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Que contiennent les "Macron Leaks" ?

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Emmanuel Macron, dimanche 7 mai 2017.
Emmanuel Macron, dimanche 7 mai 2017.
© AFP - Lionel BONAVENTURE

Vendredi soir, juste avant la fin de la campagne et le début de la période de réserve électorale, des milliers de mails et documents étaient publiés sur internet. Tentative de déstabilisation du scrutin ont dénoncé les proches d'Emmanuel Macron. Qu'y trouve-t-on et qui serait à la manoeuvre ?

Vendredi soir, à quelques heures de la fin officielle de la campagne et du début de la période de réserve électorale, 70 663 mails et documents étaient publiés sur internet. Ce que l'extrême droite française et américaine ont qualifié de "Macron Leaks".

Le mouvement "En marche !" a reconnu l'authenticité d'une partie des documents mais a dénoncé l'ajout de faux documents dont le but était de salir Emmanuel Macron et d'influencer le scrutin. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Elle a été confiée à la Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (BEFTI) de la préfecture de police de Paris. Et l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) a été saisie dès le vendredi 5 mai dans la soirée par la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle pour apporter son expertise technique.

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Les fichiers sont principalement composés de messageries électroniques personnelles et professionnelles de cinq personnes. Deux députés de gauche sont concernés : Anne Christine Lang et Alain Tourret, ralliés à Emmanuel Macron, ainsi que trois piliers de la campagne : le trésorier Cédric O, la plume du candidat, Quentin Lafay, et le conseiller politique Pierre Person. Les messages les plus récents datent du 24 avril dernier, au lendemain du premier tour, et portent principalement sur la gestion de la campagne au quotidien. Des documents qui sont, de par leur spécificité technique, quasiment infalsifiables.

Mais on trouve également dans ce qui a été publié sur internet deux autres dossiers, de petite taille, composés de document textes, facilement manipulables, et dont l'authenticité est douteuse. Sur le même modèle que le faux document publié la semaine dernière et qui est censé prouver l'ouverture d'un compte bancaire par Emmanuel Macron aux Bahamas. Ce sont ces documents que les responsables d'"En Marche !" ont dénoncé comme "frauduleux".

Le piratage des boîtes mails a eu lieu malgré les nombreuses précautions prises à l'occasion de ce scrutin, notamment par l'ANSSI. Mais ce travail de prévention a sans doute permis d'éviter un piratage de plus grande ampleur qui aurait concerné non pas cinq mais des dizaines de messagerie.

Dès ce week-end, le président de la République François Hollande a annoncé que "rien ne sera laissé sans réponse".

A ECOUTER Macron Leaks : que sait-on ? (La Question du jour, 10 mai 2017)

A LIRE Documents publiés en masse : une affaire qui pose question

La propagation de l'information

Selon l'expert et chroniqueur sur notre antenne Nicolas Vanderbiest, "l'information naît sur un forum américain 4chan_, où l'anonymat est garanti, et ensuite c’est de nouveau l’internaute qui avait déjà relayé le faux document sur le compte bancaire d’Emmanuel Macron,_ Jack Posobiec_, et un média qui s'appelle Disobedient qui partagent en premier la fuite_". L'information sera ensuite relayée par des acteurs de la "fachosphère", puis "des cadres du FN comme Florian Philippot, qui, juste avant la limite de minuit, se permettent de tweeter la fuite". Sachant qu'à partir de minuit, dans la nuit de vendredi à samedi, on entre dans la période de réserve électorale. Sans oublier le relais du compte Twitter de Wikileaks (pour s'interroger auprès de ses 4,6 millions d'abonnés) et de deux comptes militants "bien connus pour avoir organisé toutes les opérations de riposte numérique pour Marine Le Pen. Nicolas Vanderbiest répond à Benoît Bouscarel :

Le spécialiste Nicolas Vanderbiest revient sur la propagation des "Macron leaks"

3 min

Cela sort plus ou moins vers 21 heures vendredi. Cela fait un peu de bruit vers 23 heures. Et donc il reste une heure pour déconstruire la "nouvelle", avant le moment fatidique des minuit où plus aucun militant ne peut tweeter. Emmanuel Macron élu, on va retomber un peu dans le train train habituel. Mais il faut bien dire que ce à quoi on a assisté ces derniers mois était un peu extraordinaire. On avait jamais cela, et je suis bien placé pour le savoir puisque j'observe les communautés d'extrême-droite depuis 3, 4 ans.

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A ECOUTER Les techniques du Front national sur les réseaux sociaux (Elysez-moi, 24 fév 2017)

Interrogé dimanche soir par franceinfo, Mounir Mahjoubi, le responsable de la campagne numérique d'Emmanuel Macron, a lui aussi accusé des "supports" du Front national d'avoir organisé la diffusion de ces documents piratés. Et d'estimer que "le contenu des documents publiés ne révélera "pas de secret". Au mieux, "vous trouverez des blagues potaches, vous trouverez plusieurs dizaines de milliers de factures de fournisseurs (...). Et vous trouverez des centaines d'échanges dans la constitution du programme, dans l'organisation des événements. En fait, tout ce qui fait une campagne".

Cela pue la panique ! Je ne dirais pas que ça vient du Front national. Je dirais plutôt que c'est leurs supports. Les gens qui les soutiennent. Les gens qui avaient envie qu'ils puissent gagner, qui ne supportaient pas que les progressistes puissent aller aussi fort, aussi loin.

Mounir Mahjoubi

Invité d'Europe 1 lundi matin, Florian Philippot s'est défendu d'avoir relayé des "fake news", précisant : "Le Macronleaks, si monsieur Macron s'estime diffamé il saisit la justice et c'est tout à fait son droit."

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A ECOUTER Une Présidentielle déstabilisée (Elysez-moi, 21 avril 2017)