiques toujours présents pour la grande majorité d’entre eux. Avec également, pour beaucoup, un sentiment de culpabilité, dépeint notamment ce lundi 11 octobre par Maureen Roussel, âgée de 28 ans en 2015. Elle est à l’origine de la création de l’association Life for Paris.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-deuxième jour d'audience

1 min

13 novembre 2018 : cérémonie non officielle organisée comme chaque année par l'association Life for Paris devant la mairie du 11e arrondissement de Paris. Cérémonie clôturée par un lâcher de 130 ballons en hommage aux 130 disparus.
13 novembre 2018 : cérémonie non officielle organisée comme chaque année par l'association Life for Paris devant la mairie du 11e arrondissement de Paris. Cérémonie clôturée par un lâcher de 130 ballons en hommage aux 130 disparus.
© AFP - Karine Pierre / Hans Lucas

"Moi, je crois en l'amour, en l'amitié, au rock et en la fête. Je suis assez fier qu’on me traite de mécréant"

"Mes comptes rendus médicaux, c’est mon fil d’Ariane, je ne veux pas en oublier" commence Laura, venue raconter ce vendredi 8 octobre sa "longue, fastidieuse et solitaire bataille". Pour elle, "rien n’est pardonnable, jamais." Mais elle insiste aussi sur ses énormes progrès physiques, psychologiques, la nécessité de savourer les petites victoires qui font avancer. "Parole de rescapée tournée définitivement par la lumière" comme elle le dit elle-même. Et c’est loin d’être une parole isolée.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingt-et-unième jour d'audience

1 min

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"Vous êtes ce que l’on appelle une gueule cassée"

Ce jeudi 7 octobre 2021, le président du tribunal a indiqué que 70 personnes supplémentaires ont manifesté leur souhait d’être entendues. Des survivants du Bataclan qui viennent parler de ceux qu’ils ont perdus le soir du 13 novembre, des conséquences psychologiques qu’ils endurent encore, mais aussi des blessures physiques. Plusieurs centaines ont été touchés par les balles des terroristes. Pierre-Sylvain a parlé aussi en lieu et place de sa compagne Hélène, défigurée par les impacts : "Elle a de nouveau un visage". Mais il aura fallu des mois et des années d’interventions, tout comme pour Gaëlle, qui a livré avec une précision chirurgicale les étapes de sa longue reconstruction.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au vingtième jour d'audience

1 min

13 novembre 2017 : dévoilement à Paris d'une plaque commémorative en hommage aux 90 personnes tuées au Bataclan le 13 novembre 2015.
13 novembre 2017 : dévoilement à Paris d'une plaque commémorative en hommage aux 90 personnes tuées au Bataclan le 13 novembre 2015.
© Maxppp - Aurélien Morissard / IP3

"L’enfer est vide. Tous les démons sont ici"

Amandine, jeune juriste de 38 ans, a elle préféré témoigner debout déclinant la chaise que lui proposait le président. Elle a été fauchée ce vendredi soir là en essayant de suivre son compagnon vers la sortie. Tibia explosé, son bras droit dans le même état. "J’aurais tout donné pour perdre connaissance". Elle pense à cette citation de Shakespeare : "L’enfer est vide. Tous les démons sont ici". Un policier l’extrait de la fosse. Un second arrive avec une couverture de survie. "Je me suis accrochée à ses yeux bleus, son accent du sud. Il a dit à un pompier : tu la prends en charge."

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Le témoignage d'Amandine raconté par Florence Sturm

1 min

"Tu peux me serrer dans tes bras quand ils arriveront ?"

Le 13 novembre 2015, 1 500 personnes sont venues assister au concert du groupe californien Eagles of Death Metal au Bataclan. Les terroristes, armés de kalachnikovs, vont tuer 90 personnes et causer des centaines de blessés. Près de deux cents viendront témoigner, sans compter les proches des victimes, jusqu’à la fin de ce mois d’octobre.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au dix-neuvième jour d'audience

1 min

Pour les proches des victimes, des souffrances intactes des années après

Père, mère, frère, sœur, conjoints : les proches des victimes sont nombreux à venir parler de ceux qu’ils aimaient, souvent avec des photos, tous marqués par le traumatisme de ce 13 novembre, de l’annonce des attentats et de la mort, les heures d’attente et d’angoisse. Des années plus tard, le traumatisme reste intact dans les mémoires et les quotidiens.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Pourquoi témoigner ? "Parce que j'avais une boule de pétanque dans le ventre, il fallait que cela sorte."

1 min

Les parties civiles peuvent choisir un cordon rouge si elles ne souhaitent pas être sollicitées par la presse. Un cordon vert si elles acceptent de parler. Le 8 septembre 2021.
Les parties civiles peuvent choisir un cordon rouge si elles ne souhaitent pas être sollicitées par la presse. Un cordon vert si elles acceptent de parler. Le 8 septembre 2021.
© Radio France - Mathilde Lemaire

"Le Bataclan, la Belle Équipe et les autres lieux visés peuvent-ils être parties civiles ?"

