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Revivez littéralement votre adolescence avec PEN15, une attachante teen série d’une justesse inédite

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Pen15 saison 1 - Canal +
Pen15 saison 1 - Canal +
- Pen15 saison 1 - Canal +

Culture Maison. Lucile Commeaux, productrice déléguée à La Dispute, vous recommande cette série comique américaine qui sort des sentiers battus du genre, disponible le 19 juin sur Canal +

Lucile Commeaux, vous propose de découvrir la première saison de PEN15, une "teen" série de et avec Maya Erskine et Anna Konkle, dans laquelle, entourées de vrais ados, les deux actrices de 30 ans jouent une version d’elles-mêmes à l’âge de 13 ans. Nous sommes au début des années 2000, elles entrent en 5e et sont sur le point de découvrir que la vie, notamment l’adolescence, n’est pas un long fleuve tranquille. 

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Un titre pas si énigmatique

Comme son confrère cinématographique le teen-movie, la série “adolescente” se porte bien et s’épanouit en toutes langues sur toutes les plateformes. Sex Education, 13 reasons why, _Elite, o_n ne compte plus ces fictions hétéroclites par le registre qu’elles emploient - elles peuvent être aussi bien des drames que des comédies - mais qui campent toutes des communautés de moins de dix-huit ans dans des intrigues collégiennes. Les mêmes mécanismes narratifs et les mêmes motifs reviennent inlassablement : l’éveil à la sexualité, la recherche d’une identité propre dans des groupes constitués, qu’ils soient de classe, de communauté, ou de genre, et les rapports complexes qu’on entretient à cet âge critique avec les adultes.

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Pas facile donc de se faire une petite place, et surtout de se distinguer dans le paysage. PEN15 y parvient haut la main. Grâce à son titre déjà : d’abord imprononçable et énigmatique, sa graphie révèle vite la référence grivoise - on ne va pas vous faire un dessin. Le ton est donné, celui du potache, loin de l’esprit de sérieux de quelques-unes de ses contemporaines, qui confère à la série toute sa singularité. 

Treize ou trente ans 

En ce début des années 2000, Maya et Anna ont treize ans. Elles sont d’inséparables meilleures amies et font leur rentrée dans un collège de la classe moyenne américaine absolument banal, où elles ne brillent pas par leur popularité. L’une vit dans une famille mixte - sa mère est japonaise, le père musicien est souvent absent -, l’autre subit en fille unique les disputes incessantes de ses parents. C’est le temps des premières bières, des premiers plaisirs solitaires, des premiers élans amoureux. Bref, Maya et Anna ont treize ans. 

Mais à l’écran, Maya et Anna - respectivement Maya Erskine et Anna Konkle - ont vingt ans de plus. Les deux créatrices et comédiennes - totalement inconnues en France - ont choisi d’interpréter elles-mêmes leurs héroïnes, au milieu d’une faune de jeunes hyper-réels, eux, garantissant par contraste un effet comique inédit. Deux jeunes femmes qui forcent la maladresse des corps adolescents, s’affublent d’appareils dentaires et triturent des mèches sculptées au gel, embrassent des collégiens qui mesurent trente centimètres de moins qu’elles : il fallait cette pantomime pour susciter un paradoxal et saisissant effet de réel, et reproduire à l’écran le malaise et l'étrangeté du corps adolescent.

La justesse ou la justice 

Il y a davantage que de la simple blague dans ce dispositif. Cette incarnation produit un effet de nostalgie diffus, comme dans toutes les fictions de “rajeunissement” - on pense au superbe Camille redouble de Noémie Llvovsky, dans lequel elle interprétait elle-même sa propre version adolescente. Les deux personnages acquièrent dans l’incarnation une force affective particulière, nourrie sans doute de souvenirs assumés, et sincèrement travaillés par la fiction. La matière est plus que biographique, elle est intime - c’est d’ailleurs la véritable mère d’Erskine qui interprète son propre rôle. 

Le troisième épisode, par exemple, qui voit Maya découvrir la masturbation, dans un acharnement et une honte rarement aussi bien représentés, s’approche très près d’une réalité physique et psychologique compliquée et souvent caricaturée. Ni complètement dramatique, ni complètement potache, ni enjoliveuse ni trash, la série trace son chemin habilement dans les affres adolescentes, en cochant tous ses clichés - y compris ses clichés de cinéma et de télévision - mais en en proposant une représentation d’une richesse inédite. 

A l’opposé de la série Sex Education produite par Netflix, saluée de toutes parts pour la manière ultra-tolérante et inclusive dont elle aborde les adolescents de toutes sexualités, mais qui ne réussit qu’à construire qu’une grille très contestable d’un point de vue sociologique et psychologique, une grille par ailleurs fort rigide, PEN15 choisit la justesse, en adoptant un point de vue affectif et jamais surplombant sur ses deux personnages. 

Des adolescentes de trente ans dans lesquelles, certainement, beaucoup se reconnaîtront.  

  • PEN15, une de série de et avec Maya Erskine et Anna Konkle disponible dès le 15 juin sur Canal +
52 min
À réécouter : Les années lycée

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