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Quai des Orfèvres : trois regards d'auteurs

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Acteur, scénariste, ancien journaliste ou policier, ils connaissent très bien ce lieu mythique et ils expliquent ce qu'il leur a inspiré dans leurs films et séries.

<strong>Olivier Marchal</strong>

Olivier Marchal
Olivier Marchal
© Radio France - Aïssatou N'Doye

Certains cinéphiles ou amateurs de séries télé l'avaient remarqué dans Quai numéro un (France 2) ou Profil Bas, mais le grand public l'a surtout remarqué grâce à son deuxième film en tant que réalisateur : "36", sous-titré, "Quai des Orfèvres".

Ce "polardeux" dans l'âme raconte à Eric Chaverou la genèse de ce qui au départ faisait presque 220 pages et 3h30, pour un an et demi d'écriture :

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Cela faisait des années que j'écrivais des polars pour la télé, des nouvelles aussi, et cette histoire qui touchait un de mes proches me semblait propice à une grande tragédie sur les flics."

2 min

Et quid alors du mythe du "36" selon cet ancien inspecteur de la Brigade criminelle de Versailles et de la section antiterroriste ?

"J'étais encore élève inspecteur quand j'ai passé pour la première fois le porche du 36. Et c'est chargé de toute l'histoire des grands criminels, des grands voyous, et puis surtout des grands flics qui l'ont fait. Les meilleurs sont quand même là-bas, les meilleurs services y ont été. Et la bâtisse est sublime. Si jamais le 36 déménage, c'est comme si l'on abattait la Comédie française pour moi !"

"Le 36, c'est le sanctuaire de la PJ. Moi, quand j'étais petit en province, je voulais être flic au 36 !"

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Enfin, comment les policiers ont-ils réagi à ce film ?

"Les flics de terrain ont super bien réagi, la hiérarchie un peu moins. Mais moi, je n'ai jamais dit que je voulais faire un film réaliste."

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<strong>Frédéric Krivine</strong>

Frédéric Krivine
Frédéric Krivine
© Radio France - Aïssatou N'Doye

Ancien journaliste dans la presse quotidienne et magazine, il a commencé par écrire des romans comme "Arrêt obligatoire" en 1986 ou "Un souvenir de Berlin", en 1990. Devenu scénariste pour la télévision, Frédéric Krivine crée pour France 2 la série P.J. et innove avec un atelier d'écriture dédié.

Co-président de l'Union Guilde des Scénaristes, de 2003 à juin 2007, il nous a confié sa perception du 36 :

"Déjà, c'est le film avec Jouvet, c'est Clouzot, ce sont des gueules de flics dans le film de Clouzot. Une ambiance très liée d'abord au film de Clouzot."

3 min

"Ensuite, c'est un lieu où je suis allé plusieurs fois pour P.J. Et je ne peux pas dire que j'ai été déçu, mais il y a certainement moins de magie, même si c'est un dédale, un labyrinthe dans lequel il est difficile de se retrouver à tous points de vue !"

<strong>Philippe Triboit</strong>

Philippe Triboit
Philippe Triboit
© Radio France - Aïssatou N'Doye

Il commença comme assistant réalisateur, puis scénariste de cinéma, pour Gérard Mordillat (Cher Frangin). Devenu scénariste de télévision, il passe de réalisations de téléfilms, comme "Profession Grand Frère", grand prix du festival du film policier de Cognac en 1997, à des séries comme "Avocats et associés", en 1998.

Avec parfois un mélange des deux, comme "L'embrasement" sur la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois :

"Pour moi, le 36 renvoie plutôt à des références. Je n'ai pas un sentiment de contemporain. C'est vrai qu'il y a un côté grand flic !"

4 min

"Cela m'évoque assez peu de choses sauf une mythologie cinématographique. C'est vrai que dans "36" Olivier Marchal a réussi dans ce film à s'inspirer du passé, à faire une sorte de référence, un hommage à une tradition tout en renouvelant le genre. Mais pour moi, ce sont plutôt des références. Je n'ai pas un sentiment de contemporain. Moi j'ai plutôt fait des films qui se passaient en banlieue avec une relation aux forces de l'ordre de proximité."

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