Quelque 2 300 personnes sont au 4 octobre 2021 constituées parties civiles dans ce procès des attentats du 13 novembre. Celles qui souhaitent s’exprimer se succèdent depuis la semaine précédente à la barre. Mais ce lundi, la cour s’est arrêtée sur la constitution de partie civile des lieux visés par les attentats : le Bataclan, la Belle Équipe, le petit Cambodge et le Carillon. Pour le ministère public, ces sociétés, en tant que personnes morales, ne sont pas recevables, pas plus que la ville de Paris. Et le débat a largement dépassé le seul cadre procédural.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au dix-septième jour d'audience

1 min

"Si vous êtes prêts à dialoguer, moi je suis prêt à pardonner"

Au cours de la première semaine de témoignages à la barre, à plusieurs reprises, les victimes et leurs proches se sont adressés aux accusés présents dans le box. Pour la plupart sans haine ni esprit de vengeance. Mais parfois aussi avec colère.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

La colère mais aussi la main tendue de certaines victimes

1 min

"Ludo, mon héros, mon poteau, merci de m’avoir sauvé la vie"

Vingt personnes ont été tuées le 13 novembre à la Belle Équipe, rue de Charonne, à Paris, et de nombreuses autres blessées. Juliette, 29 ans aujourd’hui, est venue ce vendredi 1er octobre 2021 raconter "son rendez-vous avec un garçon qu’elle ne connaissait pas, dans un quartier qu’elle ne connaissait pas, un bar qu’elle ne connaissait pas" et ce sentiment de culpabilité qui l’habite toujours. Camille, persuadée que les terroristes allaient l’achever mais qui affirme "Je suis dans la vie". Deux habituées de la Belle Équipe, Ambre, qui y travaillait et qui s’est offert un orgue de barbarie, "Je chante la vie et je chante l’amour", et Chloé, 27 ans en 2015.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au seizième jour d'audience

1 min

La Belle Équipe, rue de Charonne, est le lieu où l'on a déploré le plus de morts après le Bataclan : 20 personnes abattues sur-le-champ. Plaque commémorative dévoilée le 13 novembre 2017.
La Belle Équipe, rue de Charonne, est le lieu où l'on a déploré le plus de morts après le Bataclan : 20 personnes abattues sur-le-champ. Plaque commémorative dévoilée le 13 novembre 2017.
© Maxppp - Aurélien Morissard / IP3

Alice et Aristide Barraud, frère et sœur qui se sont sauvés l’un l’autre

Le 13 novembre 2015, ils s’étaient retrouvés devant le restaurant Le Petit Cambodge avec trois de leurs amis. Heureux de ce moment à partager, car l’un et l’autre étaient très pris par leurs métiers respectifs. Alice et Aristide Barraud, 23 et 26 ans au moment des attentats, ont livré ce jeudi à la barre un message empreint d’humanité, salué même par le président de la cour.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au quinzième jour d'audience

1 min

Devant Le Petit Cambodge le 27 novembre 2015.
Devant Le Petit Cambodge le 27 novembre 2015.
© Maxppp - Arnaud Journois

Une victime du Stade de France : "On survit pour nos enfants mais on est des morts-vivants"

Les trois explosions provoquées par trois kamikazes au Stade de France ont fait un mort, Manuel Dias, un homme de 63 ans mais aussi plusieurs dizaines de blessés, certains gravement touchés. Beaucoup, toujours très atteints psychologiquement, ont le sentiment d’avoir été les oubliés des attentats du 13 novembre 2015. Ils l'ont confié ce mercredi 29 septembre à la barre.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au quatorzième jour d'audience

1 min

Maya, blessée au Carillon : "J’ai la tête haute mais je suis épuisée"

Tous deux étaient deux jeunes architectes plein d’avenir. Elle est allée seule chercher le prix qu’ils avaient reçu. Son mari et deux de leurs amies, sœurs jumelles, sont tombés sous les balles des terroristes au Carillon. Maya, 32 ans, grièvement blessée dans l’attentat, a livré ce mercredi à la cour un récit poignant d’humanité.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

"J'ai perdu mes amis, j'ai perdu l'homme que j'aimais. Amine, Émilie et Charlotte sont morts. Ils n'ont jamais eu 30 ans."

1 min

Hommage au Carillon, à Paris, le 13 novembre 2016.
Hommage au Carillon, à Paris, le 13 novembre 2016.
© Maxppp - William Joubrel / Wostok Press

Un procès comme "devoir de mémoire" pour Sophie Dias, dont le père est mort au Stade de France

Plusieurs gendarmes, membres de la garde républicaine qui assuraient la sécurité du match France-Allemagne le 13 novembre 2015 au Stade de France ont été les premiers à témoigner, en tant que partie civile. Des années plus tard, ils ressentent toujours les séquelles des scènes auxquelles ils ont été confrontés. Manuel Dias, 63 ans, a perdu la vie dans l’un des attentats provoqués par les trois kamikazes aux abords du Stade. Face à la cour ce mardi 28 septembre, sa fille, Sophie, a demandé que l'on n’oublie pas son nom.

> Lire le compte-rendu de Florence Sturm

Au treizième jour d'audience

1 min

Plaque commémorative en hommage à Manuel Dias dévoilée par le président de l'époque François Hollande et le maire de Saint-Denis, Didier Paillard, le 13 novembre 2016.
Plaque commémorative en hommage à Manuel Dias dévoilée par le président de l'époque François Hollande et le maire de Saint-Denis, Didier Paillard, le 13 novembre 2016.
© AFP - Philippe Wojazer

Avec la collaboration d'Éric Chaverou, de Caroline Bennetot, d'Annie Brault, de Brice Garcia et de Stanislas Vasak

> Retrouvez les audiences d'ouverture du procès

Puis celles consacrées à l'enquête

Et notre dossier Au coeur du procès des attentats du 13 novembre 2015