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Procès des attentats du 13 novembre 2015 : trois jours de réquisitoire à trois voix

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De gauche à droite : Nicolas Le Bris, Camille Hennetier et Nicolas Braconnay, les avocats généraux du procès des attentats du 13 nov 2015. Dessin du 8 juin 2022
De gauche à droite : Nicolas Le Bris, Camille Hennetier et Nicolas Braconnay, les avocats généraux du procès des attentats du 13 nov 2015. Dessin du 8 juin 2022
© AFP - Benoit Peyrucq

Pendant trois jours, trois avocats généraux du parquet national antiterroriste ont porté la voix de l’accusation dans le procès du 13-Novembre. Avec des réquisitions qui vont de 5 ans d'emprisonnement à la perpétuité incompressible à l'encontre de Salah Abdeslam.

Nouvelle phase dans le procès des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts au Bataclan, au stade de France et sur les terrasses parisiennes. L’heure a été au réquisitoire du Parquet National Antiterroriste dans ce qui s'est ouvert le 8 septembre 2021 à la cour d'assises spéciale de Paris. Trois avocats généraux, Camille Hennetier, Nicolas Braconnay et Nicolas Le Bris se sont relayé pendant trois jours, durant une quinzaine d’heures, pour porter la voix de l’accusation. Ils ont fini par indiquer les peines qu’ils requièrent à l’encontre des vingt accusés, quatorze présents et six absents.

Notre journaliste chroniqueuse judiciaire Florence Sturm suit de bout en bout cette audience criminelle, la plus grande jamais organisée en France. En voici le détail, jour après jour. Après déjà les plaidoiries des parties civiles, les témoignages des victimes et de leurs proches, les réponses des accusésles psys à la barreles enquêteurs et les experts, venus livrer leurs rapports et leurs constatations mais aussi "leur sidération", et l'ouverture de ces débats, notamment marquée par plusieurs provocations de Salah Abdeslam.

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La réclusion criminelle à perpétuité incompressible requise à l'encontre Salah Abdeslam

À l'issue d'un réquisitoire fleuve les avocats généraux du Parquet National Antiterroriste ont demandé la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de Salah Abdeslam mais aussi Mohammed Abrini, membre du convoi qui a transporté les djihadistes de Belgique à Paris la veille des attentats. Une peine incompressible pour le premier, assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour le second. Pour les autres accusés, les réquisitions vont de 5 ans à la perpétuité.

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Au cent trente-septième jour d'audience

2 min

La réaction d'Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président d'une association de victimes

Arthur Dénouveaux était l'invité de notre journal de 22h de ce vendredi 10 juin. Il a notamment confié à Laura Dulieu :

"Je ne me suis pas tant focalisé sur les peines elles-mêmes - c'est un travail de juge et il assez compliqué de se positionner en tant que partie civile - que sur la tonalité du discours des avocats généraux. Il était très pédagogue. Ils ont vraiment exposé le raisonnement qui les a amené à donner tel ou tel quantum de peine . C'est la première chose qui m'a beaucoup marqué. La deuxième, c'est qu'ils ont beaucoup parlé de requérir la peine maximale prévue par le code pénale. C'est un message qui nous rappelle l'atrocité de ce que nous avons vécu et le côté incroyable de la violence déployée par les terroristes. J'ai trouvé très intéressant que le réquisitoire fasse la part belle à des déclarations de parties civiles. La dernière citation de Camille Hennetier est une partie civile qui parle de 'tranquillité impossible pour définir le terrorisme et on a bien senti un équilibre entre la loi et le fait que les témoignages ont apporté quelque chose au procès. Et la peine la plus lourde, la perpétuité incompressible, a été requise. C'est logique à mes yeux au vu à la fois du dossier et de la manière dont s'est comporté l'accusé contre qui a été requis cette peine. Il n'y avait donc pas énormément de surprises sur les peines les plus lourdes."

Arthur Dénouveaux : "Je ne me suis pas tant focalisé sur les peines elles-mêmes"

5 min

La deuxième journée du réquisitoire marathon du Parquet National Antiterroriste a eu lieu ce jeudi 9 juin. Les trois avocats généraux ont continué à suivre la chronologie de la préparation des attentats qui vont faire 130 morts, au Stade de France, au Bataclan et sur les terrasses parisiennes. Depuis le départ de Syrie des terroristes, dont la plupart sont morts en kamikazes, jusqu’à leur arrivée en Belgique pour y préparer les actions à venir. Il est donc question aussi de tous ceux qui ont gravité autour d’eux et contribué à les aider, dans leurs projets et leur clandestinité.

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Au cent trente-sixième jour d'audience

1 min

"Le cauchemar du 13 novembre"

Et c’est à l’avocat général Nicolas Le Bris qu’est revenue la charge d’évoquer "le cauchemar du 13 novembre, qui a fait 132 morts, a-t-il précisé, 130 le soir des attentats et deux suicides depuis, dont un pendant le procès". Nicolas Le Bris s’est employé à mettre à mal les versions soutenues à l’audience par Salah Abdeslam et Mohamed Abrini.

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"Le cauchemar du 13 novembre"

1 min

Premier jour de réquisitoire

Après le temps de l’émotion porté par les victimes, leurs proches et leurs avocats, l’accusation, silencieuse depuis la fin de l’interrogatoire des accusés, ouvre une nouvelle séquence, celle de la démonstration. Pour les avocats généraux, il s’agit de démontrer l’implication de chacun des accusés qu’ils entendent faire condamner, après avoir resitué ce procès dans toute sa dimension et sa complexité : "Un procès hors normes, historique, mais avant tout un procès hors normes pour des faits qui ne le sont pas".

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Au cent trente-cinquième jour d'audience

1 min

Retrouvez notre dossier : Au cœur du procès des attentats du 13 novembre 2015

Avec la collaboration d'Éric Chaverou, de Caroline Bennetot, d'Annie Brault, de Brice Garcia et de Stanislas Vasak