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Projet Pegasus : décryptage en cinq questions-réponses

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Le logiciel Pegasus, proposé par le groupe israélien NSO, passe par le téléphone de ses victimes pour les surveiller.
Le logiciel Pegasus, proposé par le groupe israélien NSO, passe par le téléphone de ses victimes pour les surveiller.
© AFP - Jack Guez

Projet Pegasus. Militants, avocats, journalistes ou encore hommes politiques ont été visés par différents États à travers le logiciel espion Pegasus. Depuis dimanche, un consortium de journalistes auquel participe Radio France révèle l'ampleur de cette affaire. Cinq questions-réponses pour mieux comprendre.

Depuis ce dimanche 18 juillet 2021, un consortium international de journalistes créé par Forbidden Stories et auquel participe la cellule investigation de Radio France dévoile l’existence d’une surveillance massive et mondialisée de militants, avocats, journalistes ou hommes politiques par différents États. Pour cela, ils utilisent le logiciel espion Pegasus commercialisé par la société israélienne NSO. Explications sur ces révélations.

> 'Projet Pegasus' : révélations sur un système mondial de cybersurveillance, notre dossier complet à ce sujet

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Qu’est-ce que NSO ?

NSO est une société israélienne créée en 2010 qui fabrique et commercialise des équipements de pointe destinés à lutter contre le terrorisme et le crime organisé : du matériel informatique et des drones notamment. Sa devise est "nous travaillons pour sauver des vies et faire de ce monde, un monde meilleur et plus sûr". Elle ne vend son matériel qu'à des États ou à des agences gouvernementales, sous licence du gouvernement israélien. 

Retour sur l'histoire de la société israélienne NSO avec Alice Froussard.

1 min

Qu’est-ce que Pegasus ?

Pegasus est un logiciel espion commercialisé par NSO. Il permet aux services de renseignement d’infiltrer un smartphone sans laisser de trace visible, grâce à une procédure "zéro clic", qui ne nécessite aucune action de l'utilisateur. Le logiciel devient alors l’administrateur du téléphone. Il a accès à tous les contacts, les photos, les messages. Il peut lire ce qui est écrit sur les messageries chiffrées de type WhatsApp ou Signal. Il peut géolocaliser le propriétaire de l’appareil et activer micros et caméras, transformant le téléphone portable en véritable mouchard.

Les possibilités d'espionnage du logiciel Pegasus
Les possibilités d'espionnage du logiciel Pegasus

Qu’est-ce que Forbidden Stories ?

Forbidden Stories est une association créée en 2015 par le journaliste français Laurent Richard afin de poursuivre les enquêtes de journalistes qui ont été emprisonnés ou assassinés. Son concept consiste à dire "ils ont tué le messager, ils ne tueront pas le message". Ces dernières années, Fordidden Stories a produit plusieurs enquêtes internationales : le projet Daphne, après l’assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galicia à Malte, le projet Green Blood sur les dérives de l’extraction minière, et le projet Cartel consacré aux assassinats de journalistes sur fond de cartels de la drogue et de corruption au Mexique. 

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Qu’est-ce que le Projet Pegasus ?

Forbidden Stories a eu accès à une liste d’environ 50 000 numéros de téléphone entrés dans le système Pegasus par 12 clients de NSO depuis 2016. Il a constitué un consortium de 17 médias, parmi lesquels : le Washington Post, le Guardian, le Süddeutsche Zeitung, Le Monde, et la cellule investigation de Radio France. Pendant plusieurs mois, près de 80 journalistes ont identifié ces numéros, pays par pays. Certains propriétaires des portables concernés ont accepté de nous confier leurs téléphones. Grâce au support technique du Security Lab d’Amnesty International, il a alors été possible de démontrer qu’une majorité des appareils testés présentaient des signes d’infection de Pegasus.

Que révèle le projet Pegasus ?

Contrairement à ce qu’affirme NSO, ce logiciel a dans sa ligne de mire des membres de la société civile : des journalistes, des avocats, des médecins, des sportifs, des activistes, des diplomates et des hommes politiques, y compris 13 chefs d’État dans une cinquantaine de pays. Parmi les utilisateurs de Pegasus figurent notamment le Mexique, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Rwanda, le Togo, mais aussi la Hongrie, un membre de l’Union européenne. Près de 1 000 numéros de téléphones français ont été sélectionnés comme possibles cibles dans le système qui gère Pegasus au Maroc. 

Avec la collaboration de Fiona Moghaddam