Publicité

Robert Hossein : "Je m'ennuie avec les gens qui ne sont que cultivés"

Robert Hossein à Cannes le 24 août 2013 pour le Festival d'art russe.
Robert Hossein à Cannes le 24 août 2013 pour le Festival d'art russe.
© AFP - Valery Levitin/sputnik

1995. Cinquième et dernier entretien avec Robert Hossein dans cette série "A voix nue", lequel parle de son regret de n'avoir pas fait d'études, dit son admiration sans limites pour Isabelle Adjani et revient comme un leitmotiv sur ses souffrances, ses chagrins et aussi ses ambitions théâtrales.

Cinquième et ultime entretien avec Robert Hossein dans la série "A voix nue" diffusée en 1995. Le comédien et metteur en scène autodidacte dit avoir mis du temps à comprendre que "l'intelligence et la culture sont deux choses qui n'avaient strictement rien à voir ensemble". N'ayant pas fait d'étude, Robert Hossein raconte avoir remplacé le savoir "par le regard", "j'ai passé ma vie à regarder", affirme-t-il sans détour.

Robert Hossein dans "A voix nue" (5/5) le 14/04/1995 sur France Culture.

26 min

Robert Hossein déclare sa profonde admiration pour Isabelle Adjani qu'il a faite jouer à 16 ans au Théâtre de Reims, "un miracle", "un diamant", dont il se dit déçu par ses choix de carrière qui ne sont pas à la hauteur de son talent. "Pour moi Isabelle [Adjani] n'a pas commencé à faire son métier."

Publicité

Elle [Isabelle Adjani] est une grande star sans film, elle est comme la caravane sans chameaux. [...] Elle ne se consacre pas assez, il y a d'abord son art et le reste, ça n'existe pas. Le reste n'existe pas, la vie privée ça doit être une formalité : j'veux des enfants, bon je prends des enfants, j'veux me marier dix fois, et bien tu te maries dix fois... ça n'a pas d'importance, c'est en chemin qu'on fait tout ça ! Une chose est sacrée, sur laquelle on ne fait aucune concession et on prend son temps : c'est son art.

Le metteur en scène de grands spectacles coûteux, connaît bien les arcanes du système des subventions. Il se verrait bien comme un "guide" pour mieux répartir l'argent public car il confie n'avoir jamais eu "les moyens de [ses] ambitions". "J_e suis né pauvre avec une cervelle de riche_", se défend-il.

Dans le [théâtre] subventionné vous vivez avec l'argent qu'on vous donne, vous êtes des nantis et avec le privé vous gérez l'argent des autres et vous n'avez pas droit à l'erreur. Une fois que vous savez ça, c'est un réflexe de Pavlov, vous êtes exactement comme les escargots : vous rentrez immédiatement les cornes, vous êtes toujours à l'affût, à l'écoute et vous tendez la main, vous faites la manche.

  • "A voix nue" avec Robert Hossein
  • Première diffusion le 14/04/1995
  • Producteur : Véra Feyder
  • Réalisation : Nicole Salerne
  • Indexation web : Odile Dereuddre, de la Documentation de Radio France
  • Archive INA - Radio France