Publicité

Restitutions, appropriation : à qui appartient la culture ?

Restitutions appropriation a qui appartient la culture ?
Restitutions appropriation a qui appartient la culture ?
- Fotolia

Faut-il rendre les frises du Parthénon à la Grèce ? Le buste de Néfertiti à l’Egypte ? Les célèbres statues Moaï doivent-elles retourner sur l’île de Pâques ? La question des restitutions revient sans cesse dans l’actualité culturelle.

Cet enjeu est d’autant plus fort dans le contexte postcolonial : c’est aujourd’hui le cas en Belgique, à la veille de la réouverture du Musée de Tervuren qui héberge les collections venues du Congo. Et c’est évidemment le cas en France.

C’est ce vendredi 23 novembre que Bénédicte Savoy et Felwine Sarr remettent au Président de la République un rapport qui fait l’événement : ce rapport porte sur « la restitution temporaire ou définitive aux pays d’origine des œuvres d’art africain conservées dans les musées français ». France Culture s’empare de cet enjeu, et élargit le débat : quels défis pose le postcolonialisme à la culture ? Que signifient les polémiques autour de la notion d’appropriation culturelle ? Signe d’appartenance ou bien ouverture vers l’universel…. A qui appartient la culture ?

Publicité

Cette journée spéciale sera précédée d’une semaine thématique de La Fabrique de l’histoire sur la restitution des biens culturels spoliés dans le monde entier.

En partenariat avec Courrier international

Au programme 

6h02 – 6h30 Le réveil culturel – Tewfik Hakem Jérémie DRES, auteur de la BD  Si je t’oublie, Alexandrie, aux éditions Steinkis, se rend en Egypte pour tenter de se ré-approprier la mémoire et la culture de ses grand- parents juifs égyptiens. 

7h- 9h Les Matins de France Culture – Guillaume Erner Bénédicte Savoy historienne de l’art, professeure au Collège de France et Felwine Sarr  philosophe, auteurs du rapport sur la restitution temporaire ou définitive aux pays d’origine des œuvres d’art africain conservées dans les musées français.

12h-13h30 La Grande Table – Olivia Gesbert   1ère partie : Isaach de Bankolé, entre L.S. Senghor et Black Panther Isaach de Bankolé, comédien, à l’occasion de la diffusion du spectacle Femme noire créé à partir de textes de Léopold Sédar Senghor. Ce spectacle présenté à la 71e édition du Festival d’Avignon sera diffusé sur France Ô le 3 décembre
2ème partie : Pourquoi la Culture ne se partage pas ?
Olivier Donnat, sociologue, chargé d’études au Ministère de la culture, auteur de « Les Français face à la culture : de l'exclusion à l'éclectisme » (La Découverte, 1994) et de « Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique » (La découverte, 1999)
Avec l’intervention de Sébastien Hervieu de Courrier International

18h20- 19h Du Grain à moudre – Hervé Gardette Appropriation culturelle : un débat importé ?
Avec notamment Sylvain Bourmeau
Cette journée spéciale sera précédée d’une semaine thématique de La Fabrique de l’Histoire 19 au 22 novembre :

9h-10h La Fabrique de l’histoire – Emmanuel Laurentin Les objets de la discorde : comment restituer les trésors culturels spoliés ?

| Lundi 19 novembre
Etat des lieux du rapport commandé par Emmanuel Macron à Bénédicte Savoy et Felwine Sarr sur la restitution temporaire ou définitive aux pays d’origine des œuvres d’art africain conservées dans les musées français.
Avec Bénédicte Savoy historienne de l’art, professeure au Collège de France
et Felwine Sarr philosophe    

| Mardi 20 novembre
Un musée dans l’attente, le musée de l’Acropole à Athènes
Inauguré en 2009, le nouveau musée de l’Acropole à Athènes a été conçu pour recevoir notamment les marbres du Parthénon pillés au XIXe siècle par Lord Elgin et conservés par le British Museum. La demande de restitution est encore en cours. Histoire d’un musée dans l’attente.
Avec François Queyrel, Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et Benoît de l’Estoile, Directeur de recherche au CNRS. Professeur d’anthropologie au département de sciences sociales de l’Ecole normale supérieure.

| Mercredi 21 novembre
Que faire des restes humains ?  
Depuis le retour en 2002 à l’Afrique du Sud du corps de Saartjie Baartman, qualifiée au XIXe siècle de « Vénus Hottentote », les demandes de restitution des restes humains conservés dans les musées européens se multiplient. Combattants kanaks ou algériens du XIXe siècle, leurs corps ont été parfois rapportés en France dans le cadre d’études d’une anthropologie qui classait les êtres humains selon une hiérarchie raciale.
Avec Anne Lehoërff, professeur de protohistoire européenne à l’université de Lille, Carole Reynaud-Paligot, Professeur à l’université Paris 1 et Alain Froment, Responsable des collections d'anthropologie au Musée de l'homme

| Jeudi 22 novembre
Les sagas d’Islande. Histoire d’une restitution post coloniale réussie.
Un documentaire d’Anaïs Kien, réalisé par Séverine Cassar
Après près de sept siècles de colonisation, l’Islande déclare son indépendance à la faveur de l’occupation nazie de sa métropole, le Danemark, en 1944. Dépourvue de monuments, l’Islande n’a qu’un seul trésor : les sagas, ces histoires des mondes scandinaves et vikings compulsées par des auteurs anonymes islandais qui permettent aujourd’hui l’étude de l’imaginaire et des pratiques du monde germano-scandinave médiéval et peuplent encore aujourd’hui largement l’imaginaire médiéval de nos sociétés. Trésors nationaux naturels, ces manuscrits font immédiatement l’objet d’une demande de restitution à laquelle les autorités danoises opposent les arguments bien connus aujourd’hui dans ce type de conflit post-colonial  en soulignant l’incompétence de l’Islande pour leur conservation et leur mise en valeur ainsi que l’inaliénabilité des trésors nationaux danois. Cependant la volonté politique aura raison de ces obstacles et les sagas sont rendues progressivement à l’Islande à partir de 1971.