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Que retenir du nouveau plan d'aide à la Grèce ?

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Après 17 heures de négociations, les dirigeants européens se sont entendus lundi sur un "aGreekment" (contraction de 'agreement' et 'Greek'). Un troisième plan d'aide, depuis 2010, qui évite in extremis une sortie du pays de la zone euro.

François Hollande a salué une "décision historique" de l'UE et "le choix courageux" d'Aléxis Tsipras et annoncé un vote à l'Assemblée nationale mercredi.

"Le Grexit a disparu", a affirmé ce lundi matin le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans une brève déclaration à l'AFP. A l'issue d'un week-end très mouvementé et de trois réunions de l'Eurogroupe en trois jours, un texte de compromis a été soumis aux 19 dirigeants de la zone euro. Il a été présenté conjointement par Angela Merkel, François Hollande, Alexis Tsipras, et le Président du Conseil Européen, Donald Tusk, qui avaient fini par s'enfermer à huis clos pour aboutir à une solution. Et ces propositions vont plus loin encore que ce qui a été rejeté par les Grecs par référendum le 5 juillet. Écoutez le journal de 12h30 d'Antoine Mercier :

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L'accord trouvé

"Un reprofilage" de la dette grecque portant sur les échéances et les intérêts, d'après François Hollande. Et plus de 80 milliards d’euros d'aide en perspective, au prix notamment :

- De réformes drastiques à voter d'ici le milieu de la semaine en Grèce. Réformes de la TVA et des retraites par exemple, mais aussi de l'administration grecque, qui doit être dépolitisée, ou de l'assiette fiscale, à élargir.

- De l'indépendance garantie de l'organisme des statistiques grec, l'Elstat

- Du retour de la Troïka (Union européenne, BCE, FMI) à Athènes

- D'un fonds de 50 milliards d'euros, répartis sur une très longue période, qui gérera une partie des actifs grecs, éventuellement par la privatisation. La moitié ira à la recapitalisation du secteur bancaire.

- D'un vote de huit parlements nationaux européens à ce sujet

L'accord complet

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Jusqu'au bout, l'Allemagne a défendu une position de fermeté face à la Grèce, s'interrogeant sur la confiance que l'on pouvait accorder au gouvernement Tsipras. Mais il ne faut pas dramatiser et exagérer les divergences entre Paris et Berlin, à entendre Manuel Valls. Le Premier ministre était ce matin sur France Inter :

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Les réactions

Le gouvernement grec a "livré jusqu'au bout un combat juste", qui a débouché sur un "accord difficile" mais garantissant la "stabilité financière" et la relance en Grèce, a déclaré le Premier ministre grec. "La grande majorité du peuple grec va soutenir cet effort (...) nous continuerons à nous battre" pour "les réformes radicales dont la Grèce a besoin", a ajouté Alexis Tsipras.

Alors que dans une interview au journal britannique New Statesman, l'ancien ministre de l’Économie écarté pour la négociation finale, Yanis Varoufakis, livre les raisons de sa démission et sa vision de la crise. Pour lui, l'Eurogroupe est complètement contrôlé par l'Allemagne, Frédéric Says :

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Enfin, les Grecs, eux, sont sous le choc de ce résultat. Correspondance d'Athènes d'Angélique Kourounis :

La réaction des Grecs au nouveau plan d'aide proposé par les Européens le 13 juillet 2015. Par Angélique Kourounis

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Angela Merkel a souligné qu'elle recommanderait au Bundestag d'autoriser l'ouverture de négociations avec la Grèce. La chancelière allemande d'estimer que "La route sera longue et difficile".

"L'Europe a décidé d'une feuille de route. Maintenant tout dépend de la mise en oeuvre", a prévenu le Premier ministre estonien, Taavi Roivas.

Le délégué général au projet des Républicains, Eric Woerth, a salué un "bon accord" entre la zone euro et la Grèce, estimant que François Hollande s'était "ressaisi" dans ses exigences vis-à-vis de la Grèce.

Pour Florian Philippot, le vice-président du Front national, "Personne n'a pensé aux Grecs, ni aux contribuables français, qui sortiront rincés de cet accord. Mais seulement à l'euro, par pure idéologie".

Quant à Jean-Luc Mélenchon, le co-fondateur du Parti de gauche et proche d'Alexis Tsipras, il a ainsi exprimé son indignation : "Telle est l'Union européenne. Un revolver sur la tempe, une nation déjà asphyxiée et placée sous blocus financier doit conclure un "accord" après 13 heures de discussions ?"

"On a un accord et quel que soit son contenu, il faut saluer cet accord qui permet d'échapper au pire", a salué Emmanuelle Cosse. La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts d'ajouter : "La dureté de l'accord interroge sur la construction européenne de demain. Cela pose la question de comment mettre de la démocratie dans ces débats."

Pour l'économiste Laurence Scialom , ce nouveau plan ne va pas aider la Grèce. Interrogée par Catherine Duthu, cette professeure à l’université Paris-Ouest Nanterre La Défense estime que ce nouveau sauvetage ressemble trop aux précédents, qui ont échoué :

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Des échos bouillonnants sur les réseaux sociaux

Ces négociations agitent beaucoup les réseaux, en particulier Twitter, avec notamment le mot-clé #ThisIsACoup, qui accuse l'Eurogroupe de "coup d’État" contre la Grèce. Éclairage de Camille Magnard, dans notre journal de 12h30 :

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© Fotolia - Annett Seidler

Là où se joue le sort de l'Europe. Rue89

Par Xavier de La Porte, ce dimanche.