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Rentrée littéraire 2016 : les auteurs de plus en plus précaires

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Manifestation des auteurs lors de l'édition 2015 du Salon du livre à Paris.
Manifestation des auteurs lors de l'édition 2015 du Salon du livre à Paris.
© AFP - CITIZENSIDE

Les revenus des auteurs sont en baisse constante. En France, seuls quarante écrivains vivraient de leurs ouvrages.

Pour la première fois depuis la création du Salon du livre, en 1981, les auteurs ont manifesté, lors de l’édition 2015, pour dénoncer une profession qui tend de plus en plus à se précariser. En cause, le montant des droits d’auteur qu’ils perçoivent pour la vente d’un livre. Promulguée en 1791 par Louis XVI, la loi qui instaure le droit d'auteur sera la première dans le monde à protéger les auteurs en invoquant « la plus sacrée, la plus inattaquable et la plus personnelle de toutes les propriétés qu’est l’ouvrage, fruit de la pensée de l’écrivain ».

Près de deux tiers de la profession perçoit moins de 10% de droits d’auteur sur le prix public des livres. Un auteur sur cinq est même rémunéré à un taux inférieur à 5%, selon les données du Conseil permanent des écrivains. C'est bien moins que ce que longtemps les maisons d’édition proposaient : la règle des « 8/10/12 » : 8% pour un premier palier de 0 à X exemplaires, 10% de X à Y exemplaires et 12% au-delà. Pour les grands auteurs ce seuil peut atteindre les « 10/12/14 ». En outre, les auteurs sont ceux, avec la diffusion, qui touchent le moins sur la vente d’un livre.

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Répartition du prix de vente d'un livre
Répartition du prix de vente d'un livre
© Radio France - Antoine Guerrier

Au fil des années on peut constater que la part des droits d’auteur versés par les maisons d’éditions en pourcentage du total de leur chiffre d’affaires n’a que très peu évolué, passant de 424 millions en 2009 à 438 millions en 2014, soit une hausse de 3%. Une situation qui touche directement les auteurs. Selon l'ouvrage de Bernard Lahire La condition littéraire, la double vie des écrivains, près de 98 % des auteurs publiés cumulent l'écriture avec un autre métier.

Au sein des genres littéraires, une hiérarchie liée aux subventions s’est également installée. Les différents styles sont loin d’être logés à la même enseigne. Ainsi le roman, l’histoire et la littérature étrangères reçoivent 45% des aides, soit respectivement 16%, 16% et 13%. Quand le théâtre n’en reçoit que 3%.

Un déséquilibre qui se perçoit également dans le bilan des ventes pour l’année 2015 où les cinq premières ventes totalisent près de quatre millions d’exemplaires vendus soit 1,3% du chiffre d’affaires total et les 10 000 plus vendus 45,2% sur les 67 041 commercialisés en France.

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