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Hier, la ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé à Cannes qu'un diagnostic sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans le cinéma a été commandé au Centre national du Cinéma, le CNC. La polémique est récurrente sur la faible place, voire l'absence totale des femmes en compétition à Cannes, et ça n'a pas manqué cette année, puisque ne concourt pour la Palme d'Or qu'une seule femme, Valeria Bruni-Tedeschi, dont le film UN CHATEAU EN ITALIE est présenté aujourd'hui. De fait, le CNC va pouvoir se pencher sur son cas, car bizarrement, et contrairement à ses collègues en compétition, la réalisatrice n'a eu droit qu'à une seule projection, tout à l'heure à 16h, et pas de projections de presse la veille ou le matin, comme c'est l'usage : elles auront lieu… demain. Il fallait faire de la place pour un film hors compétition, dont les organisateurs du festival espèrent manifestement une montée des marches plus glamour ce soir : celui tourné aux Etats-Unis par Guillaume Canet, BLOOD TIES, avec certes Clive Owen, Marion Cotillard et James Caan, et James Gray au scénario. Dommage que Valeria Bruni-Tedeschi soit ainsi maltraitée, car UN CHATEAU EN ITALIE est un film formidable, dans la lignée des films précédents de l’actrice réalisatrice, IL EST PLUS FACILE POUR UN CHAMEAU... et ACTRICES, dont c'est en quelque sorte le troisième volet. On rit beaucoup, comme on est follement ému, par cette histoire de la désintégration d'une famille et de la naissance d'un amour, entre Italie et France, enfance perdue et difficultés de l'âge adulte, fin d'un monde et espoir de vivre, encore. On espère vraiment que le jury, lui, ne ratera pas ce très beau film.
Beau raté, là encore, pour le festival. Une erreur de programmation, pour le moins. Plutôt qu'en compétition, on aurait vu avec plaisir le film de Takashi MIIKE en séance de minuit, là où sont projetés films de genre et autres curiosités. Et encore, ce BOUCLIER DE PAILLE n'a pas ce qu'on aime chez le Japonais, auteur prolifique (90 films en 20 ans !) de séries B extrêmes et hétérogènes, qui signe là un film bien linéaire et très en dessous de son talent. Il a été accueilli ce matin par les premiers sifflets du festival, ça aura au moins mis un peu d'animation !