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Quand le TGV était une prouesse technique et imaginaire

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des trains Eurostar en gare de Londres Waterloo en 1994
des trains Eurostar en gare de Londres Waterloo en 1994
© Getty - Alain Nogues

1996. La vitesse et son imaginaire : exploration en archives du TGV en 1996, à une époque où il possède une aura toute particulière, entre prouesse technique et objet de fascination. Départ imminent sous la Manche, aux côtés de Roger Tallon et Michel Butor notamment !

Alors que l’Etat a annoncé le 4 octobre 2016 une commande de TGV pour garantir l’activité du site Belfort de l’entreprise Alstom, le TGV est au cœur des débats. Exploration en archives de ce Train à Grande Vitesse qui fonctionne sur les voies ferrées depuis 1981.

Nous sommes ici en 1996. Les équipes de France Culture se sont rendues en gare du Nord pour un voyage sous la Manche entre la France et l'Angleterre et emprunter cette nouvelle liaison qui est en service depuis novembre 1994 sous la Manche. Diffusé dans l’émission L'Échappée belle, ce documentaire convoque autant le design que la littérature et l’urbanisme pour expliquer les ressorts de la modernité de ce "bolide contemporain".

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Penser la vitesse

Tandis qu’un agent explique depuis la cabine de pilotage la nouveauté de la conduite d’un TGV - de l’ordinateur de contrôle au système de sécurité en cas d’endormissement - l’urbaniste Paul Virilio et le journaliste Philippe Hérissé analysent les conceptions de la vitesse en jeu avec le TGV.

De son côté, le designer Roger Tallon, actuellement à l’honneur au musée des Arts Décoratifs, explique la modernité de la conception du TGV qui s’inspire autant de l’avion que des trains japonais.

“Le TGV n’est pas un train. C’est quelque chose qui est intermédiaire entre un avion, un métro.” Roger Tallon

Le designer raconte par ailleurs comment un travail chronophotographique, réalisé en collaboration avec les équipes de la SNCF, lui a permis d’analyser le comportement des voyageurs et de concevoir un design innovant en conséquence. Qu’il s’agisse du Corail, du TGV Duplex, du Thalys ou de l’Eurostar, l’enjeu pour Roger Tallon est de “remettre le train dans son époque”.

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Le transport de l'écriture

En toile de fond de ce documentaire, le roman de Michel Butor, La Modification avec son narrateur qui voyage de Paris à Rome en train_._ Le documentariste s'est rendu à la frontière suisse, à la rencontre du romancier. Michel Butor livre ici sa vision du train, la manière dont ce moyen de transport impulse son processus d'écriture ou encore comment le son de la machine à l'écrire lui rappelle celui des chemins de fer :

"Mon bureau, ma table devient un train lorsque je me mets à écrire." (Michel Butor)

2 min

Durée : 2'47

L’arrivée en terre anglaise : retour en gare

Entre la France et l’Angleterre, en l'espace de cinquante kilomètres et vingt minutes, la frontière est franchie. L’un des intervenants du documentaire remarque avec humour la différence entre le tunnel des deux côtés : “le tunnel côté français est rond, alors que ici, côté anglais, il est carré”.

Et cette pensée de la vitesse ne s’arrête pas à la pensée du train mais inclut plus généralement la gare, espace au carrefour de la fonctionnalité des transports et de l’identité d’une ville :

“Quand vous rentrez dans une gare, vous racontez aux gens un voyage, vous accompagnez des émotions. (...) La gare, c’est une porte de la ville.” Jean-Marie Duthilleul

Au train où vont les choses... un documentaire avec : Paul Virilio (urbaniste et philosophe) ; Jacques Pellegrin (directeur de la Recherche SNCF) ; Roger Tallon (designer industriel) ; Philippe Hérissé (directeur du magazine Rail passion) ; Edith Roux (photographe) ; Jean-René Pène (agent de conduite) ; Jean-Marie Duthilleul (architecte en chef de la SNCF) ; Didier Pinson ; Michel Butor (écrivain)

Au train où vont les choses (L’échappée belle, 18.10.1996)

54 min

Durée : 54'39

  • Production : Thierry Aveline
  • Réalisation : François Viette
  • 1ère diffusion : 18.10.1996
  • Emission : L’échappée belle

Pour aller plus loin :