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Qu'a-t-on appris de la mission historique de Rosetta ?

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Le site d'atterissage de Rosetta photographié pendant sa descente finale le 30 septembre 2016
Le site d'atterissage de Rosetta photographié pendant sa descente finale le 30 septembre 2016
- ESA/Rosetta/MPS

La sonde européenne s'est volontairement écrasée en douceur ce vendredi midi sur la comète Tchouri, après plus de 12 ans d'odyssée pour tenter de percer les mystères de la formation du système solaire. Les données récoltées vont être analysées pendant des années, mais voici ce que l'on sait déjà.

Après 7,9 milliards de kilomètres parcourus, Rosetta s'est bien volontairement écrasé à 13h19 heure de Paris sur Tchourioumov-Guérassimenko, par ce que certains ont appelé "le baiser de la mort". La première sonde à avoir escorté une comète dans sa course, pendant plus de deux ans, a récolté une abondante moisson de données qui occuperont les scientifiques "pendant des décennies", selon l'agence spatiale européenne. 80% des expériences que devaient réaliser le robot ont été réalisées : seuls deux instruments sur 12 n’ont pas fonctionné. Et l'on a déjà pu tirer au moins deux grands enseignements Nicolas Martin (producteur de La Méthode scientifique) :

Déjà au moins deux grands enseignements de la mission Rosetta

1 min

  • L'eau de la Terre ne vient pas a priori des comètes : Information cruciale alors que l'on a longtemps pensé que le liquide sur Terre venait des multiples impacts de comètes, lors du "grand bombardement tardif", il y a 4 milliards d'années. Les comètes, contrairement aux astéroïdes, sont en effet principalement constituées de glace et l'on pensait que cette glace avait apporté l'eau sur Terre. Mais les données ne correspondent pas entre l'eau de Tchouri et celle de la Terre.Reste maintenant deux options : soit la comète Tchouri est à part, et on trouvera sur d'autres comètes une signature isotopique identique, soit il faut aller chercher ailleurs, sur les astéroïdes peut-être, mais ils contiennent nettement moins d'eau.
  • Il y a de l'oxygène moléculaire dans les gaz qui échappent de Tchouri : C'est une surprise parce que l'oxygène est un gaz très volatile, très réactif, qui se transforme très facilement au contact d'une autre molécule. Or, une comète est un peu comme un congélateur des tout débuts du système solaire : s'il y a de l'oxygène, et c'est le quatrième gaz de la comète après la vapeur d'eau, cela veut dire que l'oxygène date des origines de notre système solaire, et peut-être même d'avant la formation de notre système solaire.

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A écouter : Comètes, astéroïdes : les nouveaux horizons de l’exploration spatiale (La Méthode scientifique, ce mardi). Avec l'astrophysicien Francis Rocard et l'astrophysicienne Antonella Barucci

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Rosetta : mission accomplie (Les passeurs de science : l'espace, août 2016)

Ce que nous a appris la mission Rosetta (début 2015). Avec aussi Francis Rocard

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