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Quel avenir pour l'ONU en Afghanistan ?

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Taliban dans un marché de Kaboul, le 1er septembre 2021.
Taliban dans un marché de Kaboul, le 1er septembre 2021.
© AFP - HOSHANG HASHIMI / AFP

Faut-il prolonger la présence de la Manua, la Mission des Nations unies en Afghanistan ? Alors que le mandat de cette force arrive à terme, le Conseil de sécurité débat de sa prolongation avec les talibans désormais au pouvoir à Kaboul.

Créée en 2002, après le départ des talibans, la Manua, la Mission des Nations unies en Afghanistan, a pour mission principale de protéger l'État de droit en Afghanistan, protéger les droits humains et plus spécifiquement les droits des femmes, et d'encourager la réconciliation nationale. Un mandat chaque année révisé, réadapté aux besoins du pays. Le renouvellement de la Manua symbolise bien la position délicate de la communauté internationale : comment agir au mieux quand il faut désormais composer avec les talibans, de facto maîtres de l’Afghanistan. 

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Ne pas renouveler signifierait abandonner les populations civiles et trahir tous les fondamentaux des Nations unies. Renouveler en l'état n'est pas possible au risque de cautionner sans levier de pression la politique du taliban. 

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Les ONG – Human Rights Watch en tête – appellent les Nations unies à maintenir leur présence pour permettre le déroulement des opérations humanitaires, une présence qui permette aussi de jouer le rôle d'observateur, de vigie pour obliger les talibans à garantir le respect des droits fondamentaux et à tenir leurs engagements internationaux. 

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Pour l'Irlande, présidente en exercice du Conseil de sécurité de l'ONU en septembre, la question des droits humains est centrale.

Les talibans seront jugés sur leurs actes, pas sur leurs mots.

29 min

Envisager qu'aucune femme ne participe à des postes importants au gouvernement "n'est pas acceptable pour l'Irlande. Ce n'est pas la participation pleine et égale (des femmes) que nous recherchons", a souligné cette semaine devant des médias son ambassadrice, Geraldine Byrne Nason, jugeant que le pays avait plus que jamais besoin de l'ONU et de ses capacités d'aide humanitaire. 

Indispensable aide humanitaire

En Afghanistan, 18 millions de personnes sont dans une situation humanitaire désastreuse. Un nombre équivalent pourrait les rejoindre, a récemment averti l'ONU en appelant à des dons internationaux. Jeudi, le porte-parole de l'Organisation, Stéphane Dujarric, a annoncé que des vols humanitaires opérés par le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) avaient "récemment repris", permettant "à 160 organisations humanitaires de poursuivre leurs activités vitales dans les provinces afghanes".  Les vols ont relié Islamabad à Mazar-i-Sharif (nord) et Kandahar (sud), a-t-il précisé.

Entre 2002 et 2021, des vols onusiens ont desservi plus de 20 destinations en Afghanistan et l'objectif est de revenir vers une telle amplitude dès que la sécurité et le financement des opérations seront assurés, a dit le porte-parole.

Les talibans n'ont pas dit qu'elle serait leur attitude vis-à-vis des Nations unies, mais il semble acquis que face à la situation catastrophique du pays, en matière économique et humanitaire, ils sont à la recherche de la poursuite de l'aide internationale. Et c'est peut-être là que la communauté internationale peut avoir une marge de pression, dans le cadre de cette mission dont le renouvellement du mandat sera pesé à la virgule près.