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Renzo Piano : "L'art d'écouter et de dialoguer, les architectes ne le font pas très souvent"

Renzo Piano pose lors de l'inauguration le 1er juin 2006 à Lyon, de "l'Amphithéâtre", l'un des plus grands centres de congrès et d'exposition d'Europe.
Renzo Piano pose lors de l'inauguration le 1er juin 2006 à Lyon, de "l'Amphithéâtre", l'un des plus grands centres de congrès et d'exposition d'Europe.
© AFP - Jeff Pachoud

1990. Troisième rendez-vous avec l'architecte Renzo Piano dans la série d'"A voix nue" qui raconte l'après-Beaubourg, avec ses projets de réhabilitation des centres-villes qui interrogent le rapport entre passé historique et modernité d'une ville.

Dans ce troisième entretien d'"A voix nue", l'architecte star Renzo Piano confie qu'après sept années occupées par le Centre Beaubourg, il a ressenti "le besoin de respirer" et s'est lancé dans un projet tout autre - les "Laboratoires de quartier" - où il a du développer "l'art d'écouter", un autre aspect du métier d'architecte souvent mis de côté au profit des compétences et du savoir-faire.

Sur ces projets de réhabilitation autour desquels il a travaillé, Renzo Piano livre son avis avec un certain humour :

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La réhabilitation c'est une drôle d'activité, dans laquelle il y a quelque chose qui reste et quelque chose qui change. La chose intéressante c'est de ne pas trahir l'intégrité formelle d'un espace, d'un bâtiment : on ne peut pas faire des modifications trop importantes, ce serait une violence, mais il ne faudrait pas non plus trahir l'intégrité fonctionnelle. Typiquement, l'usine qui devient un centre culturel, c'est devenu une blague ! Il y a tellement d'usines aujourd'hui dans toute l'Europe qui ne sont plus utilisées et je crois que dans mon bureau il y a au moins un appel téléphonique par semaine pour me demander si ça m'intéresserait de transformer une usine en centre culturel ou encore pire en Centre Pompidou !

"A voix nue" avec Renzo Piano le 14/11/1990 sur France Culture.

28 min

Renzo Piano dresse un panorama de ses réhabilitations comme la Cité internationale à Lyon où il a fallu allier le moderne avec le très ancien : "C'est parfaitement logique que le concept de modernité s'exprime à travers quelque chose de très léger construite au milieu de la nature et pas construite dans le minéral. C'est une idée très européenne."

Je crois que le geste c'est la bêtise. Je ne suis pas pour la prudence pure, je suis pour la prudence et le courage mais le courage, ce n'est pas la gestualité. La gestualité ce n'est pas une question de courage, c'est une question d'ignorance très souvent. Plus on est gestuel, moins on a de choses à dire. Quand on a des choses à dire, on peut le dire à basse-voix ce n'est pas nécessaire de crier très fort, mais quand on n'a pas grand-chose à dire, alors on hurle très fort.

44 min
  • "A voix nue" 3/4
  • Première diffusion le 14/11/1990
  • Producteur : Annick Pely Audan
  • Réalisation : Marie-Andrée Armynot
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation sonore de Radio France