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Regardez "Parlement", la fiction numérique de France.tv, pour vous redonner espoir en l’Union Européenne

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Parlement (Copyright Cinétévé/France Télévision)
Parlement (Copyright Cinétévé/France Télévision)
- Jo Voets

Culture Maison. Une série sur le Parlement Européen pour rajeunir son public ! Serait-ce une blague que nous fait France Télévisions ? Loin de là, et Jean-Christophe Brianchon, producteur délégué à La Grande table, et critique à La Dispute, vous explique pourquoi.

La série Parlement de Noé Debré est à découvrir sur le site france.tv. Abonnez-vous à la newsletter pour la recevoir dans votre boite email avec deux autres suggestions : une fiction audio signée France Culture et une émission de savoirs pour votre culture générale.

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C’est pour ça que je t’aime !

Tout commence par une fête : Mike Brant à fond, drapeau européen en lambeaux. Quoi de mieux pour célébrer le divorce entre l’Union Européenne et la Grande-Bretagne ? Bien sûr, les lendemains seront autres et la joie de Sharon, eurodéputée britannique qui termine la séquence ivre morte, laissera place à l’amertume. Mais peu importe. Par cette ouverture paradoxale sur la joie que le Brexit procure à certains, le premier épisode de cette série europhile nous emmène au cœur d’une dynamique réunissant deux éléments qui n’auraient jamais dû se trouver séparés : l’humain et la politique. En 50 secondes se trouve en effet établie une chose : l’Europe ne coule pas seulement sous le poids de sa bureaucratie, mais pâtit également de l’humanité imparfaite qui la constitue. Ce parti pris, simple mais efficace, nous amène à autre chose : Parlement ne sera pas le verre dépoli au travers duquel les spectateurs se verraient infliger l’image d’Épinal d’une Europe dont le service public de l’audiovisuel aurait pu se contenter de soigner l’image.

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Une addition de talents

Alors, une fête et c’est tout ? Non. L’idée fonctionne aussi parce que la série fait preuve d’une audace formelle et narrative dont il est bon de louer la qualité quand la critique se montre souvent féroce à l’égard des productions françaises. Il faut dire qu’un solide casting est venu mettre de l’huile dans les rouages de cette idée de série sur le Parlement, longtemps portée par la productrice Fabienne Servan Schreiber. Au scénario, Noé Debré est venu apporter son expérience de co-auteur de Dheepan, Palme d’Or à Cannes. Un choix étonnant quand on imagine le jeune homme capable de répondre à des projets plus flamboyants, mais, interrogé par nos soins, il nous dit avoir "eu l’intuition que ce serait le format le plus pertinent" pour parler d’Europe au plus grand nombre. Oublié le cinéma, donc, mais aussi les autres plateformes et chaines de télévisions, puisque après avoir été en développement chez Canal Plus et avoir intéressé Netflix, seule France Télévisions a eu le cran de mener la série à son terme.

A la réalisation aussi, deux talents sont venus s’ajouter à celui de l’écriture puisqu’Emilie Noblet et Jérémie Sein se partagent les épisodes après avoir respectivement travaillé sur les succès que furent HP (OCS) et Têtard (Canal Plus). Si les institutions européennes "ne sont pas une autoroute en termes de promesse comique et narrative" ainsi que nous le confesse Noé Debré, les deux réalisateurs ont su s’emparer des codes esthétiques et visuels du Parlement de Bruxelles, où fut tournée la série, pour mieux en briser les codes. A cet égard, Jérémie Sein nous le confirme, "on ne filme clairement pas un Palais vénitien, ni dans le faste, ni dans la grandeur", quand Emilie Noblet nous explique avoir beaucoup travaillé pour se faire le reflet d’une institution dont "les décors ne sont pas glamour, mais où ce qu’il se passe à l’intérieur est haut en couleurs." En résulte une forme hybride rare, qui allie une pédagogie nécessaire à la compréhension du fonctionnement de l’institution à un humour naïf réjouissant, incarné par William Nadylam, Xavier Lacaille et Philippe Duquesne, qui ensemble se répartissent une construction classique voulue par l’auteur entre l’arlequin, le pierrot et le gendarme.

Vers un public rajeuni et citoyen ?

Tout cela suffira-t-il pour faire venir à l’Europe et sur France Télévisions un public plus jeune ? Ici se trouve la dernière cartouche de Parlement puisque la série suit un chemin nouveau ouvert par France Télévisions : celui du numérique, qui prévoit la création originale de fictions spécifiquement conçues pour la plateforme France.TV et sa petite sœur « Slash », destinée aux 15-25 ans. Alors que la question de la fermeture de France 4 se posait encore dans l’entretien donné au journal Le Monde par le Ministre de la Culture Franck Riester jeudi 16 avril, cette voie est envisagée comme un moyen de fédérer des audiences plus jeunes par la Présidente du groupe, Delphine Ernotte. Avec un spectateur moyen âgé de plus de 60 ans sur France 2 et 63 ans sur France 3, le rajeunissement de l’audience est effectivement un problème de poids pour le groupe, puisque France Télévisions est un service public qui se doit de s’adresser à toutes les franges de la population française. La diffusion numérique ciblée, remède miracle au vieillissement du spectateur ? Peut-être pas, mais reste qu’avec plus de 100 millions de vues sur la plateforme Slash pour sa série phare Skam France, la stratégie numérique de France Télévisions ne semble pas être dépourvue de sens. On peut aussi mettre ces chiffres mirobolants en parallèle avec les 60% d’électeurs de 18-35 ans qui n’ont pas voté aux élections européennes de 2019, et se prendre à rêver alors d’autre chose encore : qu’en plus d’être ambitieuse sur le plan artistique, la série Parlement puisse avoir un impact politique et citoyen.

Ne serait-ce pas cela aussi que nous demandons au service public de l’audiovisuel ?

  • La série Parlement de Noé Debré est à découvrir sur le site france.tv en cliquant ici 

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