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Record de plaintes auprès de la CNIL

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La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin, révèle le rapport 2015
La présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin, révèle le rapport 2015
© Radio France - Eric Chaverou

Les Français sont de plus en plus soucieux de leurs données personnelles et de leur réputation en ligne. C’est l’un des principaux enseignements du rapport 2015 de la CNIL, révélé ce vendredi. La Commission nationale informatique et libertés en a aussi profité pour défendre le chiffrement.

Avec près de 8.000 plaintes enregistrées en 2015, la CNIL relève une augmentation de 36% en un an. Son formulaire en ligne revu et amélioré y a sûrement contribué. Mais le contexte aussi, avec des failles et des piratages informatiques répétés, des actions contre Google ou Facebook, et les suites des révélations d’Edward Snowden, notamment. Ainsi, pour la CNIL, "la médiatisation d’affaires touchant à la sécurité des données tend aussi à sensibiliser les citoyens à cette problématique croissante".

La hausse des plaintes déposées à la CNIL depuis 2010
La hausse des plaintes déposées à la CNIL depuis 2010
© Radio France - Visactu

La responsable du service des plaintes de la CNIL, Daniela Parrot, souligne en tout cas une prise de conscience qui passe désormais par un ego surfing, une analyse de sa propre réputation en ligne. Alors que la majorité de ces plaintes viennent de personnes qui s’opposent à des données ou des photos publiées sur des réseaux sociaux, sur des sites marchands, de rencontres, des blogs ou des forums. Et de personnes victimes de sollicitation commerciale par courriel, de spams :

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"Une vraie prise de conscience de l'intérêt de la loi informatique et libertés et des droits qu'ils ont."

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Et la présidente de l'autorité estime que le nouveau règlement européen sur les données, qui sera enfin acté en mai prochain, apportera aussi des réponses beaucoup plus fortes en la matière. Le texte français vient d'être finalisé et l'application de ce règlement se fera en mai 2018. Il s'agit d'"un texte fondamental" selon Isabelle Falque-Pierrotin, avec notamment plus de consentement sur le profilage et le droit à la portabilité de ses données :

"Le futur règlement européen va donner plus de capacités aux individus pour maîtriser leurs données personnelles".

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Par ailleurs, la Cnil a reçu ces derniers mois près de 155 demandes liées à l'état d'urgence, portant notamment sur des accès aux fichiers de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) et des services de renseignement du ministère de l'Intérieur.

- CNIL

Le chiffrement est un élément clé de la robustesse des systèmes

Isabelle Falque-Pierrotin a aussi profité de cette conférence de presse pour détailler la position de la CNIL sur le chiffrement. La bataille a fait rage il y a peu entre Apple et la justice américaine pour accéder au contenu crypté du téléphone d'un des auteurs radicalisés de la fusillade de San Bernardino. Et le procureur de Paris François Molins a plusieurs fois relayé les préoccupations des enquêteurs face à cette même situation. Avec 8 smartphones ainsi restés muets l’an dernier. Mais la présidente de la CNIL engage à une réflexion globale :

Pas question donc pour la CNIL d’accepter dans les procédures judiciaires l'utilisation de "portes dérobées" informatiques. Des logiciels qui permettraient d’accéder aux informations cryptées et pourraient entraîner des dérives. En janvier dernier, le responsable de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Guillaume Poupard, s'était lui aussi déclaré contre ces "backdoors".

D’autant qu’Isabelle Falque-Pierrotin rappelle que les pouvoirs publics ont des capacités d’accès légaux aux données qui ont été considérablement renforcées récemment, notamment par le biais de la loi renseignement.

Elle a d'ailleurs répété son regret que la CNIL ne puisse contrôler les nouvelles collectes de données dans ce cadre qu'en aval. Et pas en amont, comme elle l'avait préconisé. "C'est une erreur", pour Isabelle Falque-Pierrotin, qui a expliqué avoir été consultée en 2015 pour 14 projets de dispositions législatives ou réglementaires de lutte contre le terrorisme ou de renseignement.