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Quels droits pour les personnes LGBTI+ en Asie aujourd’hui ?

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Pride parade Kolkata 2018 - Calcutta, West Bengal, India CC BY-SA 4.0 Arpan Basu Chowdhur
Pride parade Kolkata 2018 - Calcutta, West Bengal, India CC BY-SA 4.0 Arpan Basu Chowdhur

Pour mieux comprendre où en sont les droits des personnes LGBTI+ en Asie, à travers la situation de la Chine, de l'Inde et de l'Indonésie.

L'Inde a dépénalisé l'homosexualité le 6 septembre 2018, lorsque la Cour suprême a invalidé l'article 377 du Code pénal, qui punissait de plusieurs années de prison les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Cette évolution juridique a permis aux personnes LGBTI+ de mieux s'organiser, de se présenter aux élections, de lutter pour leurs droits civiques et de jouir d'une plus grande visibilité dans l'espace public et médiatique. Cependant, elles sont toujours confrontées aux discriminations et à une grande précarité, en particulier les personnes trans.  Contrairement à l’Inde et à plusieurs de ses voisins directs, comme la Malaisie, l’Indonésie ne pénalise pas explicitement l’homosexualité. Mais les personnes LGBTI+ ne sont pas protégées par les lois anti-discriminations du pays, et se voient visées par des législations spécifiques, notamment dans les provinces qui appliquent les dispositions de la charia, la loi islamique. En mai 2017, un couple d’hommes du vingtaine d’années qui avait été pris en flagrant délit par une milice intégriste locale de la province d’Aceh a été puni de 83 coups de rotins chacun. L’affaire a fait grand bruit sur la scène internationale et a mis en lumière les conséquences de lois islamistes intégristes pour les personnes LGBTI+ de certains pays d’Asie. Les droits LGBTI+ indonésiens sont menacés actuellement par des factions politiques et des lobbies religieux, mais cela n’empêche pas les militants locaux de se mobiliser de plus en plus. 

L’homosexualité a été décriminalisée en 1997 en Chine populaire, puis retiré de la liste des maladies mentales en 2001 par la Société chinoise de psychiatrie – mais cela n’est toujours pas officiellement pris en compte par la Commission nationale de la santé et de la planification familiale. Par ailleurs, alors que les personnes trans peuvent changer de genre légal – sous des conditions très strictes – la transidentité est toujours considérée comme une maladie mentale. L’activisme LGBT+ chinois, lui, s’est développé à partir des années 1990. Si les militantes et militants subissent l’hostilité du gouvernement à l’encontre des ONG, ils et elles parviennent à s’organiser, notamment en ligne. Ils et elles observent attentivement aussi l’évolution des droits dans le reste du monde chinois, en particulier à Taïwan, qui a légalisé le mariage pour tou-te-s en 2019.  Cette conférence aura pour but d’analyser la situation des personnes LGBTI+ dans ces trois pays, en dépassant l’image partielle que l’on en a en France. Où en sont les droits des personnes LGBTI dans ces trois pays, et comment influencent-t-ils le reste de l'Asie ? Comment le contexte historique et social local influence-t-il la perception des identités et les luttes LGBTI+ ? Au-delà du droit, quel rôle joue la visibilité médiatique dans l'acceptation des identités LGBTI+ par les sociétés concernées ?

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Une conférence enregistrée en mai 2021.

Ingrid Therwath, journaliste à "Courrier international", docteur en sciences politique et co-présidente de l'Association des journalistes LGBTI (AJL)

Hong Tao, doctorant en sociologie, Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (UMR CCJ) / EHESS

Anda Djoehana Wiradikarta, enseignant-chercheur en géopolitique et management interculturel.

Modératrice : Mathilde Loire, journaliste indépendante et membre d’Asialyst.

Co-organisateurs : Inalco, Asialyst.com et le Centre LGBTQI+ Paris Île-de-France.

11 min