Emmanuel Macron à l'Elysee lundi soir
Emmanuel Macron à l'Elysee lundi soir

Débat - Partie sciences

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Recherche scientifique : Emmanuel Macron interpellé sur le manque de moyens

Lors du débat d'Emmanuel Macron à l'Elysée avec une soixantaine d'intellectuels lundi soir, nombre de scientifiques prestigieux ont entonné le même couplet : la recherche française manque de moyens et peine à faire face à la concurrence.

La France, pays où la recherche se dégrade ? Lors du débat d'Emmanuel Macron à l'Elysée avec une soixantaine d'intellectuels lundi soir, nombre de scientifiques prestigieux ont entonné le même couplet : la recherche française manque de moyens et peine à faire face à la concurrence, tant celle des pays de grande tradition scientifique que celle des pays désormais ambitieux en ce domaine, comme la Chine.

"Nous sommes dans une période d’explosion, qui mérite d’être accompagnée par nos dirigeants. Face à la concurrence, il faut que les carrières de la recherche soient plus attractives. La situation des jeunes chercheurs est honteuse pour notre pays”, commence par déclarer le prix Nobel de médecine en 2011, biologiste, spécialiste du système immunitaire des insectes Jules Hoffmann.  

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"Je vois d'autres Nobel qui opinent du chef", indique Guillaume Erner.

Perte de vitesse totale

"Nous sommes en perte de vitesse totale", reprend le médecin René Frydman, pionnier de la fécondation in vitro (et producteur de "Matières à penser" sur France Culture) : "Nous étions participants aux recherches fondamentales du traitement de la reproduction. Aujourd'hui, il est très rare que les Français soient dans les congrès internationaux." De fait, suivront les remarques de Serge Haroche (prix Nobel de physique 2012),  soulignant le décrochage important de la France dans la compétition internationale. Il dénonce le sort réservé aux jeunes chercheurs (salaire, mobilité…) et le manque d’attractivité des carrières scientifiques. Même constat désabusé de Claude Cohen-Tannoudji, lui aussi prix Nobel de physique, qui déplore rencontrer de plus en plus de jeunes gens attirés par la recherche mais très vite découragés à cause de l’absence de postes et de crédits. Ou de Catherine Bréchignac, ancienne directrice du CNRS, estimant qu'il est nécessaire de revaloriser les carrières d’enseignants, et de trouver des lieux forts et attractifs pour attirer les chercheurs étrangers.

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Pour terminer, c'est la chercheuse et entrepreneuse Aurélie Jean qui prend la parole. "Je suis partie aux Etats-Unis faire ma recherche, car mes conditions y étaient meilleures", indique-t-elle. En précisant que pour parvenir à attirer des chercheurs internationaux en France, il ne faut pas compter sur les salaires, insuffisants. Mais parvenir à pointer les autres "benefits", les avantages autres que le seul salaire : coûts administratifs légers, sécurité sociale et santé quasi gratuite, éducation, et même coût de la vie.... 

"Des décisions d'ici à la fin de l'année", promet Emmanuel Macron

"On ne peut pas construire le projet national sans ambition en matière de recherche et d'enseignement", a acquiescé Emmanuel Macron, indiquant qu'il s'agissait là d'assurer "notre souveraineté à venir".  Il a promis des "décisions d'ici à la fin de l'année", reprenant la question des salaires et du financement, mais aussi la valorisation de l'image des chercheurs dans la société, les conditions de travail, les conditions du financement... "On ne fera pas l'économie d'un réinvestissement massif, public et privé